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Plus aucun semblant d’ordre constitutionnel en Haïti

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Plus aucun semblant d’ordre constitutionnel en Haïti
Le lundi 9 janvier 2023 a marqué la fin du mandat des dix derniers sénateurs de la République
d’Haïti. La fin du mandat des dix sénateurs, formant le dernier tiers du Sénat, n’émeut pas les
acteurs politiques haïtiens. Une grande majorité de dirigeants politiques font peu de cas du
départ des dix sénateurs, arguant que leur mandat n’était que symbolique.
La fin du mandat du tiers restant du Sénat a pris fin dans un contexte de crise
multidimensionnelle, marquée par une aggravation des conditions socio-économiques de la
population et par un climat de terreur sans précédent, instauré par les gangs armés qui
contrôlent, en toute impunité, plusieurs pans du territoire national, dont une grande partie de
la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince. L’une des dernières dispositions de la
Constitution du pays, qui existait encore, même si ce n’était qu’à peine, a pris fin à minuit,
avec l’expiration du mandat des dix derniers sénateurs du pays. La sortie du dernier échelon
du Sénat de 30 sièges, laissera Haïti sans Parlement, puisque le pays n’a pas réussi à organiser
des élections législatives en temps voulu en octobre 2019.
L’ex-député, Béguens Théus, regrette que les sénateurs aient raté l’occasion de jouer
un rôle politique de premier plan, quoique dépourvu de réel pouvoir législatif. «C’est la
première fois, dans l’histoire d’Haïti, qu’un chef de l’Exécutif dispose d’autant de pouvoir», a
pleurniché l’ex-député de La Gonâve, Béguens Théus. Les sénateurs pratiquaient une
politique de laisser-faire, a expliqué le dirigeant politique, Jean Renel Sénatus, qui condamne
ce qu’il qualifie de politique de bras croisés des dix sénateurs qui n’ont pas été utiles à la
République.
Le reproche de l’ex-sénateur s’articule sur l’aspect politique de la crise. Admettant que
les dix sénateurs n’avaient à leur disposition aucun outil légal, il soutient qu’ils devraient sans
cesse exiger une bonne gouvernance du Premier Ministre Ariel Henry. Ceci aurait peut-être
changé la donne et forcer les représentants de la Communauté Internationale à prendre
position pour les élus, juge M. Sénatus. À posteriori, il croit qu’une lutte entre élus et nommés
aurait été profitable aux sénateurs.
Les noms des dix sénateurs, dont le mandat est arrivé à expiration, sont: Joseph
Lambert (Sud-Est), Patrice Dumont (Ouest), Kédlaire Augustin (Nord-Ouest), Pierre François
Sildor (Sud), Garcia Delva (Artibonite), Rony Célestin (Plateau Central), Jean Rigaud
Bélizaire (Grand’Anse, une partie du Sud-Ouest)), Denis Cadeau (Nippes, autre partie du
Sud-Ouest), Jean Marie Ralph Féthière (Nord), Wanique Pierre (Nord-Est).
Comme les élections de renouvellement n’ont jamais eu lieu, il n’y a pas de
successeurs pour les remplacer, comme ce fut le cas après le départ de la Chambre des
Députés et des 2/3 du Sénat. Les élections, visant le renouvellement du personnel politique,
tardent depuis plusieurs années.
Pour l’instant, il n’y a aucun élu (ni président, ni sénateur, ni membres de conseils
municipaux et de conseils d’administration de sections communales / CASEC), avec la fin du
mandat, le lundi 9 janvier 2023, des dix sénateurs qui étaient restés en fonction au Sénat,
après le départ des députés et des deux tiers du Grand Corps.
Par ailleurs, le dimanche 8 janvier 2023, au matin, des individus lourdement armés ont
ouvert le feu sur le véhicule de l’ex-président du Sénat, Joseph Lambert, au rond-point du
Bicentenaire, non loin de l’ancien local du Parlement. Blessé au niveau du visage par des éclat
de verre, le sénateur n’a pas été touché par balle, selon les informations disponibles.
L’ex-sénateur Lambert a été transporté d’urgence dans un centre hospitalier de Port-
au-Prince où il a subi une opération au niveau d’un œil. Selon les médecins, son pronostic
vital n’est pas engagé et il reste en observation. Rappelons qu’en novembre dernier, le
Président du Sénat a été sanctionné par les États-Unis et le Canada pour son implication
présumée dans le trafic de drogue, la corruption et de graves violations des droits humains.

Emmanuel Saintus

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