Le député Gary Bodeau, serait-il au-dessus de la loi?

Le député Bodeau a répondu aux interrogations du juge instructeur Jean Wilner Morin ce lundi. Le juge d’instruction au tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jean Wilner Morin, avait adressé une correspondance au président de la Chambre des députés, le lundi 16 octobre 2017, dans laquelle, il avait informé le président de la Chambre basse, M. Cholzer Chancy, que « le nommé Gary Bodeau est invité à se présenter en notre Cabinet d’instruction criminelle, le jeudi 19 octobre 2017, à 10 heures du matin ». Le député de Delmas devait répondre aux questions du juge « autour du dossier de l’assassinat d’Alix Mary Junior Gassant, le 24 février 2012, à la suite de la disparition de Joseph Robert François Marcello, ancien Coordonnateur de la Commission Nationale des Marchés Publics. » Toutefois, le député Gary Bodeau ne s’est pas présenté au cabinet du juge. Le président de la Chambre des députés, à qui l’invitation a été adressée, évoque plusieurs vices de forme dans la correspondance du magistrat, avant de lui faire savoir que le parlementaire ne répondra pas à son invitation sans l’aval de l’Assemblée. D’une part, le président de la Chambre des députés, Cholzer Chancy, ne donne pas une suite favorable à la demande du juge. Mais d'autre part, le député de Delmas avait lui-même fait savoir qu’il ne serait pas en Haïti le jeudi 19 octobre dernier et qu’il n’avait vu l’invitation du magistrat que sur les réseaux sociaux. Dans une interview accordée au Nouvelliste, le député Gary Bodeau a confié au journal qu’il n’a rien à voir avec l’assassinat d'Alix Mary Junior Gassant ni avec la disparition de Joseph Robert François Marcello. Le parlementaire estime qu’il est victime d’une tentative visant à salir sa réputation et son image. Le magistrat a rappelé au président de la Chambre des députés, que « le nommé Gary Bodeau a été interrogé en notre cabinet d’instruction criminelle le 28 mars 2012 sur cette même affaire ». Par ailleurs, M. Cholzer Chancy a fait un cours de convenance parlementaire au juge Morin. Le président de la Chambre des députés n’a pas attendu longtemps pour répondre au juge d’instruction, et ceci, moins de 24 heures après avoir reçu la correspondance du magistrat. « Je tiens tout d’abord à vous informer que j’ai accusé réception de votre lettre d’information datée du 16 octobre 2017. Cependant, Monsieur le juge, il s’est avéré qu’un problème de forme a perturbé mon attention en tant que président de la Chambre des députés, au point de vous faire les remarques que voici », a écrit le président de la Chambre basse, avant de les citer. « J’estime que la formule d’appellation et de l’indexation « LE NOMMÉ », attribué à l’honorable député Gary Bodeau ne touche pas à notre convenance parlementaire et que l’attribution du vocable HONORABLE aurait été plus conforme », soutient l’honorable Cholzer Chancy. « Pour le concept « INTERROGATOIRE » que vous avez utilisé dans votre lettre, la fonction de membre du corps législatif qu’exerce l’honorable député Gary Bodeau ne vous assigne aucune compétence pour l’interroger sur une quelconque affaire que ce soit, sans l’aval de son Assemblée qui est instamment en vacances. » a conclu le président qui, après ces points sur les « i », a indiqué que : « Toutefois, ne saisissant pas le libellé, et compte tenu de l’ambiguïté dont elle est étoffée, je me trouve dans l’embarras le plus restreint à y donner une suite administrative ou logique. Tout en vous renouvelant, Monsieur le juge, ma foi en une justice saine et équitable, je vous prie d’agréer mes salutations patriotiques. » Dans la correspondance du juge d’instruction, nous lisons en date du 16 octobre, ce qui suit. « Nous, Jean Wilner Morin, juge d’instruction au tribunal de première instance de Port-au-Prince, vous présentons nos compliments et vous informons que le nommé Gary Bodeau est invité à se présenter en notre cabinet d’instruction criminelle le jeudi 19 octobre 2017, à 10 heures du matin, pour être interrogé une deuxième fois autour du dossier de l’assassinat de Alix Mary Junior Gassant le 24 février 2012, suite à la disparition de Joseph Robert François Marcello, ancien coordonnateur de la Commission nationale des marchés publics.»
Publier le : 28/10/2017   Auteur : Altidor Jean Hervé

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