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Selon le Le compte y est, semble-t-il, ils sont dix-huit ministres et sont is
susde six partis: Lespwa, l'Alyans, Fusion des sociaux démocrates haïtiens, l'OPL,
l'Union et Fanmi Lavalas
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Enfin, deux semaines après sa ratification
comme Premier ministre, Jacques Edouard Alexis a pu non sans peine faire le
plein de son cabinet ministériel pour se présenter ce mardi 6 juin devant le
Parlement avec son énoncé de politique générale.
En
fait une quinzaine de jours, c’est peu si l’on considère que le pays a dû
endurer pendant deux années la satrapie de Gérard Latortue et de son gang
imposée par les principales puissances néo-coloniales, nommément les Etats-Unis,
la France et le Canada.
Comme
il était question d’«ouverture», à part le refus de certaines personnalités de
s’embarquer trop vite dans la nouvelle administration, il a fallu faire face à
l’entêtement de certains partis qui voulaient que la porte soit
particulièrement «plus ouverte» pour eux, en dépit de leur faible
représentativité dans l’électorat. Avant
d’aller plus loin, voici le cabinet ministériel tel que présenté aux sénateurs
ce 6 juin: l’avocat montréalais René Magloire revient au ministère de
la Justice et de la Sécurité publique qu’il avait déjà dirigé sous le
gouvernement Lavalas avant d’être nommé à la Commission nationale de lutte
contre la drogue (CONALD); retour aussi de Paul-Antoine Bien-Aimé,
ex-ministre de l’Éducation de Préval (1999-2001) qui se voit confier cette fois
le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales; son frère le père Gabriel Bien-Aimé
de l’OPL, lui, devient à son tour ministre de l’Éducation nationale et de la
Formation professionnelle, précédemment ministère de l’Éducation nationale, de
la Jeunesse et des Sports; retour de l’agronome François Séverin, de la
plate-forme politique présidentielle Lespwa, comme ministre de l’Agriculture,
des Ressources naturelles et du Développement rural après avoir dirigé cette
institution sous les régimes d’Aristide et de Préval. Quinze ans après pour sa
part l’ingénieur Frantz Verella revient au ministère des Travaux
Publics, Transports et Communications, après avoir œuvré dans l’intervalle
Verella à la Banque mondiale; Marie Laurence Jocelyn Lassègue, chef de
cabinet de la ministre de facto à la Condition féminine et aux Droits de la
femme, Adeline Magloire-Chancy, reste sur les lieux à titre de ministre; Jean
Généus au ministère des Haïtiens
Vivant à l’Étranger; Gérald Germain, ancien ministre du Commerce sous
Préval I, entre au ministère des Affaires sociales; Jean Raynald Clérismé
est le nouveau ministre des Affaires étrangères et des Cultes; il a déjà été le
représentant à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC); Daniel Dorsainvil, conseiller du
président Préval, ancien cadre de l’Agence des Etats-Unis pour le développement
international (Usaid), est placé au ministère de l’Économie et des Finances; la
Planification et la Coopération externe revient à Jean-Max Bellerive du
parti Fanmi Lavalas; Magguy Durcé, ancienne candidate au Sénat aux
législatives 2006 pour l’Alyans d’Evans Paul, est nommée au ministère du
Commerce et de l’Industrie; Daniel Élie est nommé au ministère de la
Culture et de la Communications et Patrick Delatour, au Tourisme, qui de secrétariat d’État devient un
ministère; l’ancien candidat au Sénat de l’Union, Jean-Marie
Claude Germain, est nommé ministre de l’Environnement; le docteur Robert
Auguste du parti Fusion, devient ministre de la Santé publique et de la
Population; Fritz Bélizaire au ministère de la Jeunesse, des Sports et
de l’Action civique; et l’ancien député Joseph Jasmin, de la plate-forme
Lespwa de René Préval, est nommé ministre Délégué auprès du Premier ministre
chargé des relations avec le Parlement. À remarquer à toutes fin utiles que
seulement deux femmes se retrouvent dans ce cabinet formé de 18 ministres. Sans
doute seront-elles plus nombreuses avec la création de secrétariats d’État et
dans le cabinet privé du président de la République et son «conseil des
(nouveaux) sages»?
Le
compte y est, semble-t-il, ils sont dix-huit ministres et sont issus de six
partis:
Lespwa, l'Alyans, Fusion des sociaux
démocrates haïtiens, l'OPL, l'Union et Fanmi Lavalas. Et le président du Sénat Joseph Lambert qui déclarait dans une
interview à Radio Métropole «J'aurais aimé que le Premier ministre Alexis
entreprenne des consultations les plus larges possibles de façon à ce que le
nouveau gouvernement soit pluriel…», devrait être satisfait. Quant à
l’électorat qui a porté René Préval à la présidence, il veut bien attendre
aussi des raisons de se montrer satisfait, et il continuait à réclamer en ce
mardi 6 juin devant le Parlement, alors que les 27 sénateurs s’échinaient à parler
pour parler, le retour de Jean-Bertrand Aristide et la libération des
prisonniers politiques.
En
fait de bavardage, il y en a eu, et Jacques-Edouard Alexis qui arrivait au
Parlement dans l’avant-midi n’a pu en ressortir que vers les onze heures dans
la nuit après le vote d’acceptation à l’unanimité des 27 sénateurs de son
énoncé de politique générale. Une autre journée de palabres l’attend encore
pour ce mercredi 7 juin avec les députés convoqués en plénière à onze heures du
matin. Peut-être que l’un d’eux, à la différence des sénateurs, osera parler de
la question des prisonniers politiques et lui demandera des précisions sur «les mesures
destinées à créer des richesses à travers l’investissement privé», comprenant
des «priorités comme le tourisme, les télécommunications et les nouvelles
technologies de l’information ainsi que l’industrie manufacturière…» S’agit-il
de la privatisation de la Téléco entre autres, et de l’agrandissement de
l’empire des Sweat Shops d’André Apaid en ce qui concerne «l’industrie
manufacturière»? En attendant de voir
si des députés poseront les vraies questions, nous reviendrons la semaine
prochaine sur cet énoncé de politique générale.
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