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ministre de facto des Finances Henri Bazin agissant à titre de représentant du
Premier ministre de facto Gérard Latortue, parti (en fuite?) depuis deux
semaines chez lui en Floride, et Jacques Edouard Alexis. Une cérémonie bien
formelle comme pour assurer «la continuité»?
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Le président René Préval a procédé dans la matinée du
vendredi 9 juin au Palais national à l’installation du nouveau cabinet
constitué du Premier ministre Jacques Edouard Alexis et de 18 titulaires pour
les différents ministères. Dans son allocution faite en créole, le chef de
l’Etat a exhorté la nouvelle équipe à éviter les erreurs commises par tous les
gouvernements depuis 20 ans, telles que le renvoi injustifié des fonctionnaires
en place. Il a estimé que «l’administration publique compte des gens sérieux»
et que la transformation de l’Etat ne peut se réduire à un simple changement de
personnel. «Renforcer l’Etat, disait-il, n’est pas une question de changement de
personnes mais de structures.» En effet, mais faut-il bien créer une
dynamique pour changer ces «structures» et ne pas, sous prétexte de vouloir
maintenir la continuité de l’administration, garder le personnel pléthorique
que les autorités de facto avaient entassé par exemple dans les légations à
l’étranger.
Qualifiant
cette nouvelle équipe de «gouvernement pluriel» -- il ne saurait mieux dire--,
René Préval a indiqué que c’est le résultat d’un effort de dialogue et de
respect mutuel, saluant au passage les secteurs qui ont contribué à sa
constitution: « Au nom du peuple haïtien
qui a déjà tracé pour nous le chemin de la paix, je remercie les partis
politiques, les regroupements au Parlement, les organisations populaires, les
diverses organisations au sein de la société civile qui s’étaient donnés le
coude pour franchir ce pas important dans le renforcement de la paix. Ce
cabinet est le résultat direct de cet esprit de dialogue dans le respect, la
patience, l’honnêteté, l’humilité et la tolérance qui traverse actuellement le
pays. C’est le fruit de la conviction du peuple haïtien, à savoir que la
solution à nos problèmes réside dans le dialogue dans l’intérêt de tous», et s’adressant aux nouveaux ministres, il
poursuivait: «Dans votre
responsabilité ministérielle, vous
allez cultiver ce même esprit de dialogue.»
En fait de
«dialogue» il semble se poursuivre avec les autorités de facto, puisqu’après
cette cérémonie, les membres du nouveau gouvernement accompagnés des anciennes
autorités de facto se sont rendus à la Primature pour procéder à la passation
de pouvoir entre le ministre de facto des Finances Henri Bazin agissant à titre
de représentant du Premier ministre de facto Gérard Latortue, parti (en fuite?)
depuis deux semaines chez lui en Floride, et Jacques Edouard Alexis. Une cérémonie
bien formelle comme pour assurer «la continuité»?
A son tour, Alexis a vanté le
dialogue, et «la diversité» du nouveau gouvernement: «Je considère cette diversité comme un facteur positif si elle contribue
à la construction de la vision d’une Haïti nouvelle et à l’atteinte des
objectifs stratégiques de la déclaration de politique générale à laquelle vous
adhérez (...) La vision qui se dégage de la déclaration de politique générale
rejoint la demande fondamentale de la majorité de la population qui réclame une
société d’inclusion et de réconciliation.» «Inclusion» et «réconciliation»,
deux mots clés que les autorités n’arrêtent pas de répéter, à croire qu’elles
voudraient se convaincre que tel est le cas, tandis que continuent à
croupir dans des geôles infectes des centaines de prisonniers politiques! Ou
sans doute Alexis voudrait-il arriver finalement à convaincre ses
partenaires dans ce gouvernement
«pluriel» et leurs tuteurs qu’ils doivent à leur tour faire un geste vers une
inclusion et une réconciliation bien réelles?
Puis Jacques Edouard Alexis
reprenait à l’adresse des membres de son cabinet quelques lignes de sa
déclaration de politique générale ratifiée les 6 et 7 juin par le
Parlement: «Ils (les ministres) auront à exercer leur leadership dans
l’accomplissement de leurs fonctions. Ces fonctions qui s’inscrivent dans les
deux grandes missions du quinquennat que ce gouvernement s’engage à remplir.
D’abord, transformer notre Etat pour qu’il soit en mesure de jouer son rôle de
principal agent de changement social ; ensuite, augmenter
significativement la richesse nationale au profit de tous les Haïtiens et les
Haïtiennes en créant les conditions favorables à l’investissement et à la
création d’emplois.» Des vœux fort
louables, mais encore faudrait-il que tout en étant «pluriel», ce cabinet soit
uni vers les mêmes objectifs et que l’augmentation éventuelle de cette richesse
«nationale» rompe avec l’atmosphère de continuité qui a présidé à ces
cérémonies de passation de pouvoir?
D’ailleurs,
les nouveaux ministres se sont cru obligés d’aller reprendre le même rituel
dans leurs ministères respectifs avec leurs homologues de facto.
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