Il y a des moments dans la vie où, indépendamment de notre volonté, on se fausse à soi-même compagnie, tout en s’évertuant volontiers à rompre avec la solitude, l’orgueil et le narcissisme, pour s’ouvrir et s’offrir à autrui… Les circonstances mêmes de la vie se chargeront de nous porter à réaliser que nul ne peut vivre en autarcie et que l’existence, bon gré mal gré, a toujours oscillé autour du don inconditionnel, infaillible, immanquable, inévitable et indéfectible de soi, au point même d’avoir notre cœur palpitant dans un autre corps.
Très probablement, on sera tout surpris de voir qu’on est condamné à la peine capitale du vivre ensemble, jusqu’à l’arrivée des calamités de l’heureux jour du grand départ, où on est appelé à faire cavalier seul. C’est une loi naturelle, il n’y a point besoin d’en faire un drame … Sans trêve, je me repose toujours cette même question qui ne cesse de me chiffonner l’esprit : en fin de compte, combien nous coûterait-il, d’ouvrir le plus largement possible la porte de notre cœur, à ceux que, pour une raison ou une autre, la vie a placés sur notre route, non pas pour la rendre minable l’un à l’autre, mais plutôt, pour faciliter le séjour réciproque au tréfonds de soi, à son aise, sous la vigilance de l’amour et de la bonne volonté ?
Il n’y a pas de plus grande source de grâce et de bénédiction, même avec notre prétention d’un athéisme impassible, que celle de l’apprentissage de l’amour, du partage, de la tolérance, du pardon et de la réconciliation !
S’il y a une chose dont je n’ai absolument aucun doute, c’est que, si ce n’est pas aujourd’hui, demain ou après-demain, un jour viendra où tant ma mission que la tienne s’achemineront vers leur fin et, à coup sûr, elles y parviendront. Une chose est certaine, c’est que perdurera pour toujours la lutte entre : l’amour et la haine, la sagesse et l’ignorance, la sensibilité et la méchanceté, la paix et la guerre, et pour faire économie des mots, disons que persistera cette lutte entre nos bonnes et nos mauvaises œuvres, tant que ciel et terre et le dernier des humains ne périssent !
Donc, la vie est trop courte, mes très chers amis, pour que nous nous payions le luxe de la raillerie, des sautes d’humeur, des surenchères, du refus de convivialité, du rejet de la quête implacable de la complicité et de la complémentarité, vouant à l’échec nos désirs d’un lendemain meilleur commun.
Somme toute, il s’avère donc un devoir sacré d’assumer la responsabilité qui nous incombe à tous et à chacun, indistinctement, sans que personne ne nous y oblige, de choisir quel héritage nous voulons laisser à la postérité.
- S. : J’espère que nul ne circonscrive cette réflexion dans un cadre personnel, car, au fait, elle n’est que l’œuvre d’une inspiration désœuvrée et anodine.
Jean Camille Étienne/Camilingue
18/03/18