Jovenel Moïse a choisi la confrontation avec le Peuple

« S’il n’y a pas de justice pour le peuple, il n’y aura pas de paix pour le Gouvernement », disait Emiliano Zapata. Et Martin Luther King de poursuivre : « Chacun a la responsabilité de désobéir aux lois injustes ». Qui sème la misère, récolte la colère. Jovenel Moïse a décidé de choisir la confrontation avec le peuple, en publiant dans le Journal Officiel, Le Moniteur, le budget criminel 2017-2018. Lors de son passage à New York (États-Unis), à l’occasion de la 72e Session de l’Assemblée des Nations Unies (ONU), Jovenel Moïse n’arrêtait pas de se vanter de sa volonté de créer des conditions propices à une croissance forte, soutenue, inclusive et créatrice d’emplois en Haïti. Il a fait étalage de ses activités au cours des sept mois à la magistrature suprême du pays, en oubliant qu’au cours de sept mois, plus de 44 000 jeunes ont laissé le pays pour le Chili. Selon l’économiste Camille Charlemers, le budget est « irréaliste, injuste et anti-pouvoirs locaux », soulignant que « [...] contrairement aux déclarations du Président Jovenel Moïse, selon lesquelles ce sont les corrompus qui sont contre le budget, des mécanismes dans ce budget favorisent énormément la corruption [...] ». Par ailleurs, les deux journées de grève dans le transport contre la publication de la loi de finances 2017-2018 annoncées par les syndicats pour le lundi 25 et mardi 26 septembre sont annulées et reportées au lundi 2 et au mardi 3 octobre prochain. C’est Mehu Changeux, le Président de l’Association des Propriétaires et Chauffeurs d’Haïti (APCH), initiateur de la grève du 18 septembre dernier qui a annoncé la décision des syndicats de lever le mot d’ordre de grève. La raison évoquée serait liée aux inondations provoquées par le passage de Maria, qui ont affecté les populations de plusieurs localités du Nord, du Nord-Est et de l’Artibonite et qui ne rendraient pas propice la mobilisation... Ce report de la grève a suscité la déception chez de nombreuses organisations syndicales et politiques et chez des leaders politiques qui avaient confirmées leur soutien à la grève. À noter qu’afin d’éviter un dérapage de violence de la manifestation anti-budget prévue par l’opposition le vendredi 22, coïncidant avec le retour du Chef de l’État de New-York, Moïse Jean-Charles a annoncé sur les ondes d’une radio de la capitale, l’annulation et le report des deux derniers jours de manifestations prévues pour les vendredi 22 et samedi 23 septembre. Il annonce le retour sur le béton les jeudi 28 et vendredi 29 septembre. « Après ces deux journées de mobilisation, si Jovenel Moïse ne démissionne pas, je vous donne la garantie que ce ne sera pas que de la grève et des manifestations qu’il y aura [...] », menace Moïse Jean-Charles. En outre, la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH) qui regroupe les Chambres de Commerce et d'Industrie départementales, exhorte tous les secteurs de la vie nationale à un moment de réflexion. « Nous vivons depuis quelques temps une situation dangereuse où les institutions politiques de notre pays, que ce soit l'Exécutif, le Législatif et le Judiciaire sont remises en question. Leurs décisions sont âprement critiquées et provoquent des réactions, parfois violentes et certainement condamnables, allant de la grève aux manifestations de rues, en passant par des attaques virulentes à travers la presse ou les médias sociaux. La vie économique et sociale de la Nation est perturbée et les citoyens sont inquiets. Le spectre d'une crise se profile à l'horizon et la CCIH voudrait inviter tous les secteurs de la société à puiser dans leur amour pour notre Patrie commune, afin de trouver les moyens raisonnables permettant d'entamer un dialogue franc et constructif, porteur de solutions durables aux nombreux problèmes auxquels nous faisons face. La CCIH espère que sa voix sera entendue et se déclare prête à participer à toute rencontre visant à rechercher et mettre en œuvre les pistes de solutions favorisant l'émergence d'une société juste, respectueuse des lois, promotrice de progrès économique et créatrice d'emplois et de richesses. » Rappelons que le nouveau budget d’un montant de 144 milliards de gourdes entrera en vigueur le 1er octobre 2017. Objet de toutes les critiques, il entraîne des manifestations, en raison notamment de l’augmentation de certaines taxes. Néanmoins, il a été publié par le président Jovenel Moïse dans le Numéro Spécial N°27 du journal officiel « Le Moniteur », en date du mardi 19 septembre 2017, malgré toutes les mises garde exprimées à l’encontre de cette décision.
Publier le : 02/10/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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