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Chômage et cherté de la vie et corruption… légalisée!
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Le pasteur Edouard Paultre reçoit un salaire équivalant à plus de 3500 dollars us par mois à titre de président d’une de ces commissions bidons. Et quand on sait, comme on le mentionne plus haut, que ce genre de commission pullule et qu’elles comprennent chacune de nombreux membres, on peut se faire une idée du pillage légalisé, en toute «transparence», qui a cours.
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Si les hommes d’affaires ont largement bénéficié des faveurs du gouvernement de facto, dont ceux par exemple qui ont obtenu trois ans d’exonération de taxes, et d’autres qui se sont vu accorder des franchises douanières et autres, leur enrichissement, comme le voudraient les néo-libéraux, n’a cependant eu aucune retombée sur la grande masse de la population. Pour celle-ci, c’est le chômage qui va en augmentant, et «le milliard» du Cadre de coopération intérimaire (CCI) est passé bien loin d’elle.
Pourtant dans un pays où le revenu moyen par habitant se situe à 400 dollars us, comme viennent de le rappeler les rapports respectifs de la Banque mondiale et du PNUD, on ne peut pas dire que les acolytes et complices du coup d’État du 29 février 2004 soient au régime de pain sec. Comme on a pu le voir, au cours de ces deux années de gouvernement de facto, le Premier ministre de facto Gérard Latortue n’a pas manqué d’imagination pour mettre sur pied commissions sur commissions et autres comités pour faire profiter toute son écurie de son exemplaire «gouvernance». Ainsi que rapporté dans ces pages, et pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres, le pasteur Edouard Paultre reçoit un salaire équivalant à plus de 3500 dollars us par mois à titre de président d’une de ces commissions bidons (voir dans ce numéro l’article «Pilotage dans le brouillard»). Et quand on sait, comme on le mentionne plus haut, que ce genre de commission pullule et qu’elles comprennent chacune de nombreux membres, on peut se faire une idée du pillage légalisé, en toute «transparence», qui a cours.
Ce n’est là, pourtant, que la pointe de l’iceberg, puisque la gabegie et la corruption s’exercent sur tous les fronts. Ainsi dans son repaire du ministère des Affaires étrangères, le titulaire l’ex-général Hérard Abraham se livre lui aussi à des largesses, et les légations, ambassades et consulats se remplissent de nouveaux employés, à tel point qu’à l’ambassade d’Haïti à Washington, où trône l’ambassadeur de facto Raymond Joseph, on trouve plus d’employés que de chaises. Il en est ainsi ailleurs, comme à Panama. À Montréal, le consulat réaménageait il y a peu dans un édifice plus «prestigieux», sans doute pour mieux représenter l’opulence dans laquelle nagent les bénéficiaires du coup d’État de février 2004. On n’en finirait pas d’énumérer les «techniques» utilisées par les «technocrates» pour mettre le Trésor public en coupe réglée, et encore moins arriverait-on à connaître toutes les filières empruntées par les putschistes pour s’enrichir aux dépens des démunis. À ce titre, n’était-ce le vol commis dans la maison de Miami, aux Etats-Unis, de Michel Brunache, chef de cabinet du président de facto Boniface Alexandre, on ne saurait pas à quel point cet individu a eu le temps de s’enrichir en moins de deux années. Et il doit bien y en avoir bien d’autres dans ce cas qui n’auront pas le malencontreux sort de Brunache de faire révéler le fruit de leurs rapines par des voleurs ou… confrères. Entre-temps les conditions d’existence de la population continuent à se détériorer. D’abord, le régime de facto a aussi mis du sien pour faire augmenter un chômage endémique, en révoquant sans autre forme de procès nombre d’employés et d’occasionnels des administrations publique et parapublique issus pour la plupart des quartiers défavorisés sous prétexte que ces derniers sont des partisans du président Aristide. Il en a été ainsi à la Compagnie nationale des télécommunications (Teleco), à l’Autorité portuaire nationale (APN), à l’Office national d’assurance vieillesse (ONA), etc. Notons aussi que la pénurie quasi totale de courant électrique met nombre de petits artisans et d’ouvriers à leur compte au chômage forcé.
Et tandis que diminue le pouvoir d’achat de la grande majorité, parallèlement se poursuit l’augmentation des prix des produits de première nécessité. Évidemment la question du contrôle de ces prix n’est même pas effleurée, puisque le néolibéralisme étant roi, il est tabou même de l’évoquer. Pas question non plus de subventionner certaines denrées.
Ainsi, le prix des combustibles, comme l’essence pour les véhicules de transport public, qui influe automatiquement sur tous les autres, suit les hausses du marché international, même si le stock en circulation avait déjà été acquis à un prix moins élevé, et aucun correctif n’est apporté, comme le faisait le gouvernement constitutionnel du président Aristide avant le coup d’État.
Le régime de facto et ses économistes, tel le ministre de facto des Finances et de l’Économie Henri Bazin, ont beau jeu de se gargariser de leurs belles performances «macroéconomiques», et Gérard Latortue peut à juste titre se vanter de sa bonne «gouvernance», puisqu’en fait ce n’est là qu’un néologisme pour désigner «l’intendance» qu’il assure pour ses tuteurs de la «communauté internationale», entre-temps la population doit faire face à la dure réalité «microéconomique», comme en atteste l’évolution vertigineuse et régulière des prix de certains produits de base d’un mois à l’autre.
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