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L’assassin officiel de Miragoâne

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On interroge la nature du silence du Core Group face aux agissements de ce tueur officiel. Est-ce un
silence, complice? Approbateur ou méprisant? De toute manière, ce silence détonne avec la
promptitude habituelle de condamner les écarts venant souvent par-ci et un peu moins par-là. On
comprend l’indifférence du Rapporteur Spécial sur les Exécutions extrajudiciaires, sommaires ou
arbitraires des Nations Unies.
Dans cet épisode de la série mafieuse qui se déroule dans le pays, il y a des gens qui se sont
trompés de bonne foi. Ce n’est pas facile de se faire une idée précise de la situation, quand le
gouvernement et les tenants du système ont mobilisé une horde d’agents pour induire les gens de bonne
foi en erreur et voire qu’il y a de petits malins qui pensent tirer un quelconque avantage en suivant le
courant.
L’action de ce tueur à Miragoâne est dans la continuité de la stratégie de terreur orchestrée par
le Gouvernement, ses patrons et les Gangs. Sa présence dans cette zone a plusieurs fonctions. D’abord,
il est une avant-garde pour les dealers du grand sud. Il symbolise une idée de la frange esclavagiste de
la société haïtienne qui veut rétablir la peine de mort (pour les pauvres, bien sûr). Et, en dernier lieu, le
gouvernement peut l’utiliser comme une mauvaise publicité pour dire qu’il combat les gangs.
Cela ne prendra pas longtemps pour savoir quel trafic que ce bonhomme couvre à travers ses
agissements. Dans l’histoire récente, rappelez-vous de quelques partisans zélés des pouvoirs antérieurs
et vous saurez quel est son incitatif.
La plupart de ses victimes semblent répondre à des délits de faciès ou résider dans un mauvais
quartier. Il n’y a pas de tribunaux d’exception en Haïti. L’article 6 du Pacte International relatif aux
droits civils et politiques reconnaît le droit inhérent de toute personne à la vie, précisant que ce droit
«doit être protégé par la loi» et que «nul ne peut être arbitrairement privé de la vie».
La population est soumise à l’arbitraire quotidiennement mais, quand des donneurs de leçons
veulent faire croire que l’arbitraire est la norme, il faut que ceux qui croient que ceci est un mal qui doit
être combattu, se lèvent.
Le gouvernement profite de l’émotion que suscite les peines subies par la société de la part des
malfrats pour cacher sa connivence avec les gangs et maintenir un innommable à cette fonction de
représentant de la société qui devrait avoir une honorabilité certaine. Les quelques rares voix qui se
sont élevées contre cette ignominie ont dû se taire, face à la furie des agents d’intoxication. «On ne peut
pas être le juge de sa propre cause» est un des fondamentaux du droit. Un commissaire de
gouvernement est une partie. Il ne peut pas être juge et bourreau à la fois. Que dire, du principe du droit
au recours.
Il y a beaucoup d’entre nous qui n’ont plus d’état d’âme, bref ces âmes vendues de la nation.
Déni, hypocrisie mise à part, selon votre position sur cette question, vous vous mettez à nu, on peut
même savoir si vous êtes plus bêtes que méchants.
Guy Craan MD, MSc.
gmcraan@hotmail.com

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