HomeActualitéBrusquement, beaucoup de gens se retrouvent dans de très mauvais draps…

Brusquement, beaucoup de gens se retrouvent dans de très mauvais draps…

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Deux gros pavés sont tombés, coup sur coup, dans la mare haïtienne, la semaine dernière, et les vagues, qu’ils vont déclencher, demeurent encore d’une ampleur insoupçonnée mais combien redoutée. Il y en a un auquel on s’attendait déjà. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait commandé un rapport sur la situation préoccupante du pays et un Comité d’Experts était à pied-d’œuvre, depuis un peu plus d’un an, à le documenter et à peaufiner leurs recommandations. Originalement, la publication de ce document avait été prévu pour le 15 septembre 2023. Toutefois, les urgences internationales se bousculant, on a dû en reporter l’échéance et le Rapport du Comité d’Experts a été finalement rendu public, le 18 octobre dernier. Mais, mieux vaut tard que jamais, dit-on. Encore faut-il s’assurer de ne pas tourner les coins trop ronds et esquinter le travail, de ce fait. Cela ne semble pas trop avoir été le cas, car, au lendemain de la publication dudit Rapport, le mandat du Comité d’Experts est renouvelé pour une autre année. Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud, n’est-ce pas? Et autant faire un bon usage de ces experts que l’on a sous la main.

Le Rapport final du Groupe d’Experts sur Haïti, présenté en application de la Résolution 2653 (2022), de l’avis de nombreux observateurs, est assez bien étoffé et s’étale sur 158 pages. Il documente des faits et dresse un tableau presque complet de la situation sécuritaire du pays et des acteurs qui y ont contribué largement. Il épingle, au passage, des notables de nos élites politique et économique, ainsi que quelques chefs de gangs notoires. Certains de ces notables ont déjà pris les devants pour tenter de se défendre et protester de leur innocence. C’est le cas de M. Youri Latortue, ancien sénateur de la République et même ancien Président du Sénat, qui s’est fendu d’une note publique à cet effet, répudiant un à un, des allégations qui lui sont reprochées. C’est aussi le cas de M. Reynold Deeb qui se défend d’avoir jamais, de toute sa vie, commis aucun acte délictueux, voire criminel et, en conséquence, a chargé une équipe d’avocats de prendre toutes les mesures que de droit, pour, dit-il, laver son honneur et rétablir son intégrité. Pour les autres indexés, on n’entend pas grand bruit. Du moins, pas encore. C’est que les temps sont durs. Et la fréquentation des cours de justice est un sport assez dispendieux, merci. Mais il est évident qu’ils sentent maintenant que la soupe devient de plus en plus chaude et que le piège se resserre de plus en plus sur eux. Se déclarer innocent est une chose. Toutefois, dans cette arène, un indexé, jeté, inopinément ou à juste titre, dans la Fosse aux Lions de l’opinion publique, aura probablement le même destin funeste. Dans tous les cas de figure, il aura beaucoup de difficulté à se laver de tout soupçon, et, même quand, par hasard, il y parviendrait, un certain stigmate restera longtemps associé à son nom. Bien avant d’être condamné par une cour nationale ou extranationale quelconque, les conséquences de ces décisions découlant de ce Rapport lui seront donc très graves et préjudiciables. Interdiction de voyager et gels des avoirs ne sont que quelques-unes des difficultés qu’il aura à surmonter. Personne ne versera une larme pour celles et ceux qui devront faire face à la justice, devant une cour nationale ou extranationale, peu importe. Pourvu qu’ils soient coupables, effectivement. Mais pour les autres, pris inconsidérément dans cette nasse, c’est tout une autre histoire.

Ce Rapport, bien qu’il puisse être fort utile pour la suite des choses au pays, est néanmoins loin d’être parfait. Dans un premier temps, si l’on s’attarde à la méthodologie que ses rédacteurs affirment utiliser, on peut noter certains manquements. Il semblerait que certains des concernés aient été contactés, comme cela se doit, pour recevoir leurs explications, concernant certains faits allégués qui leurs sont reprochés, et que d’autres n’ont pas eu ce bénéfice. Pour des assassins notoires et avérés, on n’a pas à valider l’évidence de leur implication, mais pour d’autres, jugés de connivence ou de complicité «alléguée», qu’il leur soit permis d’exposer leur point de vue, quitte à ne pas en tenir compte, pour ma part, c’est la règle de l’art. Autrement, ce rapport pourrait donner flanc à la critique, en raison d’une impartialité douteuse. Cela n’est jamais bien vu de laisser traîner des doutes, dans un rapport de si grande envergure.

De même, certains raccourcis, dans le traitement et dans l’interprétation des faits, me laissent, pour le moins, perplexe. Le Comité d’Experts, par exemple, considère que pendant la période de préparation de son rapport, (octobre 2022 à août 2023), «la Transition politique a progressé», en raison de la signature de l’Accord du 21 décembre 2022, de la mise sur pied d’un Haut Conseil de la Transition et de la nomination de juges pour combler des vacances à la Cour de Cassation, même si cela fut fait en dehors de la procédure prescrite. En fait, ces trois dispositions soulèvent beaucoup de problèmes en soi et ne font, en rien, avancer ladite Transition politique. Concernant le prétendu Accord du 21 décembre 2022, on devrait reconnaître qu’un accord n’en est un que dans la mesure où il rallie l’ensemble ou une partie significative de l’opposition et des secteurs importants du pays à la proposition adverse. Cela, les Experts le savent bien et peuvent constater également que la multiplication des «particules politiques», inféodés dès le départ au pouvoir en place, ne signifie en rien qu’il y a eu un renforcement de ce secteur par le ralliement d’une partie significative de l’opposition. De plus, il est de notoriété publique que le Haut Conseil de la Transition est une coquille vidée de toute utilité, en raison de son impotence statutaire et organique, délibérément inscrite dans ses actes constitutifs même. Ce sont de vrais castrats politiques qui chantent, à l’unisson et sans brio, sur les mêmes notes aiguës, même si, il est vrai, qu’à l’occasion, il y en a «une» qui fausse et fait bande à part, bizarrement. Également, à mon humble avis, lorsque le Comité d’Experts semble attribuer uniquement la responsabilité de l’impasse politique à un certain secteur de l’opposition qui refuserait d’accepter le diktat des tenants du pouvoir en place, cela me paraît, pour le moins, une vision assez partiale de la situation. Pour obtenir un accord entre adversaires politiques, c’est toujours du donnant-donnant, de part et d’autre, et non l’imposition totale du point de vue de l’un et le rejet total de celui de l’autre. Par ailleurs, la nomination ex-cathedra des juges à la Cour de Cassation, est une violation flagrante des prescrits de la Constitution. Sans un accord préalable des parties prenantes, en raison des considérations extraordinaires, liées à notre situation, cette décision unilatérale du pouvoir en place ne peut, en aucune manière, aboutir à une quelconque amélioration de la situation politique et constitutionnelle, pour les choses à venir. En outre, tous les observateurs savaient, dès le départ, que le pseudo calendrier des étapes à franchir pour aboutir à des élections et à l’établissement d’un gouvernement élu au 7 février 2024, c’était de la frime. Il est donc très surprenant, que des Experts, tout étrangers qu’ils soient, aient accordé un quelconque crédit à cette fable qui, comme de raison, n’a nullement «atterri».

Dans l’ensemble, les Experts, comme je le disais, ont décrit exactement la situation du pays. Ils ont établi précisément la cartographie de l’insécurité publique et cité, de façon détaillée, la nomenclature précise de la racaille locale qui sévit au pays (noms, prénoms, sobriquets et zones de contrôle). Les constats sont implacables et accablants pour les responsables au timon du pays, et leur inaction, leur incapacité, voire leur incompétence criante, plaide, devrait même concourir activement à leur remplacement illico, pour un tant soit peu améliorer les perspectives. Pourtant, ils ne semblent pas recommander leur remplacement à la tête du pays. Si l’avion est en perdition et que le pilote en charge n’y peut rien, le principe élémentaire de précaution voudrait que l’on confie les commandes au co-pilote ou même, à la rigueur, à un passager qui se déclarerait expérimenté et prêt à offrir sa collaboration pour une opération de sauvetage en urgence. Mais non. Rien de tout cela. Adelante maestro! Kite konpa a mache… Tels semblent être les recommandations du Rapport du Comité d’Experts qui laissent à penser qu’ils accréditent les miroirs aux alouettes agités par le gouvernement d’Ariel Henry.

Toujours à mon humble avis, l’une des caractéristiques fondamentales d’une Évaluation du type de 360 degrés, comme cela semble être la méthodologie utilisée pour ce Rapport, consiste dans la mise à contribution et dans l’évaluation impartiale de toutes les parties prenantes à la situation. Leurs contributions, leurs erreurs, leurs recommandations, leurs forces et leurs faiblesses doivent être soupesées et prises en compte, indistinctement. S’il y a un acteur incontournable dans la situation du pays et même dans l’éventuel rétablissement de l’ordre dans la République, eh bien, c’est la Communauté Internationale et ses diverses composantes: Core GROUP, ONU, BINUH, OEA, et j’ajouterais CARICOM, pour compléter le compte. Ces intervenants étrangers monitorent, avalisent nos élections et les influencent à leur guise. Ils font et défont des candidatures aux plus hauts postes du pays. Ils conseillent, accompagnent et guident nos présidents et les responsables de nos institutions, depuis au moins une décennie, à visière levée. Ils ne peuvent pas ensuite ne pas être tenus, sinon responsables mais, à tout le moins, complices ou associés aux résultats. La MINUJUSTH d’abord, le BINUH ensuite avaient pour mandat d’appuyer la justice et de renforcer la Police Nationale au pays. Si notre système judiciaire et la PNH ont lamentablement failli, entre temps, une partie de la responsabilité de la situation devrait leur être imputable, n’est-ce pas? Contre vents et marées, ils ont soutenu le Président Jovenel Moïse dans toutes ses turpitudes. Lorsqu’un juge avait finalement pris la responsabilité de s’attaquer au dossier du fonds PetroCaribe et de mener une enquête judiciaire, la Cheffe de la MINUJUSTH à l’époque, Mme Susan D. Page, avait courageusement applaudi la démarche. Pour cela, elle fut vertement dénoncée par la présidence de Jovenel Moïse qui exigea et obtint son rappel par le Secrétaire Général de l’ONU, qui la remplaça par Mme Helen Lalime. Celle-ci confortera et appuiera ce gouvernement dans ses pires travers, jusqu’à considérer la fédération des gangs de la capitale comme étant bénéfique à la paix publique et à l’apaisement social. Ce fut un comble. Et on en paie encore les conséquences. Les Nations Unies et le Conseil de Sécurité ont cautionné cette attitude et la démarche de leur Représentante officielle au pays. Ils ne peuvent pas ensuite, tout simplement, se laver les mains, comme Ponce Pilate, et prétendre n’avoir aucune part de responsabilité dans cette débâcle du système judiciaire haïtien qu’ils étaient supposés renforcer, et dans la déstructuration de la PNH que ses Missions et experts devaient accompagner et améliorer. Il ne me semble pas que ce Rapport du Comité d’Experts ait tenu compte des ratés des différentes missions de l’ONU en Haïti et de leurs responsabilités à ces égards. Pour moi, cela constitue une lacune de taille, pour un rapport de cette envergure, présenté et rédigé par des Experts internationaux. Parions qu’au cours des prochaines semaines, à force de l’éplucher, de façon exhaustive, on y trouvera d’autres matières à critiquer, même si, dans l’ensemble, ce rapport pourrait contribuer à une meilleure perspective de changement au pays et donc faire finalement œuvre utile.

L’autre pavé est tombé immédiatement après ledit Rapport d’Experts. M. Joseph Félix Badio, qui faisait l’objet d’un avis de recherche pour complicité dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, est arrêté dans un supermarché à Pétion-Ville, le 19 octobre. Un peu comme tout autre honnête citoyen, disposant d’assez de moyens pour le faire, M. Badio vaquait tranquillement à ses emplettes, lorsqu’il fut remarqué, parait-il, par un curieux hasard, par un Commissaire de police, autrefois, un de ses proches collaborateurs dans un ministère du pays. Ce dernier prit l’initiative de demander des renforts au Commissariat de Pétion-Ville et de procéder à l’arrestation de M. Badio, sans aucune autre forme de procédure. Cet homme, présumé criminel de sang, prétendument recherché par les forces de l’ordre, aurait fréquenté des lieux publics, depuis plus de 2 ans, sans trop se cacher. Il aurait habité depuis tout ce temps à Delmas, dans la maison de son père. Il n’était pas dans le maquis ni à l’étranger, pendant tout ce temps où il était présumément recherché par les forces de l’ordre. De deux choses, l’une: ou bien ce monsieur bénéficiait d’un laisser-faire des autorités qui le protégeaient depuis tout ce temps, ou bien nos forces de l’ordre sont d’un amateurisme indécrottable. J’avoue que je penche plutôt pour la première assertion car j’accorde quand même un minimum de crédit à certains de nos braves policiers. Toutefois, le problème que soulève son arrestation subite ne s’explique pas pour autant. Comment comprendre la découverte soudaine et impromptue du Commissaire de Police, de M. Joseph Félix Badio qui, de son propre aveu, affirme ne s’être jamais caché ni déguiser pour échapper à la Police. Dans nos chaumières, les conjectures les plus osées circulent et envahissent les Réseaux Sociaux. D’aucuns pensent que M. Badio aurait brusquement été «largué» par ses prétendus protecteurs en haut-lieu, pour rebattre les cartes politiques et forcer leur redistribution intempestive et incontrôlée, à la faveur de laquelle, certains pourraient brouiller les pistes et renaître de cette fange. La réédition du miracle biblique de la résurrection de Lazare de Jonathan, quoi!

L’arrestation de cet individu pourrait effectivement faire la lumière sur quelques zones d’ombre qui persistent encore dans l’assassinat de Jovenel Moïse. En effet, aucune personne saine d’esprit n’a avalé tout rond la fable voulant que des ex-militaires colombiens, qui ne connaissaient Jovenel Moïse ni d’Ève ni d’Adam, aient résolu d’assassiner le Président d’Haïti, tout de go, et décidé de prendre les choses en mains, en s’acoquinant à quelques fêlés locaux ou natifs du pays mais naturalisés à l’étranger… Quelqu’un d’autre, ayant suffisamment de moyens financiers mais aussi de moyens politiques et de contacts dans les forces de l’ordre du pays a dû avoir orchestré cette sordide affaire et embauché ces Colombiens, à dessein, pour qu’ils deviennent aisément les dindons de la farce dont Jovenel Moïse allait faire les frais. Et Joseph Félix Badio, pour avoir été une grosse huile dans l’administration politique, pourrait bien être le chaînon manquant, la pièce du casse-tête, qui pourrait faire le lien entre les têtes pensantes, les acteurs obscurs, les mains cachées qui ont commandé ce meurtre. L’on comprendra aisément que la Toile s’enflamme, depuis cette arrestation soudaine et inattendue de cet homme qui clame tout haut, qu’il ne tombera pas tout seul. Il est vrai que le port d’une barbe, assez longue, qu’il s’est laissé pousser entre temps, alors qu’auparavant il était généralement toujours rasé de frais, aurait pu passer pour un genre de déguisement, mais on l’imagine mal se contenter de ce maigre accoutrement, pour échapper aux regards inquisiteurs des limiers censés être lancés à sa poursuite. S’il parvient à rester en vie assez longtemps en prison, pour délier sa langue et passer au confessionnal, beaucoup de gens seront épinglés dans cette louche et criminelle affaire. Et mon petit doigt me dit qu’on sera peut-être surpris de leur identité.

Coup sur coup, disais-je donc, ces tuiles sont tombées, l’une après l’autre dans la mare haïtienne, l’une ne parvenant pas à reléguer l’autre à l’arrière-plan. Une menace de déstabilisation majeure de l’échiquier politique haïtien pourrait résulter des conséquences de l’une comme de l’autre de ces deux affaires. Être accusé de complicité dans le meurtre de Jovenel Moïse et éventuellement être déféré devant un juge haïtien ou américain, mettra un point d’orgue indéfini à toute velléité de carrière politique pour quiconque en fera l’objet. De même, être sanctionné par les Nations Unies ou par un de ses 193 pays membres, et se retrouver dans la liste de ces intouchables dont les avoirs sont susceptibles d’y être gelés, être frappé d’interdiction de voyager, c’est une condamnation à la déchéance politique et à l’insignifiance financière, à moyen ou court terme, selon les avoirs à sa disposition. Dans les deux cas, le suspense va durer encore un petit moment. Les Nations Unies se proposent de publier une liste élaborée des personnalités sanctionnées, mais évolutive dans le temps, vers la mi-novembre. Ces sanctions seraient alors applicables dans tous les pays membres, dans toute leur rigueur. Cela fait beaucoup de pays à imposer des sanctions à ces individus… De même, être impliqué dans un crime de sang, ou faire partie d’un complot à caractère transnational pour ourdir ce crime, entraînera des conséquences tout aussi graves, et à l’échelle internationale également. Brusquement, l’étau se resserre donc, et beaucoup de gens seront pris dans ses mâchoires. On connaît déjà quelques-uns d’entre eux. Mais le suspense demeure encore et prolonge le supplice de la goutte, pour bien des gens qui doivent avoir le sommeil tourmenté, par les temps qui courent. Entre les révélations de Badio et la liste des sanctionnés de l’ONU, celui qui se retrouvera dans l’une ou dans l’autre, sera définitivement dans de très mauvais draps.

Pierre-Michel Augustin

le 24 octobre 2023

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