« La situation politique du pays reste précaire du fait de l’instabilité politique, du non-respect de la légalité et des revendications sociales non satisfaites ». C’est dans son rapport annuel au conseil de Sécurité de l’ONU soumis le 31 août que Ban Ki-moon, Secrétaire Général de L’Organisation des Nations Unies (ONU) a débité ces inepties. Il a donc demandé au Conseil de Sécurité de proroger le mandat de la MINUSTAH pour une année supplémentaire. Après le coup d’Etat/kidnapping du Président élu Jean-Bertrand Aristide, le 29 Février 2004, l’occupation du pays a commencé avec des soldats nord-américains, français, canadiens et chiliens. Peu de temps après, Washington qui ne voulait point être impliqué directement sur le terrain à manœuvré au Conseil de Sécurité de l’ONU afin de mettre sur pied la soit disant Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti, la MINUSTAH. Dès lors, la déstabilisation du pays prenait sa vitesse de croisière.
En effet, nous sommes sous occupation depuis 8 ans (2004-2012). Si aujourd’hui Ban Ki-moon parle d’instabilité politique, c’est que la force de maintient de la paix a piteusement échoué. D’ailleurs, la majorité de la population n’avait jamais cru que les « blancs » pourraient stabiliser Haïti. Cela reste une vraie chimère. Le Secrétaire général de l’ONU a eu aussi l’audace de dire qu’il y a « non-respect de la légalité et des revendications sociales. » C’est comme ci qu’on veut nous faire croire que la MINUSTAH est légale dans le pays. Alors que la Constitution haïtienne dit clairement qu’il ne peut y avoir sur le sol national de forces militaires autres que la police haïtienne et les forces armées d’Haïti. Il est donc superflu de parler de logique avec les occupants. Il semble donc que c’est « seulement » la dialectique des armes qui compte pour eux. M. Moon parle de « revendications sociales non satisfaites. » N’est-ce pas la MINUSTAH, à travers le contingent népalais, qui a introduite le cholera dans le pays ? Une force qui dépense environ 600 millions de dollars l’an, qui refuse de prendre ses responsabilités dans cette affaire et qui ne veut entendre parler de dédommagement des victimes n’a pas la force morale pour faire la leçon à quiconque. Aujourd’hui, la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU octroie 650 millions de dollars à cette force déstabilisatrice pour l’année fiscale 2012/2013.
Afin de justifier la demande de ses mentors, le Secrétaire Général de l’ONU a expliqué que « Les chiffres de la criminalité recueillis par la Police nationale et la Minustah témoignent d’une forte augmentation du nombre d’homicides pendant la période considérée, avec une moyenne de 99 par mois, de mars à juillet 2012, contre 75 au cours de la même période en 2011, et avec un pic de 134 en juillet 2012 [...] De mars à juillet 2012, le nombre d’enlèvements a diminué, s’établissant à 10 par mois en moyenne contre 14 pendant la période correspondante, l’année précédente. La violence se concentre toujours dans les grandes agglomérations, la zone métropolitaine de Port-au-Prince et les communes densément peuplées qui l’entourent [...] Au cours de la période examinée, 65 % des homicides commis en Haïti l’ont été à Port-au-Prince, dont 85 % à 90 % dans les quartiers sensibles de la capitale (Bel Air, Fort National et Martissant), à Cité Soleil, à Carrefour et à Croix- des-Bouquets… » Notez qu’à l’approche de la fin du mandat de la MINUSTAH en octobre, et ce depuis 8 ans, il y a toujours un pic dans la criminalité. Curieuses coïncidences.
Ban Ki-moon, de poursuivre dans son rapport que la PNH «… continue de gagner en efficacité, mais n’est pas encore à même, d’assurer pleinement la sécurité intérieure sur tout le territoire. Les militaires et les policiers de la Minustah, ont donc continué de jouer un rôle essentiel, dans le maintien de la sécurité et de la stabilité générale. » Donc, le tour est joué. La force d’occupation est nécessaire. Pour qui et pourquoi ? Pour maintenir les masses populaires et les progressistes hors de la scène politique. Et qui plus est, il est dit aussi que la force d’occupation doit rester au moins 5 ans en Haïti.
Le Secrétaire Général de l’ONU s’exprime aussi à propos de la version amendée de la Constitution de 1987 et du C.E. Permanent. Rappelons que Washington, Ottawa et la Communauté Européenne ayant à sa tête la France ont joué pieds et mains pour que la constitution amendée soit publiée et qu’un Conseil Electoral Permanent voit le jour. Aujourd’hui, en pleine crise politique dû en partie à l’immixtion de ces pays dans les affaires haïtiennes, Ban Ki-moon cherche un moyen à rejeter les torts sur les officiels autochtones. « La publication d’une version corrigée de la Constitution amendée a rendu possible l’établissement d’un conseil électoral permanent, dont l’absence a été un facteur d’instabilité politique… Le conseil doit être formé et doit fonctionner avec la plus grande intégrité et avec le soutien de toutes les institutions ». Comprenne qui voudra. Quand donc les autorités de ce pays pourront ils dire non à l’humiliation ?
Publier le : 12/09/2012 Auteur : Georges H. Honorat