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Kenya, arrête de nous faire languir!

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Le parlement kenyan a donné son feu vert, le jeudi 16 novembre 2023, pour le déploiement des
troupes kenyanes en Haïti qui auront un total de 1 000 policiers. Cette décision arrive quelques
jours après que le gouvernement kenyan ait posé des conditions pour l’arrivée de ses troupes en
Haïti. C’est désormais fait ! Le pays doit diriger une mission soutenue par l’ONU en Haïti, visant à
faire face à la violence des gangs, en vue de rétablir la paix et la sécurité. Toutefois, le déploiement
devrait attendre la décision de la Haute Cour de Justice. Des citoyens avaient porté plainte contre la
décision du président kenyan, William Ruto, de déployer des troupes kenyanes en Haïti. La décision
de la Cour se fait attendre.
Le 7 novembre dernier, le ministre de l’Intérieur du Kenya a affirmé que le Kenya n’enverra
pas de policiers en Haïti au sein de la MMSS, tant que les ressources financières ne seront pas
mobilisées. Selon le ministre Kithure Kindiki, le budget global pour le déploiement des policiers
pendant un an, qui vise à rétablir le calme dans ce pays des Caraïbes en proie à des gangs contrôlant
des régions entières du pays, s’élève à 600 millions de dollars. «À moins que toutes les ressources
ne soient mobilisées (…), nos troupes ne quitteront pas le pays», avait-il affirmé devant une
commission parlementaire, demandant que le financement soit assuré par les «États membres des
Nations Unies».
Le Kenya s’est déclaré prêt à fournir jusqu’à 1000 policiers, et Kithure Kindiki a déclaré que
onze pays se sont également engagés dans la mission, sans les nommer. «Nous n’envoyons pas une
force d’occupation, nous envoyons une force pour soutenir les structures déjà existantes dans ce
pays, sur la base de leur demande», avait-il assuré.
Le Kenya a déjà participé à plusieurs opérations de maintien de la paix dans des pays voisins
(RDC, Somalie) et dans diverses parties du monde (Liberia, Timor oriental, ex-Yougoslavie…).
Par ailleurs, le vendredi 17 novembre 2023, le Conseil permanent de l’Organisation des
États Américains (OEA), lors de sa séance ordinaire, a adopté par acclamation une résolution sur la
situation en Haïti, visant à «Fournir une assistance intégrée à Haïti, en matière d’aide humanitaire,
d’élections, de renforcement de la démocratie, de protection des droits de la personne et de
développement intégré, en collaboration avec la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité et le
groupe de Personnalités Éminentes de la CARICOM». À la suite de cette adoption, l’Ambassadeur
Américain à l’OEA, Francisco O. Mora a déclaré ceci.
«Monsieur le Président, chers collègues, les États-Unis se félicitent de l’adoption
aujourd’hui de la résolution du Conseil permanent de l’OEA, concernant la situation sécuritaire en
Haïti. Cette résolution représente une étape cruciale dans la résolution des défis urgents auxquels
Haïti est confrontée et réaffirme notre engagement collectif à soutenir le peuple haïtien dans sa
quête de paix, de sécurité et de stabilité. La nouvelle mission MMSS, lancée à la demande du
Gouvernement haïtien, du Secrétaire Général de l’ONU et de divers membres de la société civile,
répond au besoin urgent de lutter contre l’insécurité et de fournir un soutien immédiat à la Police
Nationale d’Haïti. Son succès dépend d’un effort véritablement multinational, et nous exhortons
tous les autres États membres de l’OEA, à contribuer au financement, à l’équipement, à la
formation et au personnel pour assurer le succès de la mission. Bien entendu, nous reconnaissons
que la résolution ultime de la situation en Haïti doit être déterminée par le peuple Haïtien lui-même.
Ensemble, nous pouvons faire une différence dans la vie du peuple haïtien et l’aider sur le chemin
de la paix, de la stabilité et de la prospérité.»
Pour sa part, Sir Ronald Sanders, Ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda, Président du Conseil
permanent de l’OEA, a déclaré: «Alors que nous concluons la réunion d’aujourd’hui, il est crucial
que nous réfléchissions profondément au sort continu du peuple haïtien. La résolution des
problèmes d’Haïti ne s’arrête pas au désarmement des gangs ; ce n’est qu’une porte d’entrée vers
une transformation économique et sociale plus large et plus que nécessaire.
Le peuple haïtien, qui endure tant de souffrances depuis si longtemps, mérite un avenir
conforme aux principes fondamentaux d’une société civilisée et prospère. Il mérite des opportunités
d’emploi qui lui offrent à la fois des moyens de subsistance et un chemin vers une vie digne. En

outre, il est de notre responsabilité collective de veiller à ce que l’ombre de la dictature et le fléau de
la corruption disparaissent de leur vie. Le peuple haïtien ne mérite rien de moins que la possibilité
de prospérer dans son propre pays et dans des circonstances où ses droits sont protégés, sa voix est
entendue et ses rêves sont réalisables, et les femmes haïtiennes méritent une vie sans violence ni
viol.
Quittons cette réunion en sachant que notre travail ne s’arrête pas là ; mais nous devons
définir les bonnes priorités, en consacrant nos efforts et nos autres ressources à un programme utile
et significatif.»
Emmanuel Saintus

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