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Trois années de mensonges…

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Le Président Jovenel Moïse, qui tente d’accélérer la normalisation de ses relations avec certains responsables politiques ripoux, ainsi qu’avec ses alliés et amis, cherche à tirer le meilleur parti de la situation, pour faire avancer ses objectifs anti-peuple. Pendant ce temps, la Communauté internationale, les courtiers nationaux et internationaux, certains dirigeants politiques croupions et certains responsables des organisations de la société civile et des droits de l’Homme, observent le mutisme, face aux nombreuses violations du régime dans divers cas, au cours de ces trois ans. Pour les observateurs, les événements récents (les tentatives de dialogues) témoignent d’une fuite en avant du régime et de ses courtiers, pour éviter la reconnaissance de leurs échecs dans le pays. Le pouvoir et ses flatteurs auraient tout intérêt à éviter de continuer à patauger dans des propagandes mensongères. Car il serait éminemment difficile pour Jovenel Moïse, pour les courtiers et autres politiciens ripoux inféodés au régime en place, de se justifier aux yeux de l’opinion publique.

En effet, le vendredi 7 février, en marge d’une interview accordée à l’agence «Associated Press» (AP) dans sa résidence à Pèlerin 5, sur les hauteurs de Port-au-Prince, le Président Jovenel Moïse s’est montré optimiste sur une issue positive des négociations avec l’opposition, sur un partage du pouvoir, pour mettre fin à la crise. «Cela me rend optimiste de voir mes frères et sœurs de l’opposition politique, de la société civile et des groupes religieux […] je pense que nous sommes à la croisée des chemins,» (je suis) convaincu d’un accord « […] s’il y a de la bonne volonté de la part des personnes concernées pour trouver une voie à suivre avec un calendrier réaliste […] ». Jovenel Moïse ne comprend rien d’autre, que son pouvoir. Pour continuer à étaler sa position, il a déclaré qu’il accepterait un Premier ministre de l’opposition et un mandat raccourci, mais seulement après l’adoption d’une réforme de la Constitution, renforçant la Présidence, ajoutant qu’il ne remplirait qu’un seul mandat et qu’il ne sera donc pas le bénéficiaire des pouvoirs renforcés d’une présidence. « Deux concessions »: la réduction de son mandat et un Premier Ministre de l’opposition, sans grande portée, puisque la convocation d’une Assemblée Constituante, pour réécrire la Constitution, prendra certainement tout le temps qu’il reste à son mandat. Dans ses dires, Jovenel Moïse a fait savoir que la Constitution d’Haïti de 1987 avait été rédigée après la fin de trois décennies de dictature et qu’elle était destinée, en partie, à empêcher l’émergence d’un autre homme fort, en limitant les pouvoirs présidentiels. « La Constitution de 1987 a enlevé tout pouvoir aux mains du Président », majorant que ses efforts pour améliorer les conditions de vie de la population avaient été contrecarrés durant ces trois premières années au pouvoir, en raison de l’exigence Constitutionnelle selon laquelle, le Parlement doit approuver pratiquement toutes les actions importantes du Président. Dans la réforme constitutionnelle, il envisage, entre autres, que les propositions présidentielles passent automatiquement, si le Parlement ne les vote pas dans les 60 jours, et que tous les mandats politiques: députés et sénateurs, soient de 5 ans, pour éviter les multiples élections et leur lots de problèmes. « Nous devons tous nous réunir et conclure un accord, même si cet accord n’est pas accepté par tout le monde. Vous aurez des radicaux, des extrémistes qui ne signeront pas, qui ne l’accepteront pas, mais cela ne tuera pas la République.»

Par ailleurs, le Secrétaire Général du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), Éric Jean-Baptiste, a dressé le mercredi 5 février 2020, un maigre bilan des trois premières années de Jovenel Moïse au pouvoir. « S’il est vrai que le Président a pris des décisions utiles, notamment la mise sur pied du Programme d’Appui à l’Entrepreneuriat Jeunesse (PAPEJ), il n’a cependant pas honoré la majorité de ses promesses de campagne», a dit le Secrétaire Général du RDNP. Pour sa part, le conseiller politique du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), Gérard Evans Beaubrun, qui a représenté cette structure aux négociations tenues la semaine dernière à la Nonciature Apostolique, a fait savoir que les pourparlers entre le pouvoir, l’opposition et la société civile, devraient recommencer le vendredi 7 février. Et de poursuivre que le RDNP continuera à faire comprendre, au Président Jovenel Moïse, la nécessité pour lui d’écourter son mandat, s’il souhaite vraiment une résolution rapide et pacifique à la crise multiforme qui gangrène le pays depuis des lustres.

Emmanuel Saintus

 

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