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Le ministre des Affaires étrangères
du Brésil, Celso Amorim (à gauche) et le ministre de facto de la Coopération
externe, Roland Pierre. «La conférence s’inscrit dans le cadre des efforts de la communauté
internationale visant à appuyer la reconstruction et le processus de démocratisation
en Haïti et a pour objectif de réviser le cadre de coopération avec le
pays »
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Plusieurs pays et institutions internationales
ont participé à Brasilia au Brésil les 23 et 24 mai à une conférence
internationale visant, suivant la formule maintes fois reprise, à trouver les
voies et moyens pour venir en aide au nouveau gouvernement du président René
Préval. «La conférence s’inscrit dans le
cadre des efforts de la communauté internationale visant à appuyer la
reconstruction et le processus de démocratisation en Haïti et a pour objectif
de réviser le cadre de coopération avec le pays », a déclaré la chancellerie brésilienne.
Cependant,
en répétant les mêmes scénarios des conférences antérieures, le nouveau
gouvernement n’a eu droit qu’à des promesses de la part des bailleurs de fonds
bilatéraux et multilatéraux dont le Brésil, l’Argentine, le Chili, les
Etats-Unis, la France, l’Espagne, la Banque interaméricaine de développement
(BID), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Union
européenne, et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Dans la déclaration finale figurent plutôt la prolongation pour 18 mois,
jusqu’en décembre 2007, du Cadre de coopération intérimaire (CCI), qui servait de base au régime de facto dans ses
rapports avec les bailleurs, ainsi que
l’organisation le 25 juillet prochain d’une deuxième conférence de ce type à
Port-au-Prince où cette fois des engagements doivent être pris.
Et encore! Car le représentant du
FMI, Przemek Gajdeczka a souligné la
nécessité pour le nouveau gouvernement de garantir la stabilité au niveau
macro-économique, qui, selon lui, passe par la mise en place des réformes
nécessaires notamment la finalisation du budget de la République pour le
prochain exercice fiscal qui débutera en octobre.
Pour sa part, la représentante de la
Banque mondiale, Caroline Anstey, a invité les dirigeants haïtiens ainsi que
ses collègues internationaux à faire preuve de créativité dans la mise en place
de leurs programmes, en s’inspirant des expériences réussies au niveau de certains
pays de l’Amérique latine. Lesquelles? On serait en peine d’en trouver.
Parallèlement, le ministre des
Affaires étrangères du Brésil, Celso Amorim, a signé le 23 mai plusieurs
accords dits de coopération avec l’Argentine, le Canada, l’OEA et la Banque
mondiale au profit d’Haïti dans les domaines de la sécurité alimentaire,
l’agriculture, la santé et les sports. «Normalement,
une conférence des donateurs réunit des pays riches, parce que ce sont eux qui
disposent de suffisamment de ressources pour en donner aux autres. Mais, d’une
certaine manière, l’engagement profond de nombreux pays d’Amérique latine et
des Caraïbes dans ce processus démontre qu’on n’a pas besoin forcément d’être
riche pour se montrer solidaire», a estimé le chancelier du Brésil dont le
propre gouvernement ne manifeste par ailleurs de véritable solidarité envers sa
propre population.
La délégation haïtienne était
composée du ministre de facto de la Coopération externe, Roland Pierre, de deux
conseillers économiques du président constitutionnel, Daniel Dorsainvil et
Gabriel Verret, de la première sénatrice du Centre, Edmonde Supplice Beauzile
de la Fusion des sociaux démocrates, et du député de Pétionville de Lespwa,
Steven Benoît.
Dans son intervention, Gabriel
Verret a eu le temps de passer la brosse à reluire, en faisant l’éloge de la gestion macro-économique du régime de
facto, tout en promettant que le nouveau gouvernement allait adopter des
mesures spéciales pour contrôler les dépenses publiques et accroître les
recettes de l’Etat. «La prochaine
administration va essayer de mettre la pression fiscale autour de 12,13% durant les prochaines années contre
seulement 9,1% actuellement», a annoncé Verret devant l’assemblée.
De son côté, le conseiller Daniel
Dorsainvil a fait part d’un programme dénommé «Programme d’apaisement social» préparé par l’équipe de René Préval
visant «à mettre en œuvre un
ensemble d’activités dans les prochains mois, dans le but d’aider les groupes
les plus vulnérables sur l’ensemble du territoire national». Les deux
principaux axes de ce programme, a précisé Dorsainvil, tourneront autour de l’accès au service de
base et à la création d’emplois. Au bout du compte, un programme idéal: avec
d’un côté du concret comme la réduction des dépenses publiques pour satisfaire
le FMI et la Banque mondiale, et de l’autre, pour le peuple, des promesses de
création d’emplois sous forme d’«abstractions», sans dire lesquels et comment.
On comprend que Verret n’ait eu aucun scrupule ni de complexe à vanter le
régime de facto, puisque le nouveau gouvernement n’aurait, pour tout programme,
qu’à reprendre la sébile là où Gérard Latortue et consorts l’auront
déposée? Point n’est besoin d’un
«conseiller» pour perpétuer le même scénario!