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Captions : Et ce 18
mai, le nouveau président de la République René Préval, constitutionnellement
élu, en se rendant à l’Arcahaie, pour participer aux cérémonies officielles
traditionnelles pour rendre hommage au Bicolore haïtien, en attendant de former
son propre cabinet ministériel, devait le faire en compagnie des membres du
régime de facto
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18 mai 1803, cela fait 203 ans que le drapeau
national était créé au cours du Congrès de l’Arcahaie, où l’Armée indigène, sous le commandement de Jean-Jacques
Dessalines, prenait la ferme résolution de chasser les colonisateurs français
pour bâtir une nation libre et indépendante.
Malheureusement, cette célébration
intervenait encore cette année, dans un contexte où le sol national est occupé
par des troupes étrangères. Et ce 18 mai, le nouveau président de la République
René Préval, constitutionnellement élu, en se rendant à l’Arcahaie, pour
participer aux cérémonies officielles traditionnelles pour rendre hommage au
Bicolore haïtien, en attendant de former son propre cabinet ministériel, devait
le faire en compagnie des membres du régime de facto En effet, après avoir
assisté en l’église Saint-Pierre de la Cité du
drapeau à une messe célébrée par l’archevêque coadjuteur de Port-au-Prince, Mgr
Serge Miot, le président Préval a pris place, ainsi qu’une assistance composée
de membres du corps diplomatique, de parlementaires et des membres du
gouvernement de facto sortant, à la tribune officielle dressée sur la Place du
Drapeau, où des corps d’honneur et des majorettes exécutaient des défilés au
rythme de la Dessalinienne.
Dans son adresse à la
population massée autour, le chef de l’Etat a repris en substance le discours
prononcé lors de son investiture au Palais national quatre jours plus tôt en se
prononçant en faveur de l’établissement d’un climat de paix pour favoriser le développement du pays. «Aujourd’hui,
nous avons un besoin urgent de faire la paix, d’encourager les investissements,
d’augmenter la richesse nationale pour enfin cesser de quémander de l’aide aux
bailleurs de fonds internationaux» a clamé René Préval. Ensuite, il
s’inspiré de l’hymne national La Dessalinienne il a
repris en ses termes à lui ce vers «… Dans nos rangs point de traîtres…»
pour exprimer à satiété en créole: «Pour
qu’Haïti devienne plus belle, marchons la main dans la main…, mais il faut qu’en
notre sein il n’y ait pas de traîtres.»
Mais qui sont ces traîtres ? puisqu’à
l’époque de la guerre de l’indépendance, ces personnages étaient clairement
identifiés, c’étaient ceux qui se mettaient aux côtés des colons. On comprend
très mal ses propos dans le contexte actuel, d’autant plus qu’il n’en finit de
remercier les troupes d’occupation de la Minustah, tout en jouant au sophiste en disant
que «tant que nous demanderons de l’aide à la Communauté internationale,
nous sommes comme des enfants et nous ne sommes pas les maîtres de notre sol».
Pour cela, il lui faudra donc s’affirmer au pouvoir où il a été élu par le
peuple, autrement que par des coups de tête intempestifs
Il a ensuite énuméré les étapes devant conduire à cette récupération de
notre souveraineté: «Pour le départ des
troupes étrangères, il faut créer de la richesse, pour créer cette richesse, on
doit favoriser les investissements, pour attirer les investissements, et pour
qu’il y ait la paix, il faut qu’il y ait le dialogue.» Et pour tous ceux qui voudront faire obstacle
à l’établissement du climat de «paix», le chef de l’Etat les identifie comme
des «traîtres». «Tous ceux qui ne veulent pas faire leurs les valeurs
d’unité, d’autonomie et de souveraineté promues par l’Hymne
national sont des traîtres. Aujourd’hui ceux qui ne veulent pas payer des
impôts, ceux qui continuent à faire de la contrebande, à patauger dans la
corruption, sont autant de traîtres constituant des obstacles à la réalisation
de la paix » a ponctué René Préval qui devra donc aussi, dans cette
perspective, faire siennes les revendications exprimées par tous les secteurs.
Mais jusqu’à présent, ces traîtres restent du domaine de l’abstraction.
Car les traîtres, ceux qui se sont
mis avec les puissances étrangères pour plonger le pays dans ces deux années de
sang, ne semblent point être inquiétés et négocient même leurs places au sein
de son pouvoir.
René Préval, certes, se débat dans
une «logique de la paix», dont il n’a pu encore accoucher la formule, car
comment parler de paix, quand des centaines de prisonniers politiques
croupissent encore dans les geôles pour s’être dressés contre les traîtres?
quand ceux qui ont déclenché la guerre n’ont pas encore désarmé ?…
D’ailleurs des centaines de manifestants regroupés autour de la place le
lui rappelaient et exigeaient le retour physique du président Jean-Bertrand
Aristide et l’arrestation du Premier ministre de facto Gérard Latortue qui est, selon eux, le principal responsable de
toutes les persécutions exercées contre la militants Lavalas
depuis le coup d’Etat du 29 février 2004. Ils conspuaient les bourreaux du
régime de facto, notamment le ministre de facto de l’Education
nationale, Pierre Buteau, en scandant lors de leurs
interventions: «Préval, dépêchez vous de faire revenir Aristide! Nous avons
voté Préval pour obtenir le retour d’Aristide.» Un message clair que le nouveau président
entend sans cesse, même au cours de ses précédentes tournées à l’étranger. Le
peuple, décidément, ne veut point encore une fois voir «l’espoir» se substituer
à la mémoire de tous ceux qui sont tombés sous les balles durant ces deux
dernières années.
René Préval, président
constitutionnel de la République, devra donc tenir compte de tous les secteurs,
sans exclusion des revendications des exclus de toujours, pour réaliser cette
paix qu’il prêche et désire tant…