Au début de la semaine dernière, au cours d’une émission sur la Radio Vision 2000 conduite par la journaliste Marie Lucie Bonhomme, la pagaille régnait. L’ex sénateur, maintenant conseiller spécial du Président Martelly, Joseph Lambert et le président de la chambre basse Levaillant Louis-Jeune étaient les « amuseurs ».
En effet, l’ex sénateur avait avancé que « Levaillant Louis-Jeune avait reçu 15.000 dollars américains du Président Martelly ». En guise de réponse, le président de la Chambre basse a dit : « J’ai reçu 10.000 dollars du président Martelly en guise de subvention pour la fête patronale de Desdunes. » Tout ce désordre a commencé parce que d’après M. Lambert, M. Louis-Jeune a trahi la cause du chef de l’Etat. A savoir qu’il avait promis de nommer trois représentants provisoires au C.E. Permanent. On ne sait comment s’y prendrait le député pour réaliser une telle prouesse car il n’a pas un contrôle absolu sur tous les députés voir sur la majorité des sénateurs qui semble t-ils ont définitivement opté pour un C.E. Provisoire (voir page 6). Le conseiller du président Martelly s’est laissé aller en indiquant au cours de l’émission que Levaillant Louis-Jeune avait même demandé au chef de l’Etat de lui confier son véhicule temporairement. « Rien des déclarations du sénateur Lambert n’est vrai. Deux jours avant la fête patronale de Desdunes, le président Martelly m’avait fait appeler pour me dire si je n’avais pas des projets en souffrance….. J’avais finalement reçu 6000 dollars du président Martelly pour payer Djakout Mizik qui devait performer aux festivités pour la somme de 6.500 dollars. En plus, le président Martelly s’était engagé à couvrir les frais de déplacement de ti Micky à Desdunes… » Et Lambert de rétorquer que « Le député Levaillant avait reçu 15.000 dollars et il avait signé. » Un conseiller du président pourrait-il mentir aussi effrontément ? Rien n’était impossible dans cette arène.
Le spectacle continuait et Marie Lucie Bonhomme se donnait à cœur joie en poussant les « gladiateurs » à s’auto détruire. « Je n’étais pas allé chercher de l’argent à la fondation Rose et Blanc » s’exclamait Levaillant visiblement irrité. « Je ne pourrais jamais être un allié du sénateur Lambert…Ce serait déshonorer ma famille et mes amis » avait lancé le président de la Chambre basse pour donner au conseiller le coup de grâce. (Le Nouvelliste, 6 septembre). Nous épargnerons aux lectrices et lecteurs la suite de ce « combat ». Le conseiller du Président avait « démissionné » de son poste après ces révélations. Le chef de l’Etat a refusé et a appelé le président de la Chambre basse pour s’excuser des erreurs de Lambert tout en lui indiquant qu’il n’avait rien à voir dans ce dossier.
Moins d’une semaine après cette épisode, le sénateur Edwin Zenny (Sud-est), un proche du président de la République, allait dépasser de mille coudées, dans le Sud-est, les prouesses de son allié Joseph Lambert dans l’Ouest. Le samedi 1er septembre, à Jacmel, au cours d’une émission sur la Radio « Bellevue internationale » animée par le journaliste Etzer Pierre et où participait le professeur Pierre Lucien ancien candidat aux élections législatives, le juge de Paix Bob Simonis s’est présenté à la station pour pouvoir expliquer qu’il avait libéré 4 présumés voleurs pour manque de charges. Dans la foulée, le juge Simonis a cité le nom du Sénateur Zenny qui l’avait traité de voleur sur une autre station de radio. « Le sénateur Edo Zenny doit se ressaisir » avait dit le juge de paix. « Sa w tande a, lobo pete. » M Zenny s’est invité à la station pour prendre part à l’émission. Et, tout a dégénérer. Si ce n’était la vigilance des journalistes de la station il aurait pu y avoir mort d’homme.
En effet, le sénateur s’est énervé à l’extrême et a craché au visage du Juge de Paix. Il semblerait que le crachat s’est éparpillé sur le professeur Pierre. « Se yon bokit dlo ki sot nan bouch senatè a? » D’après le Juge de Paix Bob Simonis le sénateur a eu aussi des propos irrévérencieux à son égard. « Le premier Sénateur du Sud-est, Edwin Zenny, très furieux, intimidé par la foule dans l’enceinte de la radio n’a pas pu utiliser son arme pour m’assassiner, cependant il m’a craché au visage… Tu dois respecter un mulâtre, Edo Zenny te connais, mais pas le sénateur Zenny. Je suis blanc, et toi tu es nègre » dixit Edo Zenny.
Si les propos du juge s’avèrent véridique, alors M. Zenny se croit sous le gouvernement d’Elie Lescot qui prônait carrément une politique raciste. En effet, pratiquement tous les hauts fonctionnaires de l’Etat et le haut état major de l’armé étaient des haïtiens au teint très clair. Ils n’étaient pas nécessairement des mulâtres. Car le mulâtre ou la mulâtresse est le fils ou la fille d’un blanc et d’un nègre. Et, c’est cette politique qui a valu à ses opposants de se rallier à une cause tout aussi raciste et démagogique, le noirisme. Il faut quand même dire que le racisme existe en Haïti. Et, semble t-il on veut la raviver. Et, c’est toujours l’apanage de la classe dominante haïtienne à deux ailes. L’aile bourgeoise et l’aile des grands propriétaires fonciers. Ce sont les libéraux et les nationaux qui se battent. Cette lutte a pour but de masquer les vrais problèmes de la nation. Dès lors, peut-on accuser le gouvernement Martelly/Lamothe de promouvoir cette politique ? Ou, il y a certains individus qui rêvent de ces temps révolus ? Pour le moment, nous penchons pour la deuxième thèse. De toute façon, les opposants de couleur foncée vont prendre cette balle au vol pour acculer le pouvoir. Le peuple n’aura rien à voir avec ces simagrées. En fait, il commence a crier haut et fort pour la vie qui devient trop chère. Et, le Premier ministre Lamothe s’apprête à prendre des mesures pour pallier à cette crise qui s’annonce en filigrane.
Publier le : 12/09/2012 Auteur : Georges H. Honorat