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MANIF CONTRE LA RÉPRESSION 24 Novembre, 2004 (Haïti Progès/Port-au-Prince) Tous les artifices avaient été mis en place pour une nouvelle supercherie de la part des autorités de facto pour donner le change. C’est ainsi qu’à l’issue de l’audience civile extraordinaire et publique du lundi 22 novembre présidée par le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jean-Joseph Lebrun, la justice décidait de procéder à l’élargissement de Jean-Marie Samedi arrêté illégalement le 10 novembre dernier par des agents de la Police nationale (PNH). Ce membre de la Cell Le juge Lebrun avait beau jeu de pontifier, en attendant la suite: «Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions du ministère public, déclare illégales et arbitraires l’arrestation et la détention du sieur Jean-Marie Samedi ; ordonne en conséquence sa mise en liberté immédiate s’il n’est retenu pour autre cause; dit que cette décision est exécutoire sur minute nonobstant toutes les voies de recours» disait son ordonnance. Tant de solennité ne pouvait qu’annoncer la suite. Et en effet en dépit de cette décision sans équivoque prise en sa faveur, Samedi est toujours gardé dans les geôles du régime de facto, en flagrante violation de la loi et des droits fondamentaux du prisonnier. Ses bourreaux ont imaginé, comme de coutume, un autre prétexte pour ce faire. Cette fois, il est accusé d’avoir participé à la distribution d’armes à feu utilisées dans les violences enregistrées dans la capitale et il devait comparaître à nouveau le 30 novembre. Tant d’autres dirigeants et membres du parti Fanmi Lavalas croupissent en prison et Jean-Marie Samedi ne fait que s’ajouter à cette longue liste, dont le public ne connaît pas tous les noms, à part les hauts dirigeants comme le Premier ministre constitutionnel Yvon Neptune, son ministre de l’Intérieur Jocelerme Privert, la militante Sœur Anne, etc. On comprend que ce simulacre de justice comme dans le cas de Jean-Marie Samedi n’arrivera pas à tromper grand-monde. Et les militants Lavalas et autres sympathisants du respect du mandat constitutionnel du président Aristide ne sont pas prêts à se démobiliser, comme ils le faisaient encore le vendredi 26 novembre pour commémorer le quatrième anniversaire des élections qui donnaient un nouveau mandat présidentiel à Jean-Bertrand Aristide. Et une fois de plus ils ont été pris à partie par les forces de répression qui les ont contraint à se cantonner à la rue Saint-Martin et au Belair. Ils auront pu quand même faire entendre leurs voix pour en appeler à la fin des persécutions et de la répression contre les habitants des quartiers populaires et à la libération de tous les prisonniers politiques gardés illégalement en prison. «Nous sommes obligés de descendre aujourd’hui dans les rues pour faire entendre nos revendications. Le pays ne peut pas demeurer dans cet état, cela doit changer. Nous voulons de la transparence, de la liberté et la présence physique du président Aristide au pays. En tant que jeunes, si nous prenons nos responsabilités en faveur du président pour qui nous avons voté, c’est parce que nous voulons aller jusqu’au bout dans notre bataille…» a dit un des manifestants qui chantaient et brandissaient des posters géants du président Aristide. «Aujourd’hui les anciens militaires s’associent à la Police nationale pour nous tuer sur l’ordre de Latortue. Il se plaint de manque d’argent pour soulager la misère du peuple alors qu’il achète des armes au marché noir avec la complicité de Baker… Nous n’allons guère lâcher prise.» Dans son dernier rapport sur Haïti au Conseil de sécurité en date du 22 novembre dernier, outre l’annonce de la prorogation du mandat de la Minustah jusqu’au 31 mai 2006, et autres flaflas de rigueur dans ce genre de rapport, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan aura jugé bon cette fois, comme par hasard, d’inviter le «gouvernement de transition… à faire preuve d’un respect authentique et sans défaillance pour les droits de l’homme et les principes juridiques dans la manière dont il traitera les responsables des actes de violence commis récemment», tout en rappelant en même temps que «la détention arbitraire d’individus exclusivement en raison de leurs affiliations politiques constitue une transgression des principes fondamentaux régissant les droits de l’homme». En fait, comme Annan doit bien le savoir, le régime de facto de Gérard Latortue et de ses «technocrates» n’en est pas à une transgression près, et ce n’est pas de gaîté de cœur qu’il aura voulu signaler ces «principes» aux laquais de Washington, mais plutôt que les protestations contre les abus et violations commencent à toucher l’opinion internationale. La libération le lundi 29 novembre du Père Gérard Jean-Juste, bien connu des milieux progressistes de défense des droits de l’homme aux Etats-Unis, tandis que les autres prisonniers politiques sont toujours maintenus en prison, aura-t-il été une concession pour sauver la face à Kofi Annan? De toutes façons la mobilisation du peuple haïtien ni de ses amis internationaux ne saurait se contenter des artifices du gouvernement de facto et des «recommandations» d’Annan pour ne pas s’intensifier. Photo: Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan |
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