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Robert Ménard, qui dirige
Reporters sans frontières (RSF)
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Le 3 mai 2006 a ramené la Journée mondiale de
la liberté de la presse, qui en était à sa sixième édition. Cette année,
l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture
(Unesco) avait placé l’événement sous le thème: «Médias, développement et
éradication de la pauvreté». Tout un programme qui n’en finit pas d’être
proclamé par des organismes plus ou moins bien intentionnés tandis que la
misère continue à s’accroître de par le monde sous les coups des «remèdes» de
la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.
«Il
importe de reconnaître que le respect de la liberté et de l’indépendance des
médias est une dimension essentielle de la lutte contre la pauvreté pour deux
raisons. Premièrement, des médias libres et indépendants assurent le partage de
l’information et facilitent ainsi la bonne gouvernance, offrent des
possibilités d’accéder à des services essentiels, de promouvoir la transparence
et de combattre la corruption, et tissent des liens entre des citoyens
informés, critiquent et sont soucieux de participer à la vie publique comme des
élus responsables. Deuxièmement, la liberté et l’indépendance des médias sont
liées à toute une série de bienfaits ou d’avantages qui jouent un rôle
extrêmement important dans la lutte contre la pauvreté…» déclarait le
directeur général de l’Unesco, Koichiro Matsura à la conférence internationale organisée pour la
circonstance à Colombo, au Sri Lanka.
Et justement, parlant de corruption, ou comme on dit quand on parle du loup
on voit sa queue… Et en cette journée, on voyait mieux que cela, car l’effronté
Robert Ménard, qui dirige Reporters sans frontières (RSF) ne pouvait ne pas se
montrer, lui le corrompu qui reçoit de l’argent de la CIA et de la mafia pour
diffamer la Révolution cubaine. Avec Robert Ménard, c’est le ver qui est dans
le fruit et on ne peut lui demander de combattre la corruption dont il fait son
beurre. Et après un relatif silence sur la situation des journalistes en Haïti,
durant ces deux années où au moins en une occasion on l’a vu se pavaner avec le
Premier ministre de facto Gérard Latortue, il est revenu comme par
enchantement, à la veille de l’investiture de René Préval,
s’épancher sur leur sort. «Si
l’enquête sur la mort de Jacques Roche a progressé rapidement, les dossiers
Jean Dominique de Radio Haïti Inter, assassiné en 2000 et Brignol
Lindor de Radio Echo 2000 exécuté en 2001, se heurtent toujours à des impasses
judiciaires qui font craindre une impunité définitive», déclarait-il. Mais
pas un mot des autres, tels que Abdias Jean dont les
circonstances de leur décès sont établis, tués par des policiers du régime de
facto en toute impunité! Ménard sait
choisir ses victimes, pourrait-on dire.
En Haïti, une conférence était
organisée par la Minustah et l’Unesco: «Médias libres et indépendants pour
consolider une gouvernance démocratique en Haïti». Rien de bien spécial, de
bien grands mots qui ne portent pas à conséquence pour les discoureurs du jour.
Tel Thierry Fagart, responsable des droits humains à
la Minustah qui déclamait: «Il est important de ne jamais oublier que, si le
journaliste est un citoyen avec tous les attributs de la citoyenneté, il a
cette responsabilité particulière dans le traitement de l’information parce
qu’il joue un rôle déterminant dans la façon dont un pays va progresser (…) Il
n’est pas normal que, parce que l’on est proche, ou supposé proche d’un pouvoir
en place, on ne puisse pas répondre à la justice, dès lors qu’on a commis des
actes qui sont graves.» Par contre Fagart ne semble pas gêné par le nombre de prisonniers
politiques maintenus arbitrairement en prison, sans jugement depuis environ
deux années. Comme si les dirigeants de la Minustah et la «communauté internationale»,
comme le rappelait encore l’ex-Premier ministre
incarcéré Yvon Neptune (voir la précédente édition de Haïti-Progrès),
ne détenaient pas le pouvoir d’exiger de leurs marionnettes du régime répressif
de facto leur libération!
L’Association
nationale des médias haïtiens (ANMH), regroupement des médias à la solde de la
bourgeoisie, s’y mettait aussi pour exprimer ses bons sentiments et publiait le
3 mai une note solennelle, disant: «Après avoir traversé les turbulences des
vingt dernières années de transition en accompagnant valablement les multiples
étapes de cette quête démocratique du peuple haïtien, la presse haïtienne doit
chaque jour se mettre à niveau, se questionner, faire les remises en question
indispensables, faire son bilan pour trouver les ressorts sur lesquels sera axé
son travail d’informer, de conscientiser, d’accompagner les auditeurs, les téléspectateurs,
les lecteurs, les internautes… » Un
«accompagnement» qui invite plutôt tout ce monde visé à une vigilance redoublée
face à la désinformation et au mensonge par omission de cette même ANMH…
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