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Le conseiller
Louis Gerson Richemé: «Il n’y avait pas assez de motivation à la journée de
répétition électorale organisée à l’intention du personnel des centres de vote…
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Le directeur exécutif du Conseil électoral
provisoire (CEP), Jacques Bernard, s’est accordé un satisfecit pour la journée
de répétition électorale organisée à travers le pays le dimanche 9 avril.
Réalisée à l’intention des membres des centres de vote, cette simulation
électorale devrait permettre aux responsables de mieux comprendre leur travail
pour le second tour des législatives prévu pour le 21 avril.
A
l’occasion d’un point de presse à ce sujet ce jour-là, Jacques Bernard a
déclaré: «Nous sommes très satisfait de la journée de répétition
électorale… » Cependant, si pour
lui, c’est une réussite, par contre, pour les conseillers électoraux, ce fut un
véritable fiasco. Ainsi, dans une interview à la radio, le responsable de
communication au CEP, le conseiller Louis Gerson Richemé disait: «Il n’y
avait pas assez de motivation à la journée de répétition électorale organisée à
l’intention du personnel des centres de vote. Moi-même en tant que conseiller, j’étais
au courant de la tenue de cette journée. Cependant, la motivation qui a eu lieu
par exemple lors de la journée nationale d’enregistrement des électeurs dans
les différents départements géographiques du pays n’existait pas.» Cette opération n’a pas eu lieu à Jacmel,
par «manque de planification».
Richemé
a par ailleurs réitéré la volonté du CEP de ne pas comptabiliser les votes
blancs pour le second tour des législatives. Toutefois, au niveau de la
communauté internationale, il y a un sérieux désaccord entre les divers
secteurs autour de la question des votes blancs au premier tour comme au second
tour. Alors que la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE)
a indiqué que la comptabilisation et la répartition des votes blancs aux candidats
constituaient une violation flagrante du décret électoral, la Mission
internationale d’évaluation des élections (MIEEH) a plutôt recommandé au CEP
que cette formule soit encore utilisée. En effet, dans un second rapport publié
sur les élections du 7 février, la MIEEH a saisi l’opportunité pour exiger
l’utilisation de la même méthode de compilation des votes blancs utilisés pour
l’élection présidentielle.
Notons
que la méthode de compilation des votes blancs qui ne figure pas dans le décret
électoral, avait servi de prétexte au CEP pour ne pas proclamer la victoire de
René Préval au premier tour de la présidentielle, et pour ensuite, malgré le vote massif en sa
faveur faire passer cette victoire incontestable au premier tour pour un
compromis.
On s’aperçoit que tout n’est pas au
beau fixe, et qu’entre les responsables des élections, tout est loin d’être au
beau fixe. Jacques Bernard lui-même, tout en disant qu’il avait l’appui du CEP,
reconnaissait que tout n’allait pas bien avec «un ou deux d’entre eux».
La question qui nous intéresse,
c’est de savoir le pourquoi de ces désaccords. Sans vouloir spéculer, il semble
que certains conseillers, pour une raison ou une autre, seraient plutôt
réticents à collaborer aux tours de passe-passe utilisés par Jacques Bernard au
premier tour pour voler la victoire à René Préval, le forçant à aller à un
second tour pour épuiser ses troupes et les moyens de la plate-forme Lespwa que
l’on sait avoir refusé des fonds offerts par l’Usaid pour la compromettre.
À cette étape, la «communauté
internationale» et ses différents mandataires indigènes ne se donnent pas pour
autant pour battus. Et il est sûr qu’ils complotent d’arrache-pied pour éviter
toute possibilité pour Lespwa d’avoir un Parlement favorable au président élu.
On sait que de la majorité constituée dans les deux Chambres dépendra le choix
du Premier ministre qui détient en fait le pouvoir en tant que chef du
gouvernement.
Il va falloir que le peuple
haïtien continue sur sa lancée, se montre encore plus vigilant, et apporte son
vote à nouveau en masse aux candidats aux législatives de Lespwa qui, s’il ne
détiendra pas par la force des choses la majorité au Parlement, vu le nombre de
ses candidats, pourra au moins compter sur un nombre appréciable qui lui permettra
de lier sans trop de problèmes une alliance pour orienter le pouvoir, en
principe, vers la satisfaction des revendications populaires.
Le tableau des
concurrents se présente en effet comme suit pour le deuxième tour:
pour les 99 sièges de députés, on compte 166 candidats répartis entre:
Lespwa: 32 candidats; Fusion, 23; OPL, 22, Alyans, 20; Union, 14;
Konba, 9; RDNP, 8; «Lavalas» ou ce qui se présente comme tel, 7; Latibonit ann
Aksyon, 4; Mochrenah, 4; MPH, 4; MRN, 4; ADEBAH, 3; JPDN, 2; MIR, 2; PLH, 2;
PON, 2; FRN, 1; Tèt Ansanm, 1; Inite, 1; pour les 30 sièges au Sénat, on compte
54 candidats (en faisant abstraction des deux sénatoriales annulées qui doivent
être reprises séparément): Lespwa avec 15; Fusion, 7; «Fanmi Lavalas», 5;
Union, 5; OPL, 5; MIR, 3; Alyans, 2; Konba, 2; Latibonit ann Aksyon, 2;
Mochrenah, 2; FRN, 1; GFCD, 1; JPDN, 1; MPH, 1; PON, 1; RDNP, 1.