29 Mars 2006

March 29 2006

29 Mas, 2006
Vol. 24 No. 03


De gauche à droite le secrétaire général du CEP, Rosemond Pradel et Louis Gerson Richemé. Pradel a indiqué qu’il allait manquer 500 mille dollars, un «sérieux trou» pour ajouter au budget de 23 millions du second tour.
C’est le 21 mars que le Conseil électoral provisoire (CEP) a procédé à la publication des résultats définitifs du premier tour de ces élections législatives du 7 février dernier. Et selon les membres CEP, ces résultats ont été rendus publics après le «traitement minutieux» des plaintes et contestations présentées par les candidats devant les bureaux du contentieux électoral départemental (BCED) et national (BCEN). Tout un exploit, à voir leurs mines satisfaites, après plus d’un mois et demi! Pourtant, dans le département du Sud, le recomptage des bulletins réclamé par onze candidats, dont neuf au Sénat et deux à la députation, n’a démarré que le lendemain de la publication de ces résultats «définitifs», ce en présence de trois conseillers: Louis Gerson Richemé, Patrick Féquière et Freud Jean. Ces derniers ont pu constater l’absence d’au moins 23 procès-verbaux, dont 6 finalement retrouvés, et décidé que cela ne devrait pas avoir de conséquences sur la date du 21 avril retenue pour le second tour des législatives. Puis ils sont passés aux réassurances leur volonté de renforcer la formation des membres des bureaux de vote pour un meilleur déroulement du second tour. Dans la foulée, dans une note, ils ont annoncé le lancement d’une séance de formation à l’intention des «super-formateurs» qui, à leur tour, auront à former des superviseurs en chef et des superviseurs des centres de vote durant la première quinzaine du mois d’avril. Pour clore le tout, évidemment, ils ont réitéré leur engagement d’organiser de «bonnes élections». Ce n’est pas faute de temps si tel ne devrait pas être le cas. Du temps ils en usent et en abusent sans cesse. Mais leur exposé n’aurait pas été complet s’ils n’avaient pas parlé du «nerf de la guerre». Et en effet, le secrétaire général du CEP, Rosemond Pradel a indiqué qu’il allait manquer 500 mille dollars, un «sérieux trou» pour ajouter au budget de 23 millions du second tour. Et finalement Pradel s’est aussi plaint que le CEP ne disposait pas de ressources financières pour les élections municipales et locales du 18 juin. Pourtant il semble qu’au moins 75 millions de dollars ont été fournis pour ces élections? Mais cela ne paraît pas présenter un obstacle insurmontable que de «trouver» d’autres sommes, car un jour ou l’autre il faudra bien en finir avec ces élections qui ont assez duré. Les municipales et locales pourront sans doute attendre, et le Bureau de communication du Premier ministre de facto Gérard Latortue aura encore pris de vitesse le CEP en émettant un communiqué le 26 mars pour, enfin, annoncer la date du 14 mai pour l’investiture du président élu René Préval qui, selon le même texte, communiqué, prêtera serment devant l’Assemblée nationale «conformément à la Constitution». D’ici là (plus de trois mois après le scrutin présidentiel), on pense que cette fois le CEP aura pu éviter tout «contre-temps» pour livrer à temps les résultats du second tour des législatives?