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L'État Haïtien défend les gangs criminels

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Les crimes contre la population haïtienne sont devenus monnaie courante sous le gouvernement
du premier ministre Ariel Henri. Sous le regard passif des autorités judiciaires, la machine
infernale de l’insécurité ne s’arrête pas et les gangs ne cessent de créer la frayeur au sein de la
population haïtienne, spécialement à Cité-Soleil. Dans ce quartier abandonné par les forces de
l’ordre, les affrontements entre les groupes armés pour le contrôle de ce grand bidonville, depuis
plus d’une année, ont causé des dégâts considérables en matériels et en vies humaines.
Les deux puissants groupes de gangs fédérés comme G-9 et G-Pèp ne veulent pas
partager ce territoire stratégique, vu sa proximité avec les entrepôts de carburants, les ports
maritimes, la Route Nationale #1 et avec plusieurs concentrations d’entreprises industrielles
importantes. On se rappelle le siège criminel imposé par le chef du G-9 qui avait ralenti jusqu’à
paralyser la distribution de carburant dans la capitale haïtienne. Les victimes directes et
indirectes de la guerre entre ces deux gangs criminels se multiplient au sein de la population. La
population, paniquée, se lance le mot d’ordre: sauve qui peut ! Se sauver comment ? Laisser la
Cité, pour aller où ?
Pour le mois d’avril de cette année, des dizaines de disparitions sont recensées dans la
Cité. La majorité des disparus voulaient tout simplement ne plus vivre sous le siège criminel des
assassins du G-9. Imaginez-vous, un instant, l’angoisse des parents et amis qui peut-être
passeront le reste de leur vie avec les disparitions de leurs père, frères, sœurs. Pourquoi donner
carte blanche à des syndicats d’assassins, afin de détruire les rêves des jeunes de la Cité, sans
aucun égard pour la vie et le futur de leurs enfants ? Par respect pour la discrétion exigée par les
parents des victimes, on s’abstient de citer les noms des victimes des proches de nos
collaborateurs. Toutefois, nous tenons à exiger justice pour toutes les victimes innocentes dont
les criminels bénéficient d’une certaine protection du gouvernement en place.
Certains habitants de Cité-Soleil se considèrent des rescapés ou chanceux. Car, en moins
d’une semaine, dans la soirée du 23 avril dernier, plus d’une centaine de résidents de Brooklyn
ont laissé leur maison pour se réfugier devant la centrale électrique E-Power, un espace encore
contrôlé par des agents de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM), non loin du Carrefour
Drouillard. «Kè m gen tan ap sote, mwen paka respire sant m ap pran yo. Nèg TÈ NWA pran m,
mennen m anba raje, bò lopital San Fwontyè. Yo montre m tèt moun, gen moun se bout ponyèt ak
bout pye mwen wè, genyen m pa wè tèt yo. Se anba gwo prela wi, yo mete moun yo touye yo !»,
révèle une commerçante.
Dans la même date du 23 avril 2023, le Bureau de Coordination des Affaires
Humanitaires des Nation Unies (OCHA) dévoile, dans un communiqué, la mort d’environ 70
personnes. Selon cette structure, quarante autres ont été blessées par balles ou par armes
blanches, dont 18 femmes. De plus, ces affrontements ont privé ces résidents de leur liberté de
circulation et d’accès aux biens et services essentiels. De ce fait, il y a la fermeture des portes
d’écoles et des centres de santé, selon l’agence onusienne.
Si, dans la Cité, des centaines de milliers de paisibles citoyens risquent la famine à cause
de ce conflit entre les gangs criminels, tout espoir de justice du gouvernement semble lointain. Il
n’y a aucune promesse pour rétablir l’ordre et la paix, provenant du premier ministre Ariel Henri.
Toutefois, son équipe lance des mises en garde contre toute forme de justice populaire comme le
mouvement vengeur et antigang surnommé Bwa Kale. L’État haïtien n’hésite pas à garantir
l’impunité à travers des projets bidons de désarmement qui incluent de facto une amnistie ou
pardon aux terroristes qui volent, violent, kidnappent et tuent en plein jour. Ainsi, la relation

entre le pouvoir en place et les chefs de gang devient une transaction légale et publique. L’ancien
premier ministre Jouthe, lui-même, ne cachait pas aux journalistes les communications directes
qu’il entretenait avec les chefs des groupes terroristes. Cependant, quiconque au sein de la
population oserait se faire justice, risque de tomber sous le poids de la justice haïtienne qui est
omniprésente quand il s’agit de protéger les criminels notoires.
N’est-ce pas absurde d’assister le spectacle d’un premier ministre qui, selon la loi, devrait
protéger les intérêts de l’État et du peuple haïtien, mais qui se convertit en défenseur d’assassins?
Selon les principes sacrés de légitime défense, le Dr Ariel Henri devrait savoir pertinemment
qu’on n’assassine pas un assassin qui envahit nos domiciles. Similairement, se débarrasser des
envahisseurs qui nous chassent de nos maisons devrait être un acte patriotique, soutenu par les
forces de l’ordre du pays. Hélas, on connaît toutes les forces qui sèment la terreur au pays. Les
rares policiers et soldats haïtiens qui veulent encore défendre le peuple, sont trahis. Leurs
adresses sont dévoilées aux bandits qui, sans pitié, s’en prennent à la vie de ces policiers et de
leurs proches. Qui protègera le peuple haïtien, quand les forces policières battent en retraite et
surtout quand nos dirigeants politiques sont des traîtres?
[email protected]
Haïti-Progrès
31 mai 2023

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