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Célébration de la fête du Drapeau, «échec du gouvernement»…

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Aujourd’hui, le prix d’un militant de base équivaut à 500 gourdes. Une vidéo sur les réseaux
sociaux où l’on voit le ministre de l’Action civique et des Sports, Jean Tholbert Alexis, donner
des billets de 500 gourdes à des militants capois, devient plus virale que celle du 1er janvier
dernier lorsqu’il rivalisait avec Usain Bolt, lors des dérapages post-activités commémoratives de
la Fête de l’Indépendance aux Gonaïves. Certains estiment, avec raison, que les Capois ont
vendu leur fierté christophienne pour des billets de 500 gourdes. Les faits et les images parlent
d’eux-mêmes.
Le geste de séparation des billets de 500 gourdes à des militants politiques, nationalement
reconnus comme des abolotchos, traduit un signe de pitié à l’égard d’une population capoise
inconsciente et manipulée. De plus, lors d’une intervention sur les ondes d’un média local, le
maire de la commune de l’Arcahaie, Jean Edner Gilles, a exprimé sa déception. L’annulation de
la Fête à la «Cité du Drapeau», a été «un coup dur» pour sa ville.
Pour beaucoup, la célébration de la Fête du Drapeau, délocalisée vers le Cap-Haïtien, est
«la preuve de l’échec du gouvernement, face à l’insécurité dans le pays». Si celui-ci est
incapable de maintenir ces traditions si chères à la population, c’est parce que «les gangs ont le
contrôle des secteurs vitaux du pays». Les efforts des forces de l’ordre pour reprendre la main,
restent encore inefficaces.
La Fête nationale du Drapeau d’Haïti se tenait traditionnellement dans la commune de
l’Arcahaie. Le gouvernement a donc délocalisé la commémoration au Cap-Haïtien. Aujourd’hui,
les gangs contrôlent aussi les accès de cette ville, lieu où la bannière bicolore d’Haïti a été créée.
Ariel Henry, le Premier Ministre de facto d’Haïti, était au Cap-Haïtien dans le nord du
pays, le jeudi 18 mai 2023, pour la commémoration officielle du 220 e anniversaire du drapeau
national. «C’est une fête importante pour les Haïtiens». Elle célèbre la création de la bannière
bicolore, bleu et rouge. Elle a été cousue à l’Arcahaie par Catherine Flon, à l’occasion du congrès
du 18 mai 1803, pour réunir les noirs et les mulâtres d’Haïti. La commune de l’Arcahaie a
toujours été au cœur de cette commémoration.
Aujourd’hui, les routes d’accès à la commune sont sous le contrôle des gangs. Le
gouvernement, incapable de sécuriser les accès, a décidé au dernier moment que c’était trop
dangereux de célébrer sur place cette tradition, vieille de plus de deux siècles. Mais après
l’annonce du déplacement de la manifestation, les voies du sud de Cap-Haïtien avaient été
barricadées par les pneus enflammés, en guise de protestation contre l’arrivée d’Ariel Henry et
des membres du gouvernement. Les cérémonies officielles qui se sont malgré tout déroulées sous
la surveillance d’un important dispositif de sécurité, ont été retransmises en direct sur la
Télévision et la Radio nationales d’Haïti, ainsi que sur la page Facebook du bureau du Premier
Ministre par intérim.
Par ailleurs, un événement surprenant s’est publiquement déroulé le dimanche 21 mai,
dans l’après-midi, à Vertières, où un homme dans la trentaine a mis fin à ses jours, en utilisant du
carburant et une allumette, après avoir terminé la distribution d’importantes sommes de mille
gourdes (1000 G) aux habitants de la région.
Il s’agit de feu Karl-Udson Azor, dont le dernier acte a été de prier avant de s’immoler
par le feu au sud-ouest de la ville du Cap-Haïtien.
C’est une situation tragique, inhumaine et incompréhensible, ont commenté plusieurs
proches du défunt. Ces derniers ont néanmoins mentionné l’indignation ressentie par le jeune
Karl-Udson Azor de voir, de son vivant, des habitants du Cap-Haïtien, alignés en file indienne

recevant, le 18 mai dernier, des billets de cinq cents gourdes (500 G) de la part de leaders et de
dirigeants de Port-au-Prince. Implicitement, ces proches ont fait référence à l’ancien Député
Jean-Tholbert Alexis, qui avait distribué un tel montant à la communauté capoise, ce jour-là. De
plus, les habitantes et habitants du Cap-Haïtien continuent de se questionner sur ce drame
perpétré par ce trentenaire capois. Selon certains locaux, la société haïtienne devrait chercher à
comprendre et à interpréter plus profondément cet acte horrible, afin d’en élucider les raisons
pour la communauté et les générations futures. D’autres pensent simplement qu’il s’agit d’un
acte de révolte et d’indignation, exprimé par le défunt, en raison de la détérioration du pays.
Emmanuel Saintus

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