Et de deux, pour Tèt Kale

Après près de deux ans de campagne incessante, l’ex-président de la Chambre de Commerce du Nord-Ouest et candidat à la présidence sous la bannière du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Jovenel Moïse, électoralement appelé «Nèg bannann nan» a officiellement pris ses fonctions, le mardi 7 février 2017, comme le veut la tradition constitutionnelle. Tout en maintenant son discours de campagne axé sur le renforcement des institutions, le développement endogène via l’agriculture, Jovenel Moïse se veut être le réconciliateur du pays, en tendant les bras vers ses adversaires politiques pour l’aider à sortir le pays de la noirceur de la crise politique permanente. C’est au Palais Législatif qu’a eu lieu la séance solennelle d’investiture du 58e Président élu de la République d’Haïti, Jovenel Moïse. Cette cérémonie a été aussi la première partie d’une longue journée en présence des amis et des membres de la famille présidentielle, du Président Provisoire de la République, Jocelerme Privert et de sa femme, Ginette Michaud Privert, du Premier ministre et de sa femme, Énex Jean-Charles et Darnick Christophia Dorval Jean-Charles, des membres du Gouvernement de la République, du Vice-président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), du Président de la Cour de Cassation, des représentants du parti politique PHTK, des chefs de partis politiques, des anciens Premiers ministres de la République, des anciens Présidents de la République, d'invités spéciaux, des maires principaux de la zone Métropolitaine, des présidents et des délégations étrangères... Par la suite, le programme de la journée s’est poursuivi au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH) où Jovenel Moïse a fait une offrande florale à la mémoire des Pères de la Patrie et une visite guidée du musée, signant le livre d’or. Ensuite, il s’est rendu au Palais national pour un Te Deum célébré par Son Éminence, le Cardinal Chibly Langlois qui a fait appel à la sagesse du nouveau Président, tout en lui conseillant de faire de la réconciliation, une priorité qui est selon le Prince de l’Église, une nécessité nationale. Par la suite, le Président Jovenel Moïse a adressé un message à la Nation. Dans ces premiers propos comme chef d’État, Jovenel Moïse a pris l’engagement de travailler afin de stopper l’hémorragie migratoire, afin d’inciter les fils et les filles de la patrie à rester au pays mais aussi de permettre à ceux de la diaspora le désirant, de retourner au bercail, pour venir investir dans le développement de la nouvelle Haïti. D’autre part, Nèg Bannann nan s’est dit ouvert à travailler avec tous les anciens candidats car selon l’originaire de Trou du Nord, il faut que le pays soit en premier. Et il promet, du premier au dernier jour de son mandat, que la positivité règnera en maître des lieux, car il va travailler à faire d’Haïti, un pays qui fait rêver, même au sein des Nations Unies. Il a ensuite également passé en revue des unités de la Police Nationale. Les Chefs d’État présents sont, à la fin de la cérémonie, conduits dans les appartements privés du Président au Palais National, où le Président de la République, escorté du Premier ministre et du Ministre des Affaires étrangères, a eu un entretien avec chacun des Chefs d’État et de Gouvernement. Par la suite, il s’est rendu de nouveau au MUPANAH, où un déjeuner a été offert en l’honneur des Chefs de délégations étrangères et leur épouse, par le Président et la Première Dame de la République. Bien que les opposants du régime Tèt Kale n’ont cessé de crier au vol d’élection, en accusant de coup d’état électoral, l’élection de Jovenel Moise, promettant de lui damer le pion jusqu’à son échec, bien que le nouveau Président soit sujet à une inculpation pour blanchiment d’argent, un dossier qui reste pendant et qui devait être élucidé avant sa prestation de serment, ce qui ne s’est jamais produit, Nèg bannann nan a pris fonction pour donner une deuxième chance à l’équipe Tèt Kale pour réussir là où elle a échoué avec le premier mandat qu’elle a eu avec Michel Joseph Martelly. Il doit aussi faire en sorte de garder le semblant de stabilité que le Président Jocelerme Privert a donné au pays durant ces 12 mois de gouvernance, mais par-dessus tout, M. Moïse doit être le promoteur de la réconciliation nationale tant espérée par le pays tout entier. L’élection et la prise de fonction de Jovenel Moïse à la tête du pays vient de donner un deuxième mandat à l’équipe Tèt Kale pour la gestion de l’administration publique, malgré le nombre incommensurable de manifestations et de casses que ceux qui se réclament du secteur populaire ont fait, pour écourter le mandat de Michel J. Martelly et barrer la route à son dauphin. Le résultat de ce 7 février 2017 montre clairement que leurs efforts furent vains. Et c’est sans compter la division qui commence à éclater au sein de ceux qui devaient constituer une opposition constructive ou destructive, comme fort souvent. Le successeur de Jocelerme Privert semble avoir accédé au pouvoir avec une longueur d’avance. Compte tenu de la faiblesse de ses opposants, on dirait qu’il a bien compris le dicton: «diviser pour régner». Celui qui a fait une campagne presque sans tirer à boulets rouges sur ses adversaires, celui qui a promis d’apporter la nourriture dans nos assiettes et l’argent dans nos poches via ce qu’il appelle un développement endogène, en mettant ensemble les ressources humaines (moun yo), les ressources naturelles (tè a, rivyè yo ak solèy la), est enfin arrivé au pied du mur. Maintenant on attend l’ouvrier à l’œuvre.
Publier le : 10/02/2017   Auteur : Altidor Jean Hervé

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