07 Juin, 2006

June 07, 2006

07 Jen, 2006
Vol. 23 No. 11

Selon le Le compte y est, semble-t-il, ils sont dix-huit ministres et sont is susde six partis: Lespwa, l'Alyans, Fusion des sociaux démocrates haïtiens, l'OPL, l'Union et Fanmi Lavalas


Enfin, deux semaines après sa ratification comme Premier ministre, Jacques Edouard Alexis a pu non sans peine faire le plein de son cabinet ministériel pour se présenter ce mardi 6 juin devant le Parlement avec son énoncé de politique générale.

            En fait une quinzaine de jours, c’est peu si l’on considère que le pays a dû endurer pendant deux années la satrapie de Gérard Latortue et de son gang imposée par les principales puissances néo-coloniales, nommément les Etats-Unis, la France et le Canada.

            Comme il était question d’«ouverture», à part le refus de certaines personnalités de s’embarquer trop vite dans la nouvelle administration, il a fallu faire face à l’entêtement de certains partis qui voulaient que la porte soit particulièrement «plus ouverte» pour eux, en dépit de leur faible représentativité dans l’électorat.                                 Avant d’aller plus loin, voici le cabinet ministériel tel que présenté aux sénateurs ce 6 juin: l’avocat montréalais René Magloire revient au ministère de la Justice et de la Sécurité publique qu’il avait déjà dirigé sous le gouvernement Lavalas avant d’être nommé à la Commission nationale de lutte contre la drogue (CONALD); retour aussi de Paul-Antoine Bien-Aimé, ex-ministre de l’Éducation de Préval (1999-2001) qui se voit confier cette fois le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales;  son frère le père Gabriel Bien-Aimé de l’OPL, lui, devient à son tour ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, précédemment ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports; retour de l’agronome François Séverin, de la plate-forme politique présidentielle Lespwa, comme ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural après avoir dirigé cette institution sous les régimes d’Aristide et de Préval. Quinze ans après pour sa part l’ingénieur Frantz Verella revient au ministère des Travaux Publics, Transports et Communications, après avoir œuvré dans l’intervalle Verella à la Banque mondiale; Marie Laurence Jocelyn Lassègue, chef de cabinet de la ministre de facto à la Condition féminine et aux Droits de la femme, Adeline Magloire-Chancy, reste sur les lieux à titre de ministre; Jean Généus  au ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger; Gérald Germain, ancien ministre du Commerce sous Préval I, entre au ministère des Affaires sociales; Jean Raynald Clérismé est le nouveau ministre des Affaires étrangères et des Cultes; il a déjà été le représentant à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC);  Daniel Dorsainvil, conseiller du président Préval, ancien cadre de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), est placé au ministère de l’Économie et des Finances; la Planification et la Coopération externe revient à Jean-Max Bellerive du parti Fanmi Lavalas; Magguy Durcé, ancienne candidate au Sénat aux législatives 2006 pour l’Alyans d’Evans Paul, est nommée au ministère du Commerce et de l’Industrie; Daniel Élie est nommé au ministère de la Culture et de la Communications et Patrick Delatour, au Tourisme,  qui de secrétariat d’État devient un ministère; l’ancien candidat au Sénat de l’Union, Jean-Marie Claude Germain, est nommé ministre de l’Environnement; le docteur Robert Auguste du parti Fusion, devient ministre de la Santé publique et de la Population; Fritz Bélizaire au ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique; et l’ancien député Joseph Jasmin, de la plate-forme Lespwa de René Préval, est nommé ministre Délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement. À remarquer à toutes fin utiles que seulement deux femmes se retrouvent dans ce cabinet formé de 18 ministres. Sans doute seront-elles plus nombreuses avec la création de secrétariats d’État et dans le cabinet privé du président de la République et son «conseil des (nouveaux) sages»?

            Le compte y est, semble-t-il, ils sont dix-huit ministres et sont issus de six partis:

Lespwa, l'Alyans, Fusion des sociaux démocrates haïtiens, l'OPL, l'Union et Fanmi Lavalas.  Et le président du Sénat Joseph Lambert qui déclarait dans une interview à Radio Métropole «J'aurais aimé que le Premier ministre Alexis entreprenne des consultations les plus larges possibles de façon à ce que le nouveau gouvernement soit pluriel…», devrait être satisfait. Quant à l’électorat qui a porté René Préval à la présidence, il veut bien attendre aussi des raisons de se montrer satisfait, et il continuait à réclamer en ce mardi 6 juin devant le Parlement, alors que les 27 sénateurs s’échinaient à parler pour parler, le retour de Jean-Bertrand Aristide et la libération des prisonniers politiques. 

            En fait de bavardage, il y en a eu, et Jacques-Edouard Alexis qui arrivait au Parlement dans l’avant-midi n’a pu en ressortir que vers les onze heures dans la nuit après le vote d’acceptation à l’unanimité des 27 sénateurs de son énoncé de politique générale. Une autre journée de palabres l’attend encore pour ce mercredi 7 juin avec les députés convoqués en plénière à onze heures du matin. Peut-être que l’un d’eux, à la différence des sénateurs, osera parler de la question des prisonniers politiques et lui demandera des précisions sur «les mesures destinées à créer des richesses à travers l’investissement privé», comprenant des «priorités comme le tourisme, les télécommunications et les nouvelles technologies de l’information ainsi que l’industrie manufacturière…» S’agit-il de la privatisation de la Téléco entre autres, et de l’agrandissement de l’empire des Sweat Shops d’André Apaid en ce qui concerne «l’industrie manufacturière»?  En attendant de voir si des députés poseront les vraies questions, nous reviendrons la semaine prochaine sur cet énoncé de politique générale.