L’opposition veut-elle un chambardement ?

Après que le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras, eut à demander au Président Martelly de faire « un compromis salutaire », pour sortir de cette « crise » politique, plus d’une cinquantaine de députés se sont rendus la semaine dernière sur la Côte des Arcadins en retraite pour débattre de cette dite crise et prendre des dispositions. A l’issue de cette rencontre le bloc « Parlementaires pour la Stabilité et le Progrès »  (PSP) » a été formé. Le PSP est composé de 60 Députés et est dirigé par un bureau de sept membres: M. Jean Tholbert Alexis, Coordonnateur Général ; M. Elie Blaise, Coordonnateur Administratif ; Mme Ogline Pierre, Première Secrétaire ; M. Astrel Dolné, Deuxième Secrétaire ; M. Kenston Jean-Baptiste, Porte-Parole ; M. Abel Descolines, Porte-Parole ; M. Fritz Chéry, Porte-Parole.             Dès l’annonce de cette rencontre, des voix se sont élevées. Des « leaders » de l’opposition ont même affirmé que cette rencontre devait aboutir au choix de deux membres pour intégrer le Conseil Electoral Permanent. On doit aussi dire que le Président Michel Joseph Martelly a facilité la tâche à l’opposition. Concernant surtout les choix des juges à la Cour de Cassation et par ricochet le président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) qui n’est autre que le président de la plus haute cour de justice du pays. Est-ce pourquoi l’opposition au gouvernement au Sénat de la République particulièrement « refuse », forte de toutes sortes d’arguments, de désigner en Assemblée nationale trois personnalités qui pourraient la représenter au C.E. Permanent. Il y a même des parlementaires et dirigeants politiques qui voudraient que la Constitution amendée soit jetée dans les poubelles de l’histoire. Malgré qu’en Assemblée nationale les parlementaires ont voté le texte. Et, c’est là qu’on doit retrouver l’origine de cette « crise ». Rappelons que le Président René Préval et ses parlementaires de l’INITE qui dominaient quasiment les deux chambres concoctaient un coup d’Etat électoral pour pouvoir perdurer au pouvoir. Nous savons comment cela s’est terminé. René Préval a été stoppé par les forces étrangères, principalement les Etats-Unis.             Dès lors, tout gouvernement issu de ces élections allait subir la foudre de ces parlementaires de l’INITE qui ont été « réélus ». Le nouveau pouvoir représenté par le tandem Martelly/Lamothe n’avait pas semble t-il comprit les enjeux. Et, il y avait des signaux assez clairs. Souvenons-nous de la magouille qui a été entreprise pour ne pas entériner la constitution amendée.             Aujourd’hui, on est étonné d’entendre Paul Denis de l’INITE fustiger  les députés qui ont été en retraite pour former un groupe de support au gouvernement. Les opposants du Président Préval ne disaient-ils pas que ce dernier voulait instaurer une dictature ? N’est-ce pas ces mêmes opposants qui disent à l’unisson, accompagnés par une presse gauchisante et certaines presses de « droite », que le Président Martelly veut instaurer une dictature. Mais, il est encore tôt pour demander son départ. Alors, la même tactique utilisée pour renverser le prêtre- président Jean-Bertrand Aristide en 1990 a fait sa réapparition. Il faudrait renverser d’abord, constitutionnellement, Laurent Lamothe pour atteindre le but. Et, les mêmes acteurs sont encore là sur la scène. Le but n’est pas de défendre le chef de l’Etat. Mais de montrer que ce qui se passe sous nos yeux n’est que lutte pour le pouvoir pour mieux défendre les intérêts de Washington et de la classe dominante locale.  Les politiciens aujourd’hui ne critiquent que les « écarts » de Martelly qu’ils font passer pour des  problèmes fondamentaux. Que disent-ils dit de la force d’occupation qui s’étend dans la durée ? Concernant la crise économique, parlent-ils du  néo-libéralisme qui en est la cause profonde. Parlent-ils de la montée des prix des produits de première nécessité parce qu’il y a une tentative de ce gouvernement de combattre la contrebande ? N’avaient-ils pas, en chœur, défendus les manitous dont les noms avaient été publiés pour non paiement de leurs redevances envers l’Etat ?             Certainement, le peuple en butte à des difficultés énormes peut être sidéré par les chants de sirènes de ces messieurs et dames de cette opposition qui veut un chamboulement total.  D’ailleurs c’est ce qu’ils avaient fait en 2004. Certains secteurs du pouvoir en place doivent aussi se rappeler qu’ils faisaient corps avec eux pour renverser le président Aristide. Sont-ils en train de récolter ce qu’ils avaient semé ?             En tout cas, souhaiter le chaos c’est jouer à qui perd gagne. L’occupation se renforcera et la main mise de l’empire sur le pays s’accentuera. Le jeu ne vaut pas la chandelle.
Publier le : 20/09/2012   Auteur : Georges H. Honorat

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