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Insécurité: à quoi servent ses soi-disant forces de sécurité en Haïti

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On ne saurait croire que des policiers formés et qui ont pour mission de «protéger et servir» prennent le malin plaisir de fuir face aux bandits armés. Ils (ces policiers) ont seulement la capacité de casser les mouvements légitimes des masses tels que la manifestation des ouvrières et ouvriers qui réclament un salaire journalier, une pitance de 1500 gourdes, de malmener de paisibles citoyens, de traquer les étudiants et les élèves qui protestent contre les kidnappings de leurs camarades, d’exécuter des journalistes.

Ces policiers, qu’on paye avec les taxes de paisibles citoyens haïtiens, sont là seulement pour traquer les faibles, les manifestants mais au moindre geste des kidnappeurs, des bandits, ils (policiers) prennent la poudre d’escampette pour revenir quelques heures après, avec pour mission d’empêcher toutes protestations contre le kidnapping.

En effet, le vendredi 11 mars, dans la zone de Poste-Marchand, à proximité de Lalue, des individus lourdement armés ont tué une personne et enlevé le Directeur du Collège Jacques Roumain, M. Ernst Lafleur, son épouse et une troisième personne non identifiée. Ce triple enlèvement et cet assassinat se sont effectués en face du sous-commissariat de police de Poste-Marchand, aux yeux et au nez des policiers qui ont fui, lors des tirs nourris des bandits qui ont fait un mort et des blessés parmi les citoyens qui vaquaient à leur occupation.

Au cours de ce week-end, plus d’une dizaine de personnes ont été enlevées à la capitale, Port-au-Prince, notamment dans la région métropolitaine.

Du mois de janvier au mois de mars 2022, seize (16) policiers sont tombés sous les balles assassines des bandits armés, selon le responsable de l’un des syndicats de police SINAPOHA, l’Agent II, Lionel Lazarre.

C’est chacun pour soi et pour son clan…

Le lundi 14 mars, la capitale, notamment la zone de Bas-Peu-de-Chose, a été complètement bloquée par des individus qui réclamaient la libération des personnes enlevées par des bandits. Une résolution adoptée par l’Assemblée Générale des avocats du Barreau de Port-au-Prince demande aux avocats de s’abstenir de fréquenter le Tribunal de Première Instance, au Bicentenaire, en raison du climat d’insécurité. Berto Dorcé, le ministre de la Justice, se dit en désaccord avec cet arrêt de travail qui ne règlera pas le problème et rappelle au Barreau que des démarches sont en cours pour la relocalisation du TPI.

Les médecins sont appelés à observer 3 journées de grève à partir du lundi 14 mars 2022. Il s’agit de protester contre l’enlèvement et la séquestration des médecins Michel D’Alexis et Pierre Boncy.

Le jeudi 10 mars, le policier Henry Marc Milians, affecté à la Brigade de Lutte contre le Vol de Véhicules, de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), a été enlevé à son domicile dans la zone de Canaan 2, (commune de la Croix-des-Bouquets), par des individus armés non identifiés qui l’ont par la suite abattu. Son cadavre a été abandonné dans la rue, à proximité de l’Hôpital Communautaire de Bon-Repos.

Le samedi 12 mars, la tension montait d’un cran dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, à la suite des tirs provenant de divers quartiers adjacents du Bel-Air, entraînant une panique au sein des marchands ambulants et de la population civile.

Village de Dieu: l’enfer de la PNH

Entre temps, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a commémoré, le samedi 12 mars 2022, le 1er anniversaire du drame de Village-de-Dieu. En mémoire des cinq policiers assassinés le 12 mars 2021, à Village-de-Dieu, entrée sud de la capitale, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a fait chanter, ce samedi 12 mars 2022, une messe de requiem. Cette cérémonie a été dirigée par le Révérend Père Jean Robert Louis, aumônier de la PNH à l’École Nationale de Police (ENP), située sur la route de Frères, Pétion-ville.

Les effigies des victimes, à savoir Renois Vivender, Désilus Wislet, EugèneStanley, Ariel Poulard et Lucdor Pierre, ont été exposés au pavillon de l’école de Police, selon une note du Service des relations publiques de l’institution policière. Le Directeur Général a. i. de la PNH, Frantz Elbé, des agents de plusieurs unités, des cadres supérieurs, intermédiaires ainsi que des membres du personnel administratif de la PNH et des représentants du Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH) ont participé à cette cérémonie.

En marge de la cérémonie, le Commandant en chef a. i., Frantz Elbé, et les membres du haut commandement, accompagnés de la fanfare de la DGPNH, ont déposé une gerbe de fleurs au pied du mémorial historique à l’École Nationale de Police, pour honorer la mémoire des policiers disparus. À rappeler que Georges R. Vivender, Désilus Wislet, Eugène Stanley, Ariel Poulard, Lucdor Pierre, 5 policiers tombés en devoir sous les balles des bandits de Village-de-Dieu, lors de l’opération du 12 mars, un an après, les restes de ces policiers sont toujours au Village-de-Dieu, la police n’ayant jamais pu les récupérer.

Par ailleurs, l’expert en sécurité publique, Réginald Delva, appelle la société civile Haïtienne à s’impliquer dans les efforts pour combattre le kidnapping. Il exhorte les entreprises à fournir des informations aux forces de l’ordre, en vue de faciliter la traçabilité des fonds liés au kidnapping. L’accès aux informations permettraient aux forces de l’ordre de traquer et d’appréhender les chefs de gang. Le spécialiste plaide pour des actions proactives des élus, dans le cadre du kidnapping. Il donne en exemple la synergie existant entre les sénateurs, les anciens élus, et les maires dans le Sud-Est pour combattre le kidnapping. Il recommande cette cohésion entre les élus dans l’Ouest qui doivent renforcer les actions des forces de l’ordre. Par ailleurs, M. Delva insiste sur la nécessité pour que les entrepreneurs paient leurs redevances fiscales. Les pertes sont de l’ordre de 600 millions de dollars par an pour la douane et la DGI. De plus, il recommande aux autorités de mettre en place des structures pour retracer les armes à feu. Il soutient que des pays étrangers peuvent fournir une assistance aux policiers haïtiens.

En outre, l’immigration, les douanes et le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis ont officiellement ouvert un bureau permanent de Home Security Investigation (HSI), à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, en Haïti, a révélé un communiqué, datant du 2 mars 2022. Les postes permanents en Haïti visent à renforcer davantage les relations avec le pays pour lutter contre les crimes liés aux gangs, traduire les criminels en justice et assurer la sécurité publique, selon ce communiqué.

Le directeur exécutif associé (EAD) de HSI, Steve Francis, a rejoint le chargé d’affaires, Kenneth Merten et le chef de mission adjoint, Nicole Thériot, pour une cérémonie d’inauguration du nouveau bureau.

HSI Port-au-Prince développera et favorisera des relations avec les partenaires des institutions haïtiennes chargées d’application de la loi du gouvernement hôte pour échanger des informations, coordonner et soutenir les enquêtes, et faciliter les actions d’application de la loi et les poursuites pour dissuader les organisations criminelles transnationales, les gangs, la contrebande, peut-on lire dans ce communiqué.

Emmanuel Saintus

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