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« La circulation sera interdite aux véhicules et aux personnes non autorisées sur tout le périmètre stérile, marquée en jaune sur le schéma… » Cette disposition va à l’encontre de ce qui commençait déjà à devenir une tradition, à savoir la participation populaire aux investitures présidentielles.
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La Minustah et la Police nationale ont décidé
la mise en place d’un important dispositif de sécurité pour l’investiture du
président René Préval le 14 mai, dans un périmètre
bien déterminé et assez étendu, couvrant les zones de la Cathédrale, du
Parlement et du Palais national, où doivent se dérouler respectivement le Te
Deum, la prestation de serment et la «passation de pouvoirs».
La
Minustah a publié une carte de l’aire métropolitaine avec des indicatifs pour
les quartiers ciblés dans ce périmètre. Une note accompagnant cette carte
précise que «la circulation sera
interdite aux véhicules et aux personnes non autorisées sur tout le périmètre
stérile, marquée en jaune sur le schéma. Trente et un points de contrôle,
marqués en rouge sur la carte, seront répartis tout autour de la zone de
sécurité. Les restrictions concernant le périmètre de sécurité seront
effectives du 13 mai à 5h00 de l’après-midi au 14 mai à 6 h00 de
l’après-midi».
Lors
d’une conférence de presse le 27 avril, le porte-parole de la police de la
Minustah, Marc Jacquet, qui présentait le plan de sécurité, a invité les
riverains des quartiers concernés à garer leurs voitures à l’extérieur du
périmètre de sécurité. « C’est un
moment très important, expliquait Marc Jacquet, pour chaque pays et la sécurité
mise en place par la Police nationale d’Haïti (PNH) est l’élément primordial
pour la Minustah (…) La PNH et la Minustah sont là pour garantir la sécurité au
maximum du président, des différents chefs d’Etat et délégations qui vont
arriver dans le pays, ainsi que celle de la population.»
Cette
disposition va à l’encontre de ce qui commençait déjà à devenir une tradition,
à savoir la participation populaire aux investitures présidentielles. Par
exemple, des centaines de personnes avaient investi les zones environnantes du
Palais national lors des deux prises de pouvoir du président Aristide. Mais
brusquement, semble-t-il, malgré la présence de toutes ces forces étrangères
dans le pays, les règles ont changé et les électeurs doivent se tenir à
carreau.
Pourtant,
les délégations étrangères de haut niveau ne seront pas légion, pour toute
cette mise en scène militaire. La République dominicaine, le pays voisin, a
annoncé dans un communiqué que c’est le chancelier Carlos Morales Troncoso qui sera à la tête de sa délégation, et non pas le
président Leonel Fernandez. Cela peut s’expliquer
aussi par les incidents qui avaient
perturbé la visite qu’effectuait en décembre dernier à Port-au-Prince Leonel Fernandez au régime de facto.
Quant
au Brésil, qui assure le commandement de la Minustah, il délèguera son
vice-président également ministre de la Défense, José Alencar, et le président
Lula ne sera pas de la partie, alors qu’il avait trouvé tout naturel de venir
en Haïti en plein régime de facto à l’occasion de ce fameux «match de la paix»
où le 0nze brésilien affrontait son homologue local. Mais pour les autorités
brésiliennes, la présence de Alencar à cette occasion symbolisera «l’expression
du soutien de haut niveau que le Brésil apporte au processus de stabilisation
du pays».
D’un
autre côté, Taiwan a renoncé à envoyer son Premier ministre, Su Tseng-Chang. Le ministre taiwanais des Affaires étrangères
a en effet annoncé le 30 avril avoir été prévenu par Port-au-Prince que M. Tseng-Chang ne pourra plus participer à la cérémonie en
raison des pressions exercées par la Chine populaire qui a menacé de faire
usage de son droit de veto au Conseil de sécurité contre le renouvellement du
mandat de la Minustah en août prochain si Taiwan se faisait représenter à un
trop haut niveau à l’investiture.
Mais
cela importe peu pour toute cette communauté internationale, qui se garde bien
de manifester trop visiblement la «réussite» de sa «transition», trop occupée à
écarter le peuple sinon à isoler le nouveau président dès la journée même du
début officiel de son mandat.
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