31 Mai, 2006

May 31, 2006

31 Me, 2006
Vol. 23 No. 11

   Jacques Edouard Alexis : Alors que ce cabinet ministériel devait en principe voir le jour en ce mardi 30 mai, il restait pourtant en couches. Les «négociations» pour l’obtention de certains ministères par les nombreux partis présents au Parlement semblent piétiner et leur aboutissement éventuel remis au 1er ou au 2 juin.

Les parlementaires ont voté par une majorité écrasante le choix par le président de la République René Préval de Jacques Edouard Alexis comme Premier ministre 

            Le 24 mai, l'assemblée des sénateurs, après avoir pris connaissance du rapport de la Commission d’étude du dossier des pièces déposées au Parlement la veille par le Premier ministre désigné, a décidé presque unanimement d'accorder un vote favorable à Alexis. Sur les 25 sénateurs présents à cette plénière, 22 ont voté en faveur du choix de l'ancien Premier ministre (1999-2001) durant le premier mandat du président René Préval. Une seule abstention, celle du questeur, membre de l'OPL, Joseph Pierre-Louis, tandis qu’un autre sénateur de l'OPL, Mélius Hyppolite, quittait la salle avant même le début du vote, et le président du Bureau qui ne participe pas au vote, suivant les règlements.  

            Le lendemain, à la Chambre basse, 79 députés sur 82 ont accordé leur confiance à Alexis alors qu’à nouveau ce sont deux parlementaires de l'OPL qui se sont abstenus de participer au vote, auquel ne participait pas non plus le président du Bureau.

            Mais la procédure est à peine commencée car la ratification ne fait qu’ouvrir la voie aux tractations. Il reste, en effet, au Premier ministre ratifié à former son cabinet ministériel, avant de se présenter de nouveau au Parlement pour lui soumettre sa déclaration de politique générale.

            Donc, cette «majorité écrasante» obtenue par Jacques Édouard Alexis peut ne durer que le temps pour certains parlementaires de recharger leurs armes avec de vraies balles. De fait, alors que ce cabinet ministériel devait en principe voir le jour en ce mardi 30 mai, il restait pourtant en couches. Les «négociations» pour l’obtention de certains ministères par les nombreux partis présents au Parlement semblent piétiner et leur aboutissement éventuel remis au 1er ou au 2 juin. Car loin d’être une occasion pour faire démarrer le pays en choisissant autant que possible des personnalités compétentes et honnêtes, c’est à un partage du «gâteau» que se livre la classe politique. Sans compter, que le nouveau chef de l’État et ses proches sont plus préoccupés avant tout d’«ouverture» pour ces politicards. «Nous allons mettre en place un gouvernement d'ouverture et d'unité afin d'instaurer un climat de paix. C'est la seule façon de permettre à Haïti d'aller de l'avant. Le peuple attend beaucoup de ce nouveau gouvernement et de ce nouveau Parlement»,  déclarait d'ailleurs lui-même  le Premier ministre Alexis. Une ouverture qui ne devrait pourtant pas représenter une «fermeture» au peuple qui a élu le président Préval? D’autant plus que certains ministrables sollicités auraient décliné l’offre pour ne pas avoir à côtoyer, sous prétexte d’«ouverture», au Conseil des ministres certains sanguinaires d’un passé encore récent ou de célèbres racketteurs qui ne demandent qu’à reprendre du service.

            Donc, au moment de mettre sous presse, à part quelques uns de la plate-forme du président Préval, tels son proche conseiller économique, Daniel Dorsainvil, l’agronome François Séverin, l'ex-député de la 46ème Législature Joseph Jasmin, au ministère de la Justice, Robert Manuel, à l’Intérieur, le Dr Ariel Henri du Conseil des Sages à la Santé publique, l'ex-ministre des Affaires étrangères sous le premier mandat de René Preval, Fritz Longchamp; et dans le cadre de «l’ouverture» le président de la Fusion des sociaux-démocrates, Victor Benoît, à l'Education nationale; Claude Roumain de l'ALYANS de Evans Paul, au ministère de la Jeunesse et des Sports, on était encore loin du compte, car certains noms essaimés par la «rumeur» font plutôt penser à de la provocation plutôt qu’à des choix dictés véritablement par cette «ouverture».