HomeInsécurité & BanditismeLes «pantins» changent mais les marionnettistes restent les mêmes

Les «pantins» changent mais les marionnettistes restent les mêmes

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Encore des idiots diplômés, incapables de se servir de leur cerveau. Alors que plusieurs pays
dont le Canada et les États-Unis disent appuyer le Kenya pour prendre la tête d’une force
d’intervention internationale en Haïti, en appui à la PNH, en vue de mater les gangs terroristes
qui assassinent au jour le jour de paisibles citoyens, des acteurs politiques et de la Société
Civile donnent leur avis sur cette éventuelle aide.
Le colonel Himmler Rébu a pris le contre-pied de l’empressement des États-Unis,
jugeant que cela est motivé par des raisons électoralistes et qu’une telle initiative ne sera
guère utile. Le colonel Rébu a dit douter de l’efficacité du Kenya, en raison de ses problèmes
politiques internes. Il attire l’attention sur les méthodes de la police kenyane, exprimant ses
craintes concernant d’éventuelles violations des droits humains, si le plan américain s’y
aligne, notamment selon le rapport du Secrétaire Général de l’ONU.
En revanche, Ricardo Germain, spécialiste en études stratégiques, sécurité et politique
de défense, a fait savoir que le Kenya peut être utile à Haïti dans la situation actuelle. Selon
lui, l’expérience du Kenya, en tant que puissance émergente de l’Afrique de l’Est, et sa
gestion passée de crises post-électorales sont des éléments significatifs démontrant son
aptitude à faire face à des situations sécuritaires difficiles.
La situation sécuritaire en Haïti préoccupe de plus en plus la société civile, alors que
les actes de violence et d’insécurité continuent de sévir dans le pays. Si l’acceptation du
Kenya de prendre les commandes d’une force multinationale pour intervenir en Haïti aux
côtés de la Police Nationale est perçue comme une avancée significative vers la résolution de
la crise sécuritaire, des responsables d’organisations de défense des droits estiment qu’il faut
évaluer toutes les composantes de cette éventuelle mission.
Anthonal Mortimé, responsable du Collectif Défenseur Plus, estime que des
interventions musclées des forces de l’ordre ne vont pas forcément résoudre le problème ; il
faut également viser les commanditaires. M. Mortimé insiste sur le fait que des élections
libres et justes peuvent contribuer à renforcer les institutions démocratiques et à restaurer la
confiance des citoyens dans le système politique.
Samuel Madistin, directeur exécutif de la Fondasyon Je Klere, a, quant à lui, exprimé
l’urgence d’un renforcement des forces de sécurité, notamment de l’armée et de la police. Il
souligne que les attaques perpétrées par des groupes armés requièrent une riposte ferme et
coordonnée des autorités. M e Madistin exhorte les responsables de l’État à avoir un plan
précis puis à soumettre à la Communauté Internationale les besoins réels en matière de
sécurité. Plus loin, le directeur exécutif de la Fondasyon Je Klere souligne qu’il faut
également renforcer le système judiciaire afin que ceux qui ont contribué d’une manière ou
d’une autre à terroriser la population puissent répondre de leurs actes.
M e Gédéon Jean, directeur exécutif du Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de
l’Homme (CARDH), a mis l’accent sur l’importance de s’attaquer aux causes structurelles de
l’insécurité en Haïti. Selon lui, la pauvreté, l’inégalité sociale et le manque d’accès à
l’éducation et aux opportunités économiques constituent autant de facteurs qui nourrissent
l’instabilité dans le pays. Il en appelle donc aux autorités pour qu’elles prennent des
dispositions sérieuses, visant à résoudre ces problèmes profonds qui sont autant de défis pour
la sécurité nationale.
Ces trois acteurs de la Société Civile s’accordent tous sur l’urgence d’une réponse
forte et cohérente, face à la situation sécuritaire qui prévaut en Haïti. Leurs déclarations
mettent en lumière la nécessité pour le gouvernement de prendre des mesures immédiates
pour rétablir la stabilité, protéger les citoyens et créer un environnement propice à
l’épanouissement de la démocratie et des droits fondamentaux. Les regards sont maintenant

tournés vers les autorités haïtiennes et la Communauté Internationale qui doivent répondre à
cet appel pressant de la Société Civile, pour sortir le pays de cette crise profonde.
Le gouvernement haïtien a accueilli favorablement l’annonce du ministre kenyan des
Affaires Étrangères, Alfred Mutua, concernant la disponibilité de mille policiers pour former
cette force multinationale. Cependant, l’approbation de la proposition d’une force
multinationale par le Conseil de Sécurité, lors de la présentation du rapport du Secrétaire
Général, Antonio Guterres, le 15 août prochain, reste incertaine.
Les autorités américaines sont proactives en ce qui a trait au déploiement d’une force
multinationale en Haïti. Le Chargé d’Affaires des États Unis en Haïti, M. Éric Stromayer,
annonce des initiatives visant à soutenir le Kenya, qui est disposé à assumer le leadership de
la mission. Le gouvernement américain présentera, dans moins de 15 jours, un projet de
résolution au Conseil de Sécurité en ce sens. Le diplomate américain assure que son pays
entend contribuer dans les divers aspects de cette mission. Les Américains contribueront en
troupes, en appui budgétaire et en soutien logistique. De plus, M. Stromayer salue les efforts
héroïques de la Police Nationale pour rétablir le climat sécuritaire. Il confirme la poursuite de
l’assistance à la PNH, rappelant que l’aide est supérieure à 120 millions de dollars.
Cependant, les États-Unis n’envisagent pas de fournir une aide aux forces armées d’Haïti, en
raison des contraintes légales. Le diplomate fait remarquer que son pays n’a aucune objection
à ce que d’autres États apportent un appui aux FAd’H.
Une force multinationale pour intervenir en Haïti aux côtés de la Police Nationale
d’Haïti est d’une importance capitale pour la population haïtienne, déjà lassée des bandes
terroristes qui sèment la terreur. Ce passage est obligé pour nous débarrasser des groupes
terroristes et recouvrer l’espoir de voir Haïti, en phœnix, se reconstruire autour de nos intérêts
nationaux.
Emmanuel Saintus

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