HomeNouvèl kout an kreyòl«Vers une nouvelle architecture politique ayitienne»

«Vers une nouvelle architecture politique ayitienne»

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Cette réflexion relève très profondément de l’évasion et ne s’incruste pas tout à fait dans la réalité de sa description. Elle est d’autant plus «spiritueuse», si je peux me permettre l’euphémisme, que politique ou religieuse. Le but de mon écriture n’est point pour séduire ou pour se réjouir, mais plutôt fera languir et réfléchir, avant d’agir. Que ceux-là qui me liront considèrent cette introduction comme une sorte d’avertissement. Pour une raison, très indépendante de ma volonté, c’est-à-dire inconsciemment, il m’arrive d’inscrire mon subconscient dans une dynamique introspective qui me fait comprendre l’importance du silence et de la méditation. ¨C’est la voie par excellence conduisant au processus d’intériorisation et de méditation, tant recherchée par plus d’un, en vue de nous permettre de nous plonger bien au fond de nous-mêmes, pour conglomérer, concentrer et consacrer toute notre énergie en faveur de toutes actions postérieures. À mon humble avis, je pense que, sans que le peuple ayitien ne s’en soit rendu compte, inconsciemment, il est rendu à ce stade qui s’avère pour nous un éternel stage. Il s’agit plus que de stagnation ou d’hibernation, comme beaucoup d’experts de la psychologie sociale ou socio-psychologie peuvent le penser, mais plutôt il s’inscrit dans cette dynamique d’introspection, cette forme d’exploration intérieure, par soi-même. Je demeure convaincu que nous ne sommes pas zombifiés. Nous nous trouvons plutôt en phase d’agglutination et de rupture intérieure devant conduire à un avenir pas trop lointain à la grande rébellion nationale, à laquelle même l’internationale ne pourrait faire échec. Car, désormais arrive le temps de la renaissance de notre Ayiti Chérie.

La bipolarité et la schizophrénie ont été, au long de notre histoire de peuple et même de l’humanité, les traits de caractère les plus répandus et dominants chez nos dirigeants. C’est l’un des facteurs déterminants qui nous a conduits là où nous sommes, dans cette situation de dérive et de désespoir aujourd’hui. Pour un meilleur monde, il faut que la personnalité de nos célébrités: dirigeants ou artistes, se régisse par la notion, même pas d’unité, mais d’unicité, dans sa plus grande diversité, multi-pluralité et transversalité. Ce n’est ni notre nom, ni les conditions dans lesquelles nous vivons, ni l’endroit où nous avions grandi, ni encore moins la fonction ou la position que nous occupons qui changeront qui nous sommes, ou décideront du sort de notre identité et de notre devenir, mais nous sommes celui ou celle qui, tous ensembles avons la capacité de changer, tant l’environnement intérieur qu’extérieur, en un mot, le cours de notre histoire. En d’autres termes, notre essence ne peut altérer dans le spatio-temporel (espace-temps) à notre guise ou à celle d’autrui, au nom de toutes les considérations que nous venons d’évoquer antérieurement. La fonction ou la position que l’on occupe dans la société, dans une communauté, à un moment donné de la durée, n’est que le résultat du temps, de l’énergie et de toutes les ressources humaines, matérielles, émotionnelles et intellectuelles que nous avions investies en nous, pour être qui nous sommes aujourd’hui, sans pourtant en rien muer notre essence. Notre projection dans le temps et dans l’espace est le fruit de nos pensées et de nos aspirations intérieures. Ainsi, il faut faire très attention à ce que nous souhaitons, car il peut bien devenir réalité. La parole est source féconde d’actions. Tout comme l’articulation et la clarté constituent des qualités essentielles aux discours qui vaillent véritablement, la bonne communication, la cohérence et la consistance sont tout aussi indispensables à l’action. Pour bien agir, c’est-à-dire, efficacement, il faut se donner du temps et avoir de la disposition afin de bien réfléchir. Car, la parole est source d’action, quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise. Mais, bien avant la parole qu’on prononce et proclame, vient l’intention qui se manifeste par la pensée. Ne lit-on pas dans la Bible elle-même «qu’au commencement était la parole ???» Et la parole, tout au préalable, avant de se donner à la concrétude, n’est que concept, une idée, une pensée, une réflexion qui se travaille, se profile et se peaufine, jusqu’à devenir un concept qui ne cherche que sa concrétisation, à ce stade de son évolution. Sans un concept initial, rien ne saurait exister.

L’univers est rempli de bizarreries et d’excentricités, et une discipline comme l’architecture- qui n’a peut-être rien en commun avec la politique, excepté que les politiques s’en servent pour asseoir leur obsession de richesse, de pouvoir et de gloire- en constitue l’un des exemples les plus illustratifs et paradigmatiques. Car, dans toutes les disciplines à vocation, expression et manifestation artistiques, il n’y a pas mieux qu’elle, pour en témoigner. Aucun autre art n’est aussi complet et concret que l’architecture, par son approche transversale, pluridisciplinaire et multidimensionnelle. Bien que bizarrement, la matière de base à partir de laquelle l’architecte construit son œuvre, c’est l’espace, donc, cette étendue infinie qu’il se donne pour devoir de définir, donc de circonscrire dans un carcan spatial volumétrique, structural, esthétique et fonctionnel. L’architecte, à partir de rien ou disons de la pensée, des idées mûrement conceptualisées, donc devenues concepts, se propose de construire des merveilles provenant de l’esprit, en passant par l’intelligence de la main humaine. Donc, le monde a besoin d’architectes pour se reconstruire. Mais, non pas seulement des architectes de la forme, à savoir de l’esthétique, par le biais de la composition architecturale, mais aussi des architectes du fond, de l’intelligence, de l’amour, du bon sens, de l’empathie, de la générosité, de la justice sociale, de la stabilité politique, du progrès économique, du développement durable, et surtout de l’humanité.

Ayiti ne peut faire exception à cette règle, ni non plus rater, comme à l’accoutumée, cette dernière phase de l’évolution ou de la révolution humaine. Pour ce faire, nous avons besoin des briques de l’honneur et de la dignité et du ciment de l’intégrité et de souveraineté nationale. Cela nous donne pied à revenir sur la problématique séculaire ayitiano-dominicaine, avec, pour cause occasionnelle, la construction d’un petit canal destiné à arroser la plaine de Maribaroux à Ouanaminthe dans le Nord-Est d’Ayiti, et ainsi pouvoir faire preuve d’un minimum d’autonomie par rapport à la République voisine. Personnellement, je pense qu’il n’y a rien de mauvais dans la décision de fermeture de la frontière ayitiano-dominicaine, il y a de cela autour de deux mois, par décision unilatérale, grossière et surtout arrogante du président de la république voisine, Luis Abinader. À mon humble avis, cette décision immature, au regard de la diplomatie internationale, nous a fait plus de bien que de mal, en ce sens qu’elle nous permet de nous unir et de nous signifier, une fois de plus, même quand pas avec les mêmes dimensions d’honneur, de fierté et de dignité, dans le concert des nations. De part et d’autre, par le fait de nous ouvrir les yeux sur notre vraie identité de peuple, faisant de son honneur et de sa dignité sa boussole et son cheval de bataille, elle met aussi en exergue les rapports de réciprocité entre les deux républiques partageant une seule et même île, en ce sens que la République Dominicaine ne nous est jamais venue en aide ou ne s’est jamais prêtée à des actes caritatifs, de générosité ou de charité à notre égard. Il s’agit plutôt de rapports commerciaux d’égal à égal : ils vendent, nous achetons. En dehors de ça, il n’y a pas d’autres vérités. Le jour où les conditions ne se réunissent point pour que ces activités commerciales puissent continuer leurs cours, selon les règles de l’art, on verra qui cela affecte le plus. Et, la réalité d’aujourd’hui peut parler de par elle-même. Alors, il nous revient, à nous Ayitiens, fils authentiques de cette terre de liberté et de fierté, de prendre notre destin en main, de nous comporter en fils, dignes de la gloire et de la grandeur de nos ancêtres qui ont su mener à la victoire finale la toute première et la plus grande révolution d’esclaves qu’ait connue le monde moderne et l’humanité tout entière, la Révolution Ayitienne, sous la commande du grand général Jean-Jacques Dessalines, par le truchement de la bataille la plus décisive de Vertières, le 18 novembre 1803. Ce qui nous a libérés définitivement des jougs coloniaux et de la domination française.

Il est donc grand temps que puisse, dans ce pays, sur cette terre que des Dieux de liberté nous ont léguée nos ancêtres, notre chérie, guidés par ce que nous appelons fièrement «l’Idéal dessalinien» par lequel l’empereur Jacques 1er avait empreint dans les annales de l’histoire universelle sa vision, sa projection, son rêve et son engagement pour une Ayiti, libre indépendante, solidaire, forte et prospère. Et cette génération de lâches, de capons en crampons, de poltrons, de traîtres, de démagogues, d’escrocs, de criminels, de médiocres, et d’apatrides, à laquelle bien évidemment, d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que chronologiquement, nous appartenons, tous les contemporains de ces temps de la plus grande honte nationale, ne peut, en aucun cas, ni non plus sous aucun prétexte lancer le message contraire ! Qu’ils continuent de se noyer dans leur orgueil et dans leur arrogance. Nous, nous resterons de l’autre côté de l’île, à travailler coude-à-coude, dans la solidarité et la fraternité, dans la dignité et la fierté, pour la gloire de nos ancêtres, par la mise en pratique de cette matrice tant utilisée, en matière de gestion publique et d’entreprise, appelée FFOM (DAFO, en espagnol et SWOT, en anglais) dont l’objectif final est d’établir la synergie entre forces, faiblesses, opportunités et menaces, pour ainsi faire de nos faiblesses une source intarissable d’énergie et de forces, tout en convertissant nos menaces en opportunités. Car, il n’y a point de crise ou tension ayitiano-dominicaine, mais une crise, une perception raciste, une agression et une haine séculaire dominicaine, avec répercussion sur et contre Ayiti. Cependant, celle-ci, cette fois-ci, il nous faut, à tout prix et à tout bout de champ, la saisir, pour la gloire de nos ancêtres et, bien sûr, pour notre dignité de peuple libre et indépendant, le fleuron de la race noire. Si on veut bien faire pays pour de vrai, cette pseudo crise frontalière ayitiano-dominicaine ne peut que bénéficier à la cause nationale, en ce sens qu’elle charrie en son sein une source intarissable et incalculable d’opportunités pour notre pays. Pour ce faire, à la réouverture des frontières entre les deux pays, ceux-là qui sont au timon des affaires de l’État devront s’assurer de la formation et de la disponibilité, sur place, d’une équipe transversale et pluridisciplinaire pour ainsi assurer le contrôle de qualité de tout produit dominicain, destiné à entrer sur le sol national.

Ainsi, crions tous d’un seul chœur : «Kanal la p ap kanpe !» Ensuite suivra le reste!

Jean Camille Étienne

Arch. M Sc. en Politique et Gestion de l’Environnement

02/10/2023

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