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«Toute la grosse machine est bien
huilée et est prête à organiser les élections», a indiqué le secrétaire général du CEP Rosemond Pradel.
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La nouvelle journée de répétition lancée le 17 avril à travers le pays
par le Conseil électoral provisoire (CEP) pour préparer le «bon déroulement» du
second tour des législatives a plutôt été un véritable fiasco. Pendant que le
directeur général du CEP, Jacques Bernard déclarait attendre avec beaucoup
d’optimisme ce scrutin, à trois jours de la date, de nombreux problèmes n’ont
pas encore trouvé de solution.
De nombreux habitants des différents départements, notamment ceux du Centre, se montrent très peu enthousiastes à
participer. Certains d’entre eux ont affirmé ne pas savoir qui voter en raison
de l’absence de meetings politiques que devraient organiser les concurrents.
Certains candidats se déclarent même sceptiques, en s’interrogeant sur la capacité du personnel des bureaux de vote à mener à bien les opérations, tout en appelant le peuple haïtien à se rendre
en masse aux urnes.
De son côté, l’un des candidats au
Sénat de la Plateforme Lespwa dans la région des Nippes, Chérimond Saint
Julien, a fustigé les autorités électorales de ce département pour avoir
minimisé toutes les revendications.
Pour sa part, le candidat à la députation pour la circonscription Bassin
Bleu/Chansolme, Denis Saint-Fort, a réclamé la mise sur pied d’un tribunal
international pour juger les membres de la Minustah en cas de boycottage des
élections par ces derniers. Saint-Fort qui a dénoncé un plan tramé par la
Minustah dans la région, a fait ces déclarations à la suite de l’arrestation
d’un autre candidat à la députation pour la circonscription de Jean-Rabel par
les Casques bleus.
D’un autre côté, le président du BED
du Sud, Frantz Badette, a dénoncé les opérations de recrutement des membres des
BV faites à son insu. Frantz Badette a menacé de bloquer la réalisation le
scrutin s’il ne peut en pas en avoir le contrôle.
Quant à cette nouvelle journée électorale de ce 17 avril, il était aisé de
constater l’absence du personnel dans les quelques rares centres de vote dans la
région métropolitaine et en province. En effet, les managers, superviseurs et
membres des BV ont boudé l’appel du CEP à participer à cette journée de
répétition générale.
Mais le Conseil électoral provisoire se déclare néanmoins optimiste quant
au succès de ces élections. «Toute la grosse machine est bien huilée et est
prête à organiser les élections», a indiqué le secrétaire général du CEP
Rosemond Pradel, qui s’est contenté par ailleurs de déclarer que les listes
électorales partielles seront affichées dans tous les centres de vote 48 heures
avant l’ouverture des bureaux, en soulignant que des dispositions seront prises
pour le rapatriement des procès-verbaux. Il a dans le même temps annoncé la
révocation des principaux responsables des BED Sud, du Nord-Est et du
Nord-Ouest ainsi que ceux d’un bureau électoral communal dans les Nippes, pour
soi-disant éviter certaines irrégularités constatées lors du premier tour. Par
ailleurs, le Conseil électoral provisoire a annoncé que son centre de diffusion
sera désormais hébergé dans les locaux de l’institution à Delmas, suite aux
difficultés rencontrées pour trouver un édifice privé à cet effet après son
expulsion de l’hôtel Montana, où les partisans de Lespwa avaient fait irruption
pour protester contre les manipulations du vote populaire.
Pour sa part, le conseiller électoral Patrick Féquière a invité la
population à rééditer l’exploit du 7 février en se rendant massivement aux
urnes. Patrick Féquière qui a estimé que seul un vote massif peut empêcher
toute tentative de fraude, a déploré le fait que le CEP n’ait pas mis l’accent
sur la campagne d’éducation civique. Pourtant, plus de 200 mille dollars ont
été affectés à ce domaine.
Réagissant aux allégations de Patrick Féquière, le président du CEP Max
Mathurin a dit reconnaître que la campagne d’éducation civique était dans
l’impasse du fait que la firme engagée par le PNUD est confrontée à des
difficultés. Comme si la responsabilité d’éviter de s’engager à la légère avec
une firme non fiable n’incombait pas totalement au PNUD!
Par ailleurs, parmi les mesures
annoncées par la Minustah et le CEP figurent un «plan de sécurité intégré» comportant des militaires et policiers
de l’ONU ainsi que des policiers haïtiens, selon le général brésilien José
Elito Carvalo Siquiera. Ce dernier qui s’est montré plus que jamais optimiste,
a précisé que tout l’effectif des forces de l’ordre a été mobilisé pour
garantir la sécurité de la journée électorale.
Cependant, malgré ces mesures spéciales annoncées par la Minustah et
l’affirmation du CEP selon laquelle sa «grosse machine est bien huilée et est
prête à organiser les élections», il est permis de s’interroger sur la
véritable finalité des séances spéciales de répétition électorale, dès lors que
le traitement des votes et procès-verbaux du second tour est régi de façon
identique au premier tour où l’on avait pu assister aux grossières tentatives
de voler la victoire au premier tour du candidat à la présidence de Lespwa?