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20 mars 2006 Journée de la légalité à la frontière pour dénoncer la traite et le
trafic de personnes à la frontière haïtiano dominicaine.
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Le 10 avril le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR)
lançait un autre cri d’alarme dans un communiqué pour dénoncer le trafic des
Haïtiens vers la République dominicaine. L’organisme y fait état d’un autre
groupe de 56 ressortissants haïtiens dont 6 mineurs qui ont été abandonnés par
des passeurs, et perdus entre le 29 mars et le 6 avril dans les montagnes du
Bahoruco, en territoire dominicain. Heureusement ils ont pu être rapatriés, car
d’autres avant eux, comme on le sait, ont déjà perdu la vie dans ces
conditions. Recrutés dans le sud-est d’Haïti, le trafiquant avait exigé deux
mille gourdes par tête. De son côté, le Service jésuite aux réfugiés et
migrants (SJRM) a fait état dans un rapport de l’arrestation le 9 mars dernier
d’un passeur à Ouanaminthe, qui tentait d’emmener en République dominicaine 42
personnes dont une femme enceinte et des enfants qu’il avait enfermés dans un
camion.
Mais si l’on peut
considérer certains cas de trafiquants agissant personnellement, il n’en
demeure pas moins vrai qu’avec la période de la coupe de la canne, la zafra, où
les centrales sucrières sont en pleine activité, il existe un recrutement quasi
officiel qui s’étend sur la même période, de novembre à avril. Et d’année en
année des individus sans scrupules arrivent à leurrer des compatriotes à venir
travailler en République dominicaine. Et comme on l’a déjà rapporté, ils
bénéficient assez souvent de la complicité de certains secteurs dans ce pays
qui y trouvent leurs avantages. En commençant par certains militaires contre
qui, bon gré mal gré, il arrive aux autorités de devoir sévir.
Mais ce n’est là que
feu de paille, car en même temps que s’effectuent ces recrutements pour de
nouveaux bras, les dirigeants dominicains procèdent à des expulsions. Ainsi le
29 mars, environ 400 Haïtiens dans le sud-ouest de la République dominicaine
ont été refoulés par la ville frontalière d’Anse-à-Pitres. Mais trois jours
auparavant, les Comités des droits humains de Fonds-Verrettes et de
Fonds-Parisien, membres du Réseau binational Jeannot-Succès, avaient signalé le
passage d’une dizaine de camions transportant des ressortissants haïtiens en
direction du territoire dominicain.
Le GARR rappelle que le 6 octobre 2005, le ministre
de facto des Affaires étrangères Hérard Abraham avait annoncé des mesures
visant à sanctionner la
traite de personnes. Depuis lors cependant, aucune information sur la
progression de ce dossier n’est sortie de ses bureaux.
Et pour cause, profitant du laxisme des autorités haïtiennes, les
trafiquants poursuivent leurs activités comme bon leur semble. La mort par
asphyxie le 10 janvier dernier de 24 Haïtiens entassés dans un container n’aura
alerté ces dirigeants que le temps que l’affaire se dissipe dans l’opinion. Le
Réseau Jacques Viau avait publié après ce drame un bulletin pour souligner que
80 Haïtiens ont trouvé la mort et 98 autres blessés dans six cas tragiques au
cours de la dernière décennie. Ce ne sont plus là des accidents, mais bien une
situation qui perdure, et n’attire l’attention que lorsque se produisent des
tragédies.
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