HomeJusticeInsecurite

Insecurite

Published on

Archives

Massacre à Source Matelas. À quand la fin du phénomène du grand banditisme?
Si Emmelie Prophète, ministre de la Justice et de la Sécurité publique avait révélé qu’il existait
des territoires perdus, contrôlés par des hommes armés, la commune de Cabaret semble
désormais en faire partie. Depuis près d’une semaine, cette municipalité, notamment la localité
de Source Matelas, subit les assauts des assaillants. Plus d’une vingtaine de personnes sont déjà
tuées et des maisons incendiées. En voulant fuir ces individus armés qui seraient des soldats de
Johnson André, alias Izo, et de Lucson, caïd de Canaan, au moins 8 personnes, dont trois bébés,
ont péri en pleine mer, selon les informations dont dispose notre rédaction.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, on peut voir un
homme se réjouir du fait d’avoir semé la terreur dans la zone de Source Matelas, située à
seulement 4 kilomètres de Cabaret, commune du département de l’Ouest. En effet, le mercredi
19 avril 2023, des bandits provenant de plusieurs gangs, lourdement armés, arrivés dans 3
minibus, ont attaqué Source Matelas, 3 ème section communale de Cabaret. Une vingtaine de
personnes auraient été tuées et de nombreuses autres blessées. Au moins une dizaine de maisons
auraient été incendiées. Selon Joseph Jeanson Guillaume, agent exécutif de Cabaret, il n’est pas
encore possible d’établir un bilan officiel mais il sera très lourd. Cette attaque serait des
représailles contre les habitants pour avoir opposé de la résistance aux bandits ces dernières
semaines.
De plus, le mercredi 19 avril, 8 personnes ont péri en mer, en tentant de fuir la zone de
Source-Matelas, lors de l’attaque par des bandits armés. Plusieurs autres personnes ont été tuées
par balles par les malfrats, a confirmé l’ancien député de Cabaret, Joseph Manès Louis,
soulignant que des cadavres de victimes étaient encore visibles dans les rues, le vendredi 21 avril
dans l’après-midi. Selon plusieurs habitants, les bandits ont pris de plus en plus de territoires, ce
qui provoque la fuite massive des habitants, notamment vers la commune d’Arcahaie.
Dans la même lignée, le mercredi 19 avril, des individus armés ont attaqué la prison de
femmes de Cabaret. Ils ont été repoussés par les forces de l’ordre. Il n’y a eu aucun blessé à la
prison ni aucune évasion rapportée, selon la direction de l’administration pénitentiaire.
Funérailles des 3 policiers, tués à Thomassin
Le vendredi 21 avril, dans la matinée, les funérailles des policiers Pierre-Paul Junior Dorcé,
Agent II (25 e Promotion), Robenson Nicolas, Agent II (26 e Promotion), et Médaise Fortilien
Claude, Agent I (28 e Promotion), tués le 9 avril dernier, à Thomassin, par des bandits armés, ont
été chantées en l’Église Baptiste sur le Rocher, à Delmas 31. La cérémonie funéraire s’est
déroulée en présence de Frantz Elbé, Directeur Général a. i. de la Police Nationale d’Haïti
(PNH), des membres du Haut-Commandement, des policiers de tous rangs et grades, d’Enold
Joseph, Ministre de la Défense, du Représentant de la Ministre de la Justice et de la Sécurité
Publique, du Ministre de l’Environnement, Jameson Cadet, entre autres, des parents, des amis et
des proches des policiers, éplorés par ce deuil. Ces 3 policiers ont été promus au grade supérieur,
à titre posthume, par Frantz Elbé, le Directeur Général a. i. de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Intervenant en la circonstance, Frantz Elbé a salué la mémoire de ces vaillants policiers, victimes
dans l’exercice de leurs fonctions lors d’une patrouille à Thomassin.
À noter que le dimanche 9 avril 2023, ces trois policiers de la Brigade d’Intervention,
affectés au Sous-Commissariat de Thomassin, commune de Pétion-ville, avaient été pris dans
une embuscade mortelle, tendue par des individus lourdement armés, présumés membres du
gang «Ti Makak».

Par ailleurs, pour le mois de mars, l’OIM a compté 127 977 personnes déplacées internes
dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. 38% d’entre-elles se sont installées dans les 51
sites dispersés dans la capitale, alors que 62% trouveraient refuge dans les communautés hôtes.
L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) continue ses activités
d’assistance et de relocalisation, au bénéfice des familles les plus démunies. En mars, l’OIM a
relocalisé 1 172 personnes du site «Nan Tom-Tom». Ses interventions en protection de personnes
se sont focalisées ce mois-ci dans les sites situés notamment à l’Église primitive de Delmas 19,
l’Église de Dieu Union des frères de Delmas 65.
Emmanuel Saintus

Popular articles

Instabilite

De l'instabilité sociopolitique dégradante aux ingérences des puissances impérialistes occidentales en Haïti, le peuple...

Mythe ou vérité ? Le peuple haïtien, pour son propre malheur, choisirait-il des bandits comme leaders?

 Les analystes politiques prennent le vilain plaisir de culpabiliser les victimes en guise de...

Un Conseil Présidentiel de 7 membres, à la tête du pays, est-ce pour bientôt?

C’est une démarche boiteuse au mieux, bizarre certainement, mais il fallait bien entreprendre quelque...

La CARICOM recrute 7 nouveaux acteurs haïtiens pour pour une  débauche présidentielle  inédite

Cette organisation qui n’a jamais supporté Haïti dans sa lutte contre ses ennemis internes...

Latest News

Newsreel

Finally, an accord has been reached for the creation of the transitional government that...

Togo : l’ombre de l’intimidation plane sur l’opposition

Au Togo, plusieurs membres de l’opposition ont été interpellés et gardés à vue. Le...

La conjecture d’Haïti.

L’institut de mathématique Clay a retenu sept défis mathématiques réputés insurmontables et offre un...