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Plus que politique ou d’aucune autre nature, la crise ayitienne est anthropologique
Plus que politique et économique, la problématique ayitienne, tout au moins dans une perspective de
mise en évidence de sa complexité, est d’ordre anthropologique, avec tout ce que la notion charrie
derrière elle, en termes de composantes et d’implication, en ce sens qu’elle est la résultante des
interactions et compénétration du sociétal (sociologique et social), du culturel et, bien sûr, des
caractéristiques intrinsèques de l’homme et de la femme ayitiens. C’est, à juste titre, cette nature
complexe et indéfinie qui nous maintient aujourd’hui encore, après autour de deux siècles d’histoire de
la décadence d’un empire qui n’a jamais eu ni le temps ni la préoccupation de se construire, sur la base
de la cohésion et de l’inclusion sociale, de l’équité et de la justice, de l’éducation et du bien-être de la
population, indépendamment de son origine ethnique, de son rang social, de sa chapelle politique et de
sa confession religieuse, pour ne mentionner que cela, et non sur celle d’exclusion et de marginalisation
de la grande majorité de la population, en faveur du strict bénéfice et des intérêts mesquins d’un petit
groupe d’affairistes, de l’insécurité à tous les points de vue, de l’instabilité, de la destruction des
institutions et de l’État, dans son ensemble, comme nous sommes en train de le vivre, depuis tantôt trois
décennies.
Ainsi, il est temps que nous consacrions du temps à la construction de l’empire dessalinien, en
vue d’une Ayiti État-nation. Je conviendrai donc avec mon ami et frère, MSc. Witchner Orméus, que
tout ceci n’est possible que par le truchement de la redéfinition de «l’homo ayitianitus», concept dont il
a la paternité.
Par ailleurs, nous devons également nous rendre à l’évidence que notre plus grand problème, ce
n’est pas uniquement le blanc, mais nous, nous et nous. Car, comme j’aime à me répéter, ceux-là qui
nous ont dirigés, jusqu’à date, n’ont point été des extraterrestres, pour le moins, dans la majeure partie
des cas, apparemment. Il s’agit de fils et de filles du terroir, que nous avons formatés, et qui doivent tout
à la Patrie commune, mais qui ont plutôt choisi de comploter avec nos bourreaux contre les plus hauts
intérêts nationaux. Si la politique n’est autre que le reflet de la société, avec ses torts et ses travers, il est
donc impossible de la priver de ses atavismes populaires. Par cet acte, le message lancé à la société,
avec l’avènement d’un quelconque individu au timon des affaires nationales, c’est : voici la crème des
crèmes que nous ayons. Pourtant, ce sont des Conzé qui s’enorgueillissent de livrer le pays pour une
pitance : pouvoir, gloire et privilèges.
Pour conclure il convient de signaler, qu’au lendemain même du triomphe de l’indépendance, le
1 er janvier 1804, ils avaient résolu d’assassiner notre Père fondateur, l’Empereur Jacques 1 er . Et, ce
faisant, dès lors, c’était la contre-révolution qui avait triomphé, avec ses kyrielles d’anomalies,
d’injustices, d’obscurantisme, d’inégalités et du choix délibéré d’être esclaves. La bonne nouvelle: c’est
que ce temps est bel et bien révolu. Puisqu’il est passé, il faut le dépasser et le surpasser. Il suffit de
repartir du bon pied. La solution est donc, sachant que c’est un processus qui nous a amenés là où nous
sommes aujourd’hui, au processus inverse de se signer et de le redresser. Donc, aux sociologues et
psychologues de mettre au propre leur devoir. Toute la nation leur en saura gré, comme elle l’a été et le
demeurera à l’égard de Justin Lhérisson, pour le plus grand hommage jamais rendu à nos ancêtres, à
travers «La Dessalinienne», cette ode à la patrie dont j’aime à entonner le 5 e couplet consacré à notre
Bicolore:
Pour le Drapeau, pour la Patrie !
Mourir est beau.
Notre passé nous crie :
Ayez l’âme aguerrie !
Mourir est beau
Pour le Drapeau, pour la Patrie !
Mourir est beau

Pour le Drapeau, pour la Patrie !
En guise de Bonne Fête du Drapeau, je vous propose cette petite réflexion. Aucune nation ne
peut connaître le progrès et la prospérité, si elle ne consent à se livrer à la périlleuse aventure du
changement de mentalité. Pour que les occidentaux, particulièrement l’Europe, soient devenus ce qu’ils
sont aujourd’hui, il leur a fallu cette rupture brusque avec le Moyen-Âge. Ainsi donc, la Renaissance
ayitienne s’avère plus qu’une nécessité, mais plutôt une obligation.
Jean Camille Étienne
Arch. M. Sc., en Politique et Gestion de l’Environnement
18/05/2023
E-mails : camilingue@hotmail.com / jeancorreo@yahoo.ie

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