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Le prix du kidnapping en Haïti

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Situation intenable, le kidnapping en Haïti, au mépris et/ou à la non-volonté de l’État, bat son plein. C’est une insécurité planifiée ou même programmée, à des fins électoralistes et de politiques purement traditionnelles. Une chose est sûre et même incontestable, personne n’est épargnée. En effet, toutes les catégories socioprofessionnelles sont d’éventuelles victimes de kidnapping en Haïti, et des assassinats, des viols, des bastonnades, qui en découlent.

Alors que le pays se dit menacé par la pandémie de COVID-19, il y a la réouverture des classes, la Banque de la République d’Haïti (BRH) qui est impuissante face à la montée du dollar américain, il y a les gangs armés qui s’érigent en maîtres et qui continuent leur mainmise sur certains territoires. Et le cas récent de la commune de Carrefour illustre la force des gangs dans un pays où les forces armées légales sont séquestrées par les autorités au pouvoir. Dans cette situation de terreur généralisée, les propagandistes du pouvoir en place continuent leur pèlerinage, pour maintenir la population dans ses conditions inhumaines. Tel est l’objectif d’un pouvoir qui ne s’intéresse pas à la misère de la population. Ainsi, sa préoccupation c’est l’organisation des élections, sur du feu ou du sang. Ainsi, il s’apprête déjà à nous livrer son calendrier et son projet de décret électoral. Il s’occupe aussi, et depuis toujours, de la corruption, de fausses promesses et d’une parodie de la démocratie occidentale. Entre temps, on paye le prix du kidnapping, avec ses yeux rivés sur une rivalité, en vue de bénéficier des avantages de la gestion du pouvoir.

Le kidnapping est le fait d’enlever une personne et d’exiger une rançon pour sa libération. Mais cela peut prendre diverses formes, car, parfois, l’objectif peut ne pas être la rançon. Aussi, le versement d’une rançon, après négociation, ne garantit pas la liberté de la personne kidnappée. En effet, il est courant, ces derniers moments en Haïti, et surtout à travers des réseaux sociaux, de s’informer sur des cas de kidnapping, partout dans le pays. Ce phénomène, qui n’est pas récent, mais qui suscite une indignation sélective, parce qu’il touche toutes les catégories, fait son chemin. On s’adapte. On en paye le prix. L’État se dédouane et se montre impuissant face à sa montée.

Le kidnapping, un acte déshumanisant par sa nature et par ses conséquences, a fini par s’installer dans le pays, et frappe à la porte de toutes les catégories sociales. Pas besoin de citer des noms, car ils sont connus de tous sur les réseaux sociaux. Élèves, étudiants, fonctionnaires, entrepreneurs, ils sont tous des cibles et suscitent l’indignation, des marches, etc. Et ceux qui ne sont pas connus et sont kidnappés, crient dans le désert, ce, pour reprendre un texte du dramaturge Erickson Jeudy. De toute façon, le kidnapping en Haïti a un prix, et c’est nous qui le payons.

Les conséquences des actes de kidnapping sont connues par tous, et c’est pour cette raison qu’il est décrié, et surtout quand l’État joue au silence, à l’incompétence. En effet, entre la somme versée ou la rançon pour obtenir la libération, le viol individuel et souvent collectif, les conditions sanitaires déplorables de séquestration, les pressions psychologiques ou le traumatisme, le prix du kidnapping en Haïti est exorbitant. Appauvrissement, assassinats, troubles psychologiques, on paye au quotidien le prix fort du kidnapping en Haïti où l’État, de plus en plus, affiche ses échecs. Ainsi, nous nous sommes trouvés dans l’obligation de nous adapter et de nous indigner sélectivement, en raison des statuts de la personne kidnappée. De cette situation dont nous connaissons déjà les conséquences, acceptons donc de payer le prix, celui du kidnapping en Haïti, ou de prendre la route d’une alternative, celle de se battre contre les auteurs et complices, contre l’État même. Aussi, il faut accepter de payer le prix de cette bataille, pour enfin finir avec le kidnapping en Haïti.

Job Pierre Louis

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