Entre les problèmes de l’ED’H et la promesse du président, la solution semble être encore loin

C’est Evenson Calixte, le conseiller en énergie de la présidence, qui a vendu la mèche le vendredi 22 septembre 2017 au Centre de convention de la Banque de la République d’Haïti (BRH) où il faisait office de modérateur du panel de discussions sur l’énergie, à l’occasion du Forum sur la compétitivité et l’investissement (FCI) qui s’est ouvert à Port-au-Prince, 48 heures plus tôt. Au moment de clore les débats, après une mise en contexte sur le secteur de l’énergie, à l'ouverture des discussions savamment orchestrées, Evenson Calixte n’a pas usé de détour pour affirmer qu’il comprend la préoccupation des gens concernant la volonté du chef de l’État d’électrifier le pays 24 heures sur 24. Ce dernier dit reconnaître la nécessité de communiquer le plan qui lui permettrait d’y parvenir, de le publier même, afin de le porter à la connaissance du citoyen lambda. Le conseiller faisait donc référence à la promesse du président Jovenel Moïse qui, de passage à Miami en juin dernier, avait déclaré qu’il se « donne entre 18 et 24 mois, pour qu’Haïti ait du courant électrique 24 sur 24 ». Mais jusqu’ici, le président est resté peu loquace, entre autres, sur les sources de financement de son projet. Grâce à Evenson Calixte, les participants à la troisième journée du FCI en savent un peu plus. « Je dirais que le plan a trois axes majeurs : [tout d’abord] la mise en place du réseau national qui interconnectera les différents départements, la mise en place des micro-réseaux intelligents, principalement des énergies renouvelables et [enfin] la mise en place des programmes d’électrification hors réseau, pour arriver à connecter les gens », a-t-il fait savoir, annonçant au passage que pour le programme hors réseau, la priorité ira principalement à l’énergie solaire. « Il s’agit de s’assurer que les bénéficiaires, les paysans, ont chez eux un système qui est financé à 50% par le gouvernement », a poursuivi M. Calixte, assurant que les 50% restants proviennent des programmes de coopération avec des coopératives sur place qui font à leur tour un prêt au taux de 0% au bénéficiaire qui va pouvoir payer ces équipements pendant 24 mois. Il a ensuite cité en exemple la commune de Tiburon où le week-end écoulé, un programme de ce genre a été lancé avec la Caisse populaire du Sud. En présentant la matrice «Énergie» du pays, ce vendredi 22 septembre 2017, au Forum sur la compétitivité et l’investissement (FCI) au Centre de convention de la BRH, Hervé Pierre-Louis, directeur général de l’Électricité d’Haïti (Ed’H), a mis à nu, sans sourciller, la défaillance de l'institution qu’il dirige, qui s’apparente de plus en plus à un tonneau des Danaïdes dans lequel l’argent du contribuable haïtien, plus de 200 millions de dollars américains l’an, ne cesse d’être jeté en subvention. « Aujourd’hui, tous les risques sont pris par l’Ed’H. Il faut que le secteur privé intègre aussi le partage des risques », a martelé Hervé Pierre-Louis, s’en prenant ouvertement au cadre légal qui, selon lui, devrait permettre au secteur d’être attractif pour attirer les investissements et aussi partager les risques. Actuellement, 60% de la production est réalisé par le secteur privé, 40% par la production propre de l’Ed’H qui s’occupe à la fois du transport, de la distribution et de la commercialisation. En communiquant ces données à l’assistance, suspendue à ses lèvres, Hervé Pierre-Louis a également insisté sur la nécessité de réformer l’Ed’H, de moderniser le réseau électrique, en restructurant le système de facturation et de lecture. Car, prévient-il, « plus on produit, plus les pertes risquent d’augmenter ». Pour sa part, Carl Auguste Boisson, directeur général d’E-power, porteur du point de vue du secteur privé, a répliqué qu’« on ne subventionne pas la production de l’électricité, on subventionne les consommateurs ». « Le secteur privé s’attend à ce que le secteur politique prenne ses responsabilités et qu’il fasse preuve de volonté pour arriver vraiment à des solutions durables dans le secteur énergétique en général », a-t-il rétorqué, enjoignant les responsables à rassurer les investisseurs qui, selon lui, ne le seront pas sans une réforme de l’Ed’H.
Publier le : 02/10/2017   Auteur : Altidor Jean Hervé

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