Les portables et la montée de l’insécurité
Les autorités civiles et policières responsables de sécurité des vies et des biens reconnaissent que l’insécurité a fait un bond en ce mois d’août. C’est déjà un bon point que les autorités admettent que les cas de kidnapping et d’assassinats sont en augmentation.
La lutte contre la contrebande et la drogue ont beaucoup à voir avec la résurgence de l’insécurité. Ces réseaux qui étaient en veilleuse s’activent donc à créer la pagaille au sein de la population et des forces de sécurité. Disons en passant que cela fait l’affaire des occupants.
Le Secrétaire d’Etat à la Sécurité publique Réginald Delva a le 17 août déclaré que la situation sécuritaire de la région métropolitaine est fragile. Cinq cas de kidnapping en deux semaines et plusieurs cas d’assassinats a rapporté M. Delva qui compte prendre d’autres mesures pour pallier à la situation. Il a demandé l’appui du directeur du Conseil National des Télécommunications (CONATEL) Jean Mary guillaume et le directeur de l’Office National d’Identification (ONI) Jean Baptiste St Cyr. Selon Guillaume, « 90% des actes de criminalité impliquent un téléphone cellulaire… » Pour sa part, M St Cyr de l’ONI annonce « la création d’une ligne téléphonique pour aider les autorités policières à identifier une personne à partir de son téléphone cellulaire. Il appelle les opérateurs à prendre des dispositions pour que chaque carte SIM soit liée à un client » (Métropole, 20 août).
Cela fait des années que l’on parle des portables qui sont au centre des cas de kidnapping. Et, les compagnies de téléphonie, semble t-il, ne veulent pas coopérer avec la police plus précisément la Direction de la Police Judiciaire (DCPJ). Alors, quel est le rôle des autorités. Ces compagnies sont-elles des Etats dans l’Etat ? Le directeur du Conatel a même révélé et déploré qu’ « il n’y a pas de contrôle dans la vente de téléphone dans le pays. » Inimaginable dirait on, mais c’est la triste réalité. En plus de cela, « il y a au moins 260.000 armes à feu, de tous calibres, qui sont en circulation dans le pays. » (Idem)
Ajouté à cela il y a les policiers qui sont mal rémunérés, qui n’ont pas d’assurance et qui plus est habitent des quartiers dangereux. Ces policiers travaillent 10 à 12 heures par jour. Ce qui est éreintant. Comment peut-on demander à ces compatriotes de faire leur travail avec patriotisme ? Est-ce pourquoi les députés ont décidé d’augmenter de 15% leur salaire.
Le nouveau directeur a. i de la Police Nationale d’Haïti (PNH) Godson Orélus, qui attend sa ratification au Sénat, lors de son investiture a déclaré que durant son mandat il compte changer les conditions de vie des policiers afin qu’ils puissent mieux combattre la criminalité. Parallèlement, il faudrait aussi que les dirigeants s’attèlent à trouver une réponse au problème du chômage chronique.
Publier le : 23/08/2012 Auteur : Georges H. Honorat
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