04 Avril 2006

April 04, 2006

04 Avril, 2006
Vol. 24 No. 04

Jacques Bernard l’envoyé de Washington a déclaré que le second tour se tiendra à la date prévue.


Le directeur général du CEP, Jacques Bernard, a enfin repris la parole depuis son retour après son escapade aux Etats-Unis après la proclamation peu souhaitée de la victoire à la présidence de René Préval. Le 31 mars, au lendemain du lancement officiel de la campagne électorale pour le second tour des législatives fixé au 21 avril, alors que divers secteurs continuent de s’inquiéter des éventuels risques de fraudes et de violences, l’envoyé de Washington a déclaré que le second tour se tiendra à la date prévue.

            Lors de la conférence de presse qu’il donnait ce jour-là, il a déclaré: «Nous avons décidé de permettre aux partis politiques qualifiés pour le deuxième tour d’avoir une plus grande représentation au niveau des bureaux de vote, nous avons donné à chacun un CD pour insérer les informations concernant leurs représentants, la plupart d’entre eux n’ont pas représenté notre format, ce qui retarde le processus.» Jacques Bernard a indiqué que la liste des managers et superviseurs a été revue et augmentée, en signalant que 48 «grands formateurs» sont déjà à pied d’œuvre pour former ces derniers qui auront eux-mêmes à procéder à la formation des membres des bureaux qui sont au nombre de 37 mille pour les 10 départements géographiques du pays.

            La Minustah) confirmait en annonçant pour bientôt la fin des séances de formation. Son directeur de communication, le Canadien David Wimhurst a dit préciser que l’impression des bulletins en République Dominicaine est déjà prête pour quatre départements: le Nord, le Sud-Est, les Nippes et l’Artibonite.

            Entre-temps, des conseillers électoraux tels que Patrick Féquière et Gerson Richemé, ont dénoncé les manœuvres de la direction générale de Jacques Bernard, visant à imposer dans les bureaux de vote des citoyens autres que ceux proposés par les partis politiques. Dans une lettre ouverte, les deux conseillers invitent Jacques Bernard à respecter cette fois-ci l’article 160 du décret électoral relatif au recrutement des membres des bureaux de vote. Ils souhaitent que les 166 candidats à la députation et les 54 au Sénat admis au second tour prennent en main leurs responsabilités pour tenter d’empêcher les fraudes électorales dans les centres de vote. Seuls deux députés ont été élus au premier tour.

            D’un autre côté, des centaines de paysans à Grande Saline ont manifesté dans les rues pour réclamer le déplacement d’un centre de vote dans la localité des Poton au quartier Lasapit, pour éviter un nouveau boycottage des élections dans cette zone. Les manifestants ont signalé que les élections du 7 février ont été annulées dans la zone du fait que des individus faisaient pression sur les électeurs pour voter pour leurs propres candidats.

            Pour sa part, la candidate au Sénat pour l’Ouest sous la bannière de l’Alyans d’Evans Paul, Maguy Durcé, a appelé le CEP à respecter ses droits. Soutenue par plusieurs organisations «féministes», elle a fustigé les responsables électoraux pour avoir publié la liste définitive des candidats «qualifiés» au second tour avant d’avoir terminé le traitement des dossiers de contestations.

            Abondant dans le même sens, Roselord Aubon, candidate à la députation de l’Alyans pour la circonscription de l’Anse-à-Veau/Les Irois, a critiqué le CEP de l’avoir écartée de la course. Selon Roselord Aubon, le CEP a fait fi de la décision prise par le BCEN d’annuler les élections dans cette zone en raison des irrégularités constatées lors du premier tour.

            Ces altercations ne sont que la pointe de l’iceberg, car les manœuvres se poursuivent dans plusieurs régions du pays pour contrôler les bureaux et barrer la route autant que possible aux candidats aux législatives de Lespwa, la plate-forme du président élu René Préval, pour lui enlever toute possibilité de disposer d’une majorité même par le biais d’alliances.