Installation du Parlement
Jusqu’où ira la «concertation»?
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De gauche à droite Edmonde Supplice Beauzile vice-président (Fusion), Joseph Lambert président de l’Assemblée nationale (Lespwa) et Evelyne Chéron premier secrétaire (Fanmi Lavalas )
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Les députés et sénateurs n’auront pas tardé à se mettre à l’œuvre à quelques jours de leur élection à l’Assemblée nationale. Ils ont pu se doter d'un bureau et pour la Chambre basse et pour le Sénat les 10 et 11 mai, pour être fin prêts pour l’investiture du président de la République qui allait se tenir le dimanche 14 mai.
Le député de Lespwa pour la circonscription de Delmas/Tabarre, Pierre Eric Jean Jacques a eu le poste de président du bureau de la Chambre des députés dans la soirée du 10 mai après des pourparlers à huis-clos, grâce à une entente survenue entre les députés de son parti et ceux de Fanmi Lavalas. Ce bureau est ainsi complété: Jean David Génésté de l'Alyans demokratik (Evans Paul), vice-président; Jean Acluche Louis Jeune de l'OPL, premier secrétaire et le député Ricodeau Bien-Aimé du MPH au poste de deuxième secrétaire.
Pour le Sénat, le consensus, pour ne pas dire la concertation, aurait été la règle. Comme à la Chambre basse, c'est un parlementaire de Lespwa du président Préval, le sénateur Joseph Lambert du Sud-Est, qui a été élu président après le désistement en sa faveur de son collègue du département du Nord sous la même bannière que lui. «Je n'oublierai jamais cette unité combien difficile dans la diversité des tendances politiques qui a rendu possible mon élection à la tête du bureau», a estimé Lambert. En effet, si on ne peut parler de différentes tendances, on peut cependant reconnaître qu’il y a pas mal de «diversité», puisque seize partis au moins sont représentés au Parlement, mais seule la plate-forme Lespwa détient un nombre significatif de sièges, avec onze au Sénat et une vingtaine de députés. C’est très éloigné d’une majorité avec une Assemblée nationale qui compte 99 députés et 30 sénateurs.
Au Sénat, outre le président du bureau Joseph Lambert qui devient ipso facto le président de l’Assemblée nationale, on compte comme vice-président, premier et deuxième secrétaire: Edmonde Supplice Beauzile du département du Centre, sous la bannière de la Fusion des sociaux-démocrates, Evelyne Chéron de Fanmi Lavalas pour le département de l'Ouest et François Fouchard Bergrome de l'Artibonite pour Latibonit an Aksyon (LAAA) et le questeur Joseph Pierre-Louis de l'OPL du département des Nippes après un vote face à Nènel Cassy de Lespwa par un vote à 15 contre 10. C’est donc la concertation qui a fonctionné, car si les sénateurs de Fanmi Lavalas s’étaient joints à Lespwa en l’occurrence, Nénèl Cassy l’aurait emporté. On aura sans doute voulu faire sucer un os à l’OPL de Paul Denis pour tenter d’assagir ce dernier. Mais il en faudra plus à cet assoiffé!
Rappelons que pour le moment on ne compte que 87 députés et 27 sénateurs qui en attendant la reprise des élections là où elles avaient été annulées par le Conseil électoral provisoire (CEP).
Tout ce monde avait prêté serment les 8 et 9 mai dans des conditions extrêmement difficiles, et les députés avaient dû faire fi de toute règle pour se plier à cette cérémonie par groupe de dix, à cause de la pénurie d'électricité. Ils avaient même été obligés d’utiliser des chandelles pour se voir l'un l'autre. Quant aux toilettes, n’en parlons pas, et il ne serait pas étonnant de voir des parlementaires avoir à sortir pour pisser sur les murs. Raison de plus pour ces derniers de tenir compte de la plainte des organisations d’étudiants pour diligenter une enquête sur la gestion de Gérard Latortue, puisque comme on le sait des sommes avaient été versées pour la restauration du Palais législatif. Et c’est pratiquement dans les mêmes conditions que les sénateurs ont pu prêter serment
En fin de compte, ces préparatifs ont pu être menés à bien sans aucune casse véritable, mais il n’y avait aucun enjeu en tant que tel, et il faudra attendre la suite, comme le choix du Premier ministre pour voir dans quelle mesure cette admirable «concertation», que prône le président Préval, survivra si ce dernier rechigne à se soumettre à la volonté d’une pléiade d’opportunistes à la solde de ladite communauté internationale contre les véritables intérêts des masses haïtiennes et du pays.
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