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” Contre toute ingérence internationale : le droit à l’autodétermination, la vraie voie du développement et de la collaboration entre les nations. “

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Il faudrait seulement être dépourvu de tout bon sens, pour ne pas faire le constat de la situation toute aussi alarmante que troublante, au cours des trois dernières décennies, caractérisant tristement la vie politique ayitienne.  La destruction systématique de l’écosystème politique national, à l’instar d’un cancer en phase de métastase, nous mine et nous ronge du dedans au dehors, et vice-versa.  Cependant, ce dont nous n’avons aucune incertitude, c’est que cette situation n’est point le fruit du hasard.  Elle est, sans équivoque, la résultante des interactions désobligeantes des forces obscurantistes et anti-changement, apparemment invisibles, pourtant très manifestes sur l’échiquier politique et économique.  Il convient donc de souligner que la crise politique ayitienne dépasse de loin les luttes traditionnelles de classes, pour s’étendre vers une crise humanitaire avec une tendance génocidaire.  Autant dire qu’une meilleure compréhension des torts et des travers de cette problématique est d’une importance capitale, eut égard à toute velléité réelle d’appréhension de sa complexité historique, tant à l’échelle nationale qu’internationale.  Et ceci ne peut se faire que par le biais d’un recul par rapport au paysage politique, économique, social, culturel, voire anthropologique pour bien en apprécier la complexité. 

En dépit des obstacles qui jonchent les sentiers abrupts des aboutissants, le projecteur pourra être mieux placé sur le modus operandi conduisant à une bien meilleure appréhension du phénomène avec tous ses corollaires, de manière à identifier leur nature, leurs origines, leurs causes, leurs effets, en un mot : leurs implications sur toutes les sphères de la vie nationale. Pour ce faire, il faudra donc saisir la moindre opportunité pour se prévaloir des atouts pris dans un large consensus, en vue de la prise de conscience nécessaire au réveil national.  Ainsi nous pourrons non seulement barrer la route à la mafia qu’on s’obstine à légaliser, mais aussi mettre en déroute le macabre phénomène de banditisme d’État qui entrave l’intégrité du territoire nationale, mettant en veilleuse l’équilibre et la stabilité du pays.  Ainsi donc, de la même manière que l’on accuse un chien de rage lorsqu’on veut s’en débarrasser, quand on ne souhaite pas résoudre un problème, soit on ne l’aborde pas du tout, soit on ne le traite que superficiellement.  Cet état de fait est partie intégrante des caractéristiques des corrupteurs, des marionnettistes et des affairistes.  

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, même dans les pays dotés d’une fine culture politique, peu importe le système de gouvernance adopté – démocratie, monarchie ou royauté – le marchandage et le clientélisme politique constituent le poison doux qui peut désarticuler même le système le plus solide et le plus sécurisé, jusqu’à son anéantissement.   En explorant le paysage complexe de la politique nationale, on se rend compte que ces pratiques sont monnaie courante et rongent, de l’intérieur, le système politique haïtien, désormais en phase de rupture.  Le système politique, qui a cours au pays, est aujourd’hui en état de caducité et mérite d’être recyclé, sur la base d’un nouveau contrat social priorisant les intérêts nationaux, au bénéfice du plus grand nombre.  Il s’agit donc de dévoiler les marionnettistes et les corrupteurs, au même titre, voire plus encore, car il s’avère que les marionnettes et les corrompus sont tous dommageables et préjudiciables pour le changement véritable dont nous rêvons tous.  Malheureusement, force est de constater que nous n’avons pas eu le courage d’initier ce grand chambardement, en raison de notre attachement excessif aux intérêts mesquins de classe, notamment.  Ainsi donc, nous faisons face à un constat d’échec des élites et des masses défavorisées.  Celles-là en particulier, au lieu de servir de boussole à la population, l’ont plutôt entraînée dans l’anarchie et le chaos, en raison de leur démonstration manifeste d’incompétence et surtout d’ignorance, non seulement de notre histoire, mais également des plus hauts intérêts nationaux.  Il y aurait donc lieu d’affirmer avec l’autre, que « la politique est trop importante pour être laissée entre les mains des politiciens ».  

Au-delà des responsabilités de surface de nos dirigeants dépourvus de tout sens d’appartenance et de sentiment identitaire, le tissage de la toile complexe des prises de décisions nationales implique de nombreux facteurs, des considérations économiques aux dynamiques sociales et culturelles auxquelles les élites sont appelées à établir les lignes directrices et les actions à prendre pour le salut et le sauvetage national.  Confier cette gestion, uniquement à un système politique contrôlé par des forces externes de doublure, soulève en effet des questions majeures sur l’authenticité de la représentation et la perte potentielle de contrôle sur le destin collectif.  Nul n’est sans savoir que le paysage politique ayitien est, plus que jamais, et à bien des égards, la cible, voire la victime d’un système mafieux bien organisé, contrôlé pour les résultats que nous connaissons tous, selon un agenda politique bien défini, par les agents qui agissent dans l’ombre.  Au cours des trois dernières décennies, cette influence s’est tellement enracinée, qu’elle semble être légalisée.  Les implications d’un tel système se font sentir dans toutes les sphères d’activités, sur toute l’étendue du territoire, car les décisions des agents internationaux, via les classes dominantes, sont celles qui façonnent la trajectoire de la vie nationale, tout en étant guidées par des intérêts transnationaux et internationaux, au détriment du bien-être de la population ayitienne.  En conclusion, cette mafia politique légalisée remet en question les principes fondamentaux de la démocratie et de la responsabilité citoyenne, et conduit à l’illusion du contrôle du pays par les élus sélectionnés par la communauté internationale.

Dans ce théâtre macabre, la perte accrue de contrôle du pays par les nationaux devient un problème majeur, si ce n’est le plus crucial, dont les citoyens conséquents, qui sont appelés à prendre les rênes du pouvoir, auront du mal à se défaire.  La machine politique locale aura beau projeter une image de stabilité, de sécurité apparente et de souveraineté nationale, dans la réalité, le contrôle véritable est détenu par les ambassades les plus influentes, sous l’égide du Core Group.  Et, s’il n’est pas totalement perdu, à certains égards, ce contrôle véritable est rendu très précaire en ce moment.   En effet, depuis l’élection de Jean-Bertrand Aristide, en 1991, l’équilibre délicat, requis pour une société fonctionnelle, devient, en Ayiti, une simple illusion.  Le droit de vote des citoyens est remis en question, car leur participation à l’exercice de leurs droits civiques est bafouée par des intérêts autres que les leurs.  Il nous faut donc naviguer vers la transparence, la responsabilité et l’engagement citoyens, pour pouvoir démasquer les marionnettistes et les corrupteurs.  Cela nécessite un effort concerté pour changer les données par le biais d’un nouveau narratif et de nouveaux paradigmes, en vue de réclamer et de garantir l’authenticité de la représentation politique, dans un processus démocratique véritable.  La transparence et la responsabilité doivent être au premier plan de cette transformation. Ayiti a besoin d’une renaissance politique où le pouvoir réside véritablement dans le peuple, par le peuple et avec le peuple, c’est-à-dire : d’un système dans lequel des décisions sont prises pour les plus hauts intérêts du pays et au regard du bien-être collectif, non pour des intérêts mesquins et voilés de tierces. 

Tout compte fait, l’assertion selon laquelle : « la politique est trop importante pour être laissée entre les mains des politiciens » prend une signification profonde dans le contexte du paysage politique en Ayiti, plongeant chaque jour davantage la barque nationale au fond de l’abime.  Je ne cesserai jamais de le dire et de le répéter : Ayiti ne s’est point plongée dans l’anarchie et le chaos toute seule.   Des mains invisibles l’y ont conduite.  Démêler la complexité, démasquer les forces invisibles et reprendre le contrôle politique et économique du pays, à savoir le rapatriement de la souveraineté nationale au profit du peuple, sont des étapes impératives pour l’instauration d’une société juste, équitable, autonome et prospère.  Cela se fera par le truchement du développement endogène et durable, pour que nous puissions redevenir la Perle des Antilles, l’exemple à suivre dans la quête incessante de liberté, de dignité, d’humanité, d’hospitalité et de fraternité dans le concert des nations. Le chemin vers un système politique transparent, responsable et inclusif est un appel à l’action, faisant écho à la sagesse de l’observateur perspicace et du dernier des citoyens.  Ceux-ci comprennent l’importance vitale d’une véritable gouvernance démocratique.  Ils savent que même si aucun pays ne peut vivre en autarcie, tous les États indépendants du monde ont cependant le droit d’emprunter la voie de l’autodétermination, librement et sans machination ni chantage ni marchandage d’aucune nature, de la part d’une quelconque puissance internationale. 

26/02/2024

Jean Camille Étienne,

Arch. Msc. en Politique et Gestion de l’Environnement

Administrateur de CrAy, 

Chronique de la Renaissance d’Ayiti.

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