Elections: les démarches du Président!
La
publication par le Conseil électoral provisoire (CEP) de
la liste définitive controversée des candidats agréés
pour la prochaine présidentielle du 28 novembre 2010 continue
d’alimenter la polémique au sein des secteurs de
l’opposition qui dénoncent la mainmise du président
de la république, René Préval, sur le processus
électoral.
Plusieurs candidats écartés de
la course présidentielle affirment leur volonté
de ne pas se laisser faire et exigent de l’institution électorale
de leur permettre de reprendre leur place dans la bataille électorale.
Ils ne devraient pas y participer tout bonnement. Mais, c’est
le cas principalement de l’ « étoile »
de la musique hip hop, Wyclef Jean, dont le conseil d’avocat
annonce des recours à la décision jugée intéressée
du CEP. «L’affaire sera portée par devant la
Cour de cassation, la plus haute instance du système judiciaire
haïtien, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux
administratif, et de la Cour interaméricaine des droits
de l’homme. Nous allons épuiser toutes les voies
de recours jusqu’à ce que nous obtenions satisfaction»,
a fait savoir Me Jean Renel Sénatus, l’un des avocats
de Wyclef Jean qui aurait été rejeté par
la machine électorale pour n’avoir pas résidé
cinq années de suite au pays avant la date des élections
conformément à la loi. «Le juge électoral
a posé un veto, violateur des droits de la personne humaine»,
a dénoncé Me Sénatus.
De son côté, l’ancien président
de la chambre des députés et dirigeant du parti
«Viv Ansanm», Pierre Eric Jean-Jacques, a assimilé
à des manœuvres politiques le rejet de la candidature
du chanteur Wyclef Jean. «Ce sont ceux-là qui ne
voulaient pas de Wyclef Jean dans la course qui ont orchestré
le coup. Il s’agit d’une décision politique
qui appartient au pouvoir en place» a critiqué le
responsable de «Viv Ansanm», le parti sous la bannière
duquel le fondateur de l’organisation Yélé
Haïti a présenté sa candidature.
Selon le coordonnateur du Collectif du renouveau
haïtien (COREH), le sénateur Youri Latortue, les conseillers
se seraient désavoués en publiant une pareille liste.
«Ils n’ont même pas respecté leurs propres
mots. Plusieurs candidats ont vu leurs dossiers acceptés
sans soumettre le rapport favorable de la Cour Supérieure
des comptes que le CEP réclamait en lieu et place du certificat
de décharge», a rappelé Latortue qui appelle
ainsi les candidats évincés de la course à
rejoindre la lutte visant au départ du chef de l’Etat
et du CEP.
Même la conseillère électorale
Ginette Chérubin, représentante des organisations
de femme au sein du Conseil électorale provisoire, a désavoué
la liste des 19 candidats agréés par ses pairs en
refusant d’apposer sa signature au bas de celle-ci. «Je
ne saurais cautionner l’élection d’un ancien
fonctionnaire de l’Etat sans le certificat de décharge
de la commission bicamérale du parlement», a-t-elle
fait valoir. Néanmoins, elle aurait fait beaucoup mieux
en démissionnant de son poste pour signifier sa volonté
de respecter la loi.
Pour sa part, le candidat agréé
à la présidence du parti «Renmen Haïti»,
Jean Henry Céant, a pointé du doigt le chef de l’Etat
qui, selon lui, serait impliqué dans des menaces de mort
qui seraient conférées à son encontre. «Je
prends très au sérieux ces menaces, mais je ne me
laisserai pas intimider. Je vais continuer le combat car je suis
engagé dans une lutte pour la démocratie et le changement.
Ce sont des proches du pouvoir, des gens qui appellent pour me
dire qu’ils vont m’éliminer avant les élections»,
a dénoncé le notaire Jean Henry Céant, tout
en faisant une propagande pour rehausser son image personnel,
qui a profité pour critiquer l’attitude de M. Préval
qui, selon lui, serait prêt à tout, sans exception
pour garder le pouvoir. « Le CEP est littéralement
instrumentalisé par le président Préval qui
dispose d’un outil pour désigner lui-même son
successeur», a-t-il déclaré.
En dépit de tout, pourtant, le Conseil
électoral provisoire jouit de la confiance des secteurs
de la «communauté internationale» qui continuent
d’accompagner le processus. En effet, en marge d’une
visite réalisée le jeudi 26 août 2010 dans
le pays, le secrétaire général de l’Organisation
des Etats Américains (OEA), José Miguel Insulza,
a pris le contre-pied de ceux qui dénoncent la partialité
et l’incapacité du CEP. «Il n’y a aucune
raison pour ne pas avoir confiance dans le processus électoral.
Chaque pays a ses règles en matière d’exigences
faites aux individus désireux de se porter candidats, qu’il
s’agisse de résidence, d’âge, délai
pour se présenter ou les personnes qui ne peuvent pas briguer
un poste électif. Il ne nous appartient pas de déterminer
les règles qui sont les meilleures ou les pires»
a fait savoir le numéro 1 de l’OEA qui, au cours
de sa courte visite, a rencontré le chef de l’Etat,
la ministre des Affaires étrangères, Marie Michelle
Rey, et des organisations de la «société civile».
La situation est telle que le CEP, le président
René et certains candidats qui jouent la comédie
essayent de donner un semblant de sérieux au processus
électoral. Premièrement, le comédien, à
ses heures, le sénateur Jean Hector Anacacis qui fait tout
pour essayer de sortir le président René Préval
du pétrin a fait savoir ce mardi 31 août. «
Ecoutez, le président Préval est un politicien rusé.
Il sait ce qu’il fait. Il prépare le terrain…..
» Mais malheureusement Anacacis, politicien/comédien,
dit Anna, proche de Préval ne joue que sa partition dans
cette tragi-comédie. Il est du même acabit que Préval.
Le CEP lui, vient de donner « un grand coup » qui
n’est que coups d’épée dans l’eau.
Les dirigeants de cet organisme décrié viennent
de mettre à l’écart le président du
Bureau Electoral de l’Ouest M. Barthélémy
pour avoir reçu Mme la mairesse de Pétion-Ville,
candidate à la présidence, Claire Lydie Parent.
N’est-ce pas une manière pour Anacacis qui se targue
toujours d’être un ancien «communiste»
de se mettre au service de Washington ?
D’un autre côté, c’est
le président René Préval sentant que les
choses peuvent dérailler qui joue sa partition dans cette
comédie sans fin. Il rencontre les candidats à la
présidence. Qui, eux aussi, conscients ou non, jouent le
jeu des éternels fossoyeurs de la patrie et des colons.
Les Manigat, toujours en quête de percée Louverturienne,
ont reçu en leur résidence le président René
Préval. Bien entendu, à la demande de ce dernier.
« L’entretien était sérieux, fructueux
et agréablement positif » a dit l’ancien professeur
Lesly F. Manigat. Voyez-vous : ce sont des individus qui n’ont
en fait aucun problème idéologique. Le différend
entre ces politiciens traditionnels se situe tout simplement dans
la forme.
Ce que nous pouvons avancer, c’est que
René Préval, en rencontrant les différents
candidats à la présidence ne veut que les amadouer
afin qu’ils ne quittent la scène, ce qui pourrait
compliquer la situation. C’est tout. Mais, sachant qu’il
a affaire à des opportunistes il prend sa chance. Surtout
qu’il sait que la « communauté internationale
» avalise jusqu’à date ses démarches
ténébreuses. L’avenir, très prochain,
dira le reste. Quand aux opportunistes de quelques partis qu’ils
proviennent ils n’auront que ce qu’ils méritent
: l’opprobre du peuple.
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