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Le Gouvernement de facto, en quête de support pour le déploiement de la mission MMSS

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 À Rio de Janeiro au Brésil, le ministre des Affaires Étrangères, Jean Victor Généus, à la tête d’une délégation, a participé le jeudi 22 février 2024 à une réunion spéciale sur Haïti, avec les différents chanceliers et chefs de délégation de plus d’une vingtaine de pays, membres du G20.

Selon le ministre des Affaires Étrangères, cette réunion a eu lieu, en marge de la rencontre des ministres des Affaires Étrangères du G20, sur demande expresse du Gouvernement des États-Unis d’Amérique et a été présidée par le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et la Sous-secrétaire aux Relations Extérieures du Brésil, Gisela Maria Padovan.  Elle avait pour but de rechercher des supports pour la Mission Multilatérale d’Appui à la Sécurité (MMSS) en Haïti dont l’envoi a été décidé le 2 octobre 2023, à travers la Résolution 2699 (2023) du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Dans ses propos publiés par le département d’État, Antony Blinken a fait savoir que « l’un des défis les plus urgents auxquels nous sommes confrontés, en tant que communauté internationale, est celui d’Haïti. »  Et, dans le souci de montrer l’urgence qu’il y a de constituer cette mission, il a noté que « rien qu’en janvier, plus de 1 100 personnes ont été tuées, blessées ou enlevées dans le pays.  Les gangs contrôlent désormais 80 % de la capitale, Port-au-Prince.  Les groupes armés ont recours aux agressions sexuelles et aux viols pour terroriser la population. »

Les différents intervenants ont tous reconnu l’urgence du déploiement de la MMSS, vu la détérioration de la situation sécuritaire.  Ils ont convenu de la nécessité de l’envoi d’une Force robuste et dissuasive, capable de combattre efficacement les gangs.  Ils ont confirmé un engagement fort envers Haïti et précisé concrètement en quoi consisteront leurs participations qui seront, pour l’essentiel, en personnels, équipements, formation et contributions financières, peut-on lire dans ce communiqué du MAE.

Pour sa part, le secrétaire d’État a ajouté : « Nous devons faire davantage pour aider la Police Nationale Haïtienne à stabiliser la situation en matière de sécurité, afin que l’aide (humanitaire pour la population qui souffre NDLR) puisse être acheminée efficacement et parvenir aux personnes qui en ont besoin, que les Haïtiens n’aient pas à vivre dans la terreur des gangs et qu’Haïti reprenne pleinement et fermement le chemin de la démocratie.  À notre avis, le meilleur moyen d’assurer cet avenir est la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité, autorisée par les Nations Unies.  C’est ce que demande l’écrasante majorité des Haïtiens. »

Certains pays, poursuit le MAE, en ont aussi profité pour informer que, parallèlement à leur apport à la Mission, ils vont renforcer leur coopération bilatérale avec Haïti, afin de permettre au pays de pouvoir consolider ses institutions et améliorer rapidement la situation humanitaire et socio-économique de la population.

En outre, le gouvernement canadien octroie plus de 80,5 millions de dollars en soutien au déploiement de la MMSS en Haïti.

Un communiqué du gouvernement canadien, en date du jeudi 22 février, a fait état que la ministre des Affaires Étrangères, Mélanie Joly,  lors de la réunion des ministres des Affaires Étrangères du G20 au Brésil, que le Canada affecterait 123 millions de dollars en appui à Haïti, dont 80,5 millions de dollars pour promouvoir le déploiement de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS), en vue d’améliorer les conditions de sécurité de la population haïtienne.

Par ailleurs, le gouvernement rappelle que le Canada et Haïti sont des partenaires et amis de longue date.  En ce sens, le Canada demeure inébranlable dans son soutien envers Haïti et à son peuple, alors que le pays continue de subir des crises politiques, sécuritaires et humanitaires.

Toutefois, le communiqué accentue que la ministre Mélanie Joly a annoncé l’attribution d’un montant total de 42,5 millions de dollars, provenant de fonds déjà annoncés, pour la réalisation de 5 projets structurants en appui aux problèmes les plus urgents auxquels est confronté le pays.

En ce qui a trait aux projets, le gouvernement Canadien précise que : 

  • 15 millions de dollars seront accordés au Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets pour l’achat d’équipement de protection individuelle et de véhicules pour la PNH ;
  • 12 millions de dollars seront dédiés aux services d’appui aux projets, l’achat de matériel logistique et de communication de la PNH ;
  • Un peu moins de 6 millions de dollars seront également fléchés à destination du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, pour lutter contre les violences sexuelles, fondées sur le genre et liées aux gangs en Haïti ;
  •  5 millions de dollars au Programme des Nations Unies pour le développement, dans le cadre d’un projet pour la justice et la lutte contre la corruption et l’impunité en Haïti ;
  • et enfin 4,5 millions de dollars à destination de l’Organisation internationale pour les migrations, dans le but de renforcer les capacités sécuritaires d’Haïti, en matière de gestion de ses frontières.

À noter que la rencontre spéciale sur Haïti a été réalisée sur le thème : « Relever le défi d’Haïti », et s’était déroulée en présence des ministres des Affaires Étrangères des pays prenant part au sommet du G-20.  Elle a été présidée par le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et co-présidée par la sous-secrétaire aux Relations extérieures du Brésil, Madame Gisela Maria Padovan, sans oublier la présence de la vice-présidente de l’ONU, Mme Amina Mohammed.

Ces rencontres ont notamment reçu la participation des chanceliers et chefs de délégation de plus d’une vingtaine de pays membres du G-20 et invités.

En marge des discussions, les intervenants ont souligné l’urgence du déploiement de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité en Haïti, en raison de la détérioration du climat sécuritaire, mettant en avant le fait qu’une force robuste et dissuasive soit nécessaire pour combattre efficacement les gangs dans le pays.

Emmanuel Saintus

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