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Boniface
Alexandre «Je suis satisfait et je pars
le cœur net, je pars avec l'intime conviction que j'ai accompli la mission qui
m'a été donnée»
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Le président de
la République, René Garcia Préval, a annoncé le 16 mai avoir reçu la lettre de
démission du président de facto Boniface Alexandre comme président de la Cour
de Cassation pour des raisons de santé.
C'est en vertu de ce poste qu'il avait été pris pour occuper la
présidence de la République au lendemain du coup d'Etat/kidnapping du 29
février 2004 perpétré contre le président Jean-Bertrand Aristide par le trio
impérialiste Washington-Paris-Ottawa. Ce pour donner une apparence
«constitutionnelle» au régime de facto.
Pourtant, quelques jours seulement auparavant, Me Boniface Alexandre
exprimait encore sans ambages sa volonté de rester à la tête de la plus haute
cour après la passation du pouvoir au président René Préval. «Personne ne peut m'empêcher d'être le
président de la Cour de cassation parce que j'ai un mandat de 10 ans qui
prendra fin le 5 juin 2010. Aucun texte de loi ne m'interdit de retourner à la
Cour de cassation parce que si je suis là comme président provisoire c'est
parce que je suis président de la Cour de cassation. Naturellement, je suis
empêché, je ne peux pas y aller maintenant. Mais après la passation du pouvoir,
il dépendra de ma volonté d'y aller ou de ne pas y aller», déclarait le président
de facto Boniface Alexandre dans une entrevue le 6 mai à Radio Vision 2000.
Il avait en une autre occasion vanté les mérites de son administration
durant ces deux années passées au Palais national, pourtant entachées de
scandales de toutes sortes, dont le plus récent est l'affaire des bijoux en or
frappés d'émeraude déclarés volés dans la résidence fraîchement achetée par son
gendre et chef de cabinet particulier, Michel Brunache,
dans le quartier huppé de Miramar en Floride aux
Etats-Unis. Il faut souligner qu'une enquête est actuellement diligentée en
Floride pour déterminer si ces bijoux n'auraient pas un quelconque lien avec
les pièces d’émeraude et d’or, découvertes à l'Ile-à-Vaches par une compagnie
qui avait signé un contrat avec le régime de facto pour effectuer des
prospections sous-marines dans cette région d’Haïti.
«Je suis satisfait et je pars le cœur
net, je pars avec l'intime conviction que j'ai accompli la mission qui m'a été
donnée», a déclaré Boniface Alexandre; Je
ne peux que me féliciter de l'établissement et de l'aboutissement pour nous de
ce que fut notre mandat primordial et principal: permettre aux Haïtiennes et
Haïtiens de choisir en toute liberté et en toute transparence des dirigeants
élus dont la légitimité ne saurait être mise en doute.»
Alexandre qui s'exprimait à l'occasion d'une conférence de presse «d'adieu»
au Palais national le 12 mai, avait tenu également à féliciter plusieurs
membres du gouvernement de facto, principalement son chef le Premier ministre
de facto Gérard Latortue, pour les «prouesses» réalisées durant ces deux
dernières années, où les conditions de
vie de la population se sont plutôt nettement détériorées. « M. Latortue a eu la tâche ingrate d'avoir
été constamment sous les feux de la rampe et de tous les combats.», a admis Boniface Alexandre.
Pour sa part, Gérard Latortue s’est congratulé: «Le pays est unanime à reconnaître les performances en matière de
gestion des finances publiques et de gouvernance économique, tel que ceci peut
se réaliser à travers le rétablissement de grands équilibres macro-économiques,
l'augmentation substantielle des salaires des employés et cadres de la fonction
publique et notre ouverture sur la déconcentration administrative. Je crois que
personne ne peut dire que c'est le fait du hasard.» En fait d’effronterie, Latortue
bat le record. Et
l’on s’abstiendra d’énumérer les faits et les actes qui sous son administration
font de lui un véritable gibier de potence.
Cependant, il est ahurissant de constater que les autorités de facto
n'éprouvent aucune gêne à se décerner ainsi des satisfecit pour leur gestion,
alors qu'il est bien évident qu'elles laissent derrière elles un lourd héritage
que le gouvernement légitime de René Préval aura certainement toutes les peines
du monde à gérer, tant la corruption que les contrats signés sous le manteau
que Préval n’osera peut-être pas dénoncer. En effet, beaucoup de secteurs
exigent aujourd'hui que des enquêtes et des audits soient entrepris sur la
gestion de ce régime. Après son départ de la Primature, Gérard Latortue
sera-t-il en mesure de faire une déclaration de ses biens comme il avait
prétendu le faire lors de son arrivée en mars 2004? La même question peut
d'ailleurs se poser pour tous les membres de son cabinet. Et les grands airs que
se donne Boniface Alexandre ne devraient pas le mettre à l’abri, même s’il
n’aura été qu’un complice conjoncturel. Et le peuple ne fait que demander qu’on
lui passe la corde ainsi qu’à son complice Gérard Latortue.
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