Haïti/carnaval: Port-au-Prince ornée de fleurs en dépit des critiques

Partant du stade Sylvio Cator, longeant la Grand Rue, bifurquant par la Rue des Casernes, l’Avenue de la République, prolongée vers le Champ de Mars, pour terminer au stade Sylvio Cator, la capitale haïtienne, Port-au-Prince, du dimanche 29 au mardi 31 juillet 2012 a été le centre d’intérêt en attirant une foule nombreuse à l’occasion du défilé exceptionnel du Carnaval des Fleurs organisé par le gouvernement haïtien cet été.  Des dizaines de bandes à pied et des groupes de danse suivi par des reines revêtues de fleurs escortées par des voitures de luxe et des chars musicaux ont défilé pendant les 3 jours.             Plusieurs millions de carnavaliers (ères) ont pris part au défilé, un bilan partiel a fait état de deux morts et de 48 blessés au cours du premier jour.             Parmi les victimes, un policier de l’Unité départemental de maintien de l’ordre (UDMO), Pierre Gerald, de santé fragile a perdu la vie, suite à une complication de son état. Selon les responsables de la Croix Rouge Haïtienne, les blessés enregistrés lors des deux premiers jours du carnaval des fleurs, sont des cas mineurs.             Sur le plan sécuritaire, la secrétairerie d’Etat à la sécurité publique avait annoncé la mise en place d’un grand dispositif de sécurité, 5000 policiers ont été mobilisés. Le secrétaire d’Etat à la sécurité publique Reginald Delva a fait savoir  qu’un nouvel outil sécuritaire a été introduit sur le parcours du carnaval et a fait référence au dispositif de caméras installés sur tout le parcours du carnaval, relie a un centre de télésurveillance de grande innovation en matière de sécurité publique.             Par ailleurs, tous les secteurs de la vie nationale ne voient pas l’organisation du Carnaval des Fleurs à Port-au-Prince de la même façon. La « classe » politique n’a pas cessé de critiquer cette initiative car, d’après eux, un deuxième carnaval cette année n’est pas la priorité des priorités. « Nous sommes le seul pays de l’Amérique Latine qui n’ait pas une capitale attrayante et qui accepte de vivre dans un environnement aussi malsain », a dit le directeur de l’école des sciences politiques appliquées, Gracien Jean. Il constate que « jusqu’à présent Haïti n’est pas encore mis en chantier » deux ans après le séisme du 12 janvier 2010 rapporte alter Presse.             Le député de Delmas/Tabarre Arnel Bélizaire, a pour sa part lancé un appel aux haïtiens  pour transformer le Carnaval des Fleurs en manifestation contre le chef de l’Etat Michel Joseph Martelly; mot d’ordre qui n’a pas été respecté. « S’il y a vraiment des êtres humains dans le pays, ce carnaval devrait se transformer en manifestations contre le chef de l’Etat », avait souhaité le parlementaire lors de sa participation à l’émission de « débat » « Ranmase » sur la radio privée, Caraïbes F.M, le 21 juillet 2012. L’économiste haïtien Kesner Pharel  a fait usage de l’organisation du Carnaval des Fleurs comme un indicateur montrant que « le gouvernement actuel définit mal ses priorités ». Pour les fêtards, le carnaval a été un succès. On attend donc un bilan du comité. 
Publier le : 02/08/2012   Auteur : Genson Jean Baptiste

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