Manifestation contre la vie chère

La protestation contre la vie chère et le chômage qui a débuté la semaine écoulée se poursuit dans les principales villes du pays. En effet, le vendredi 21 septembre 2012 plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues dans la deuxième ville du pays (Cap Haïtien, département du Nord) en signe de protestation. Les manifestants ont dénoncé la hausse des prix des produits de première nécessité et le laxisme des autorités en place face à la crise économique à quelques jours de la rentrée scolaire.             Le mercredi 19 septembre des dizaines de personnes ont fait part de leur mécontentement suite à la situation socio économique et leurs mauvaises conditions de vie au chef de l’état lors d’une visite du président au commissariat de Port-au-Prince au Champ de Mars.             Le jeudi 13 septembre 2012 écoulé les transports publics et le commerce avaient été paralysés dans la troisième ville du pays suite à un mouvement de grève contre la cherté de la vie lancé par divers secteurs de la classe politique et la société civile dans le département du sud. Le 25 août à Port-au-Prince des dizaines de personnes ont manifesté.   Comment combattre la vie chère ? Une note émanant du bureau de la communication de la Primature a fait état qu’une commission de stabilisation des prix a été mise au point le vendredi 14 septembre dernier. Cette commission a en son sein des représentants de la Primature, du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), du ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), du conseil de Développement Economique et Social (CDES), et de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA). Elle a pour mission de soumettre des mesures de stabilisation des prix des produits de première nécessité jugés très sensibles du fait de leur importance dans la société haïtienne.             « La commission entend travailler de concert avec les acteurs concernés (secteur privé et associations paysannes) pour adopter les trains de mesures susceptibles de concourir à la stabilité des prix », a dit la note.   Papda et la crise alimentaire Camille Charlemers, le secrétaire exécutif de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) a analysé le lundi 17 septembre 2012 la conduite des autorités gouvernementales face à la crise alimentaire qui sévit dans le pays.             Le responsable de la PAPDA a estimé que la crise était cousue d’avance et que même des émeutes de la faim avaient été déclarées. Le gouvernement aurait dû prendre des mesures pour la devancer.             «La sécheresse qui a frappé les pays producteurs de céréales ajoutée aux dégâts causé par le passage de la tempête Isaac sur Haïti ont grandement contribué à aggraver la crise. Les spéculations financières ainsi que l'utilisation de plus en plus de céréales dans la production du biodiesel, diminuent la disponibilité de ce produit sur le marché international, ce qui provoque une rareté et donc, une augmentation des prix », a reconnu Camille Charlemers.             En outre, le premier sénateur de l’ouest Steven Benoit a critiqué le Premier ministre haïtien du fait que ce dernier a affiché son mécontentement suite à une invitation d’un groupe de députés de la chambre basse voulant s’informer de la stratégie du gouvernement face à la crise alimentaire.             « Il faut que le gouvernement rende des comptes, nous sommes prêts au Sénat à inviter le premier ministre et les membres de son gouvernement en vue d'obtenir des explications », a déclaré le sénateur Steven Benoit.   Multiplication des démarches pour apaiser la crise Alors que les mouvements de protestation contre la cherté de la vie s’intensifient dans divers coins du pays le gouvernement entend faire des pieds et des mains pour diminuer l’effet de la crise alimentaire sur la population.             Le lundi 17 septembre le gouvernement a procédé au lancement du programme d’urgence pour la relance de la production agricole dans la Baie des Moustiques (Département du Nord-ouest). Ce programme à haute intensité de main-d’œuvre a pour objectif d’aider financièrement la population à surmonter la mauvaise situation socio économique qui fait rage dans le pays.             Conjointement, Ronsard Saint-Cyr le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales et Guyler C. Delva le secrétaire d’Etat à la communication se sont entretenus au Cap-Haïtien avec les responsables de plusieurs organisations de base qui avaient gagné les rues pour dénoncer la politique sociale du gouvernement.             A Port-au-Prince, le programme d’apaisement dénommé Ti Manman Cheri s’est étalé dans divers autres quartiers de la Capitale. Le Premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe a fait savoir le mardi 18 septembre que le gouvernement a placé une commande de 300 000 sacs de riz pour contrecarrer la montée des prix sur le marché local. 
Publier le : 27/09/2012   Auteur : Emmanuel Saintus

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