18 Janvier, 2006

January 18, 2006

18 Janvye, 2006
Vol. 23 No. 45


11 janvier Palais national : Investiture d'une "Commission de garantie électorale" censée veiller à la "crédibilité et à la transparence du processus électoral". Une initiative qui intervient après le dernier report des élections au 7 février et au moment où les protagonistes émettent à nouveau des doutes sur le respect de cette nouvelle date.
Le gouvernement de facto procédait au Palais national le 11 janvier à l'investiture d'une "Commission de garantie électorale" censée veiller à la "crédibilité et à la transparence du processus électoral". Une initiative qui intervient après le dernier report des élections au 7 février et au moment où les protagonistes émettent à nouveau des doutes sur le respect de cette nouvelle date.

Cependant, les six principaux pays engagés dans la "transition politique": les Etats-Unis, la France, le Canada, le Brésil, l'Argentine et le Chili, font apparemment pression sur les autorités de facto pour le respect de ce nouveau calendrier "définitif". "Nous sommes confiants que les élections sont techniquement réalisables et que les nouvelles dates annoncées doivent être maintenues", affirment les représentants de ces pays dans une déclaration conjointe à Washington le 11 janvier. Ils ont stipulé que des mesures doivent être prises dans un bref délai pour assurer que toutes les difficultés en suspens soient résolues et invité les secteurs concernés à s'unir dans "l'esprit du code de conduite et du pacte de gouvernabilité dans la perspective d'un consensus sur la meilleure façon de garantir particulièrement la stabilité post-électorale".

Toutefois, les leaders politiques ne voient pas les choses de cette manière et se rebiffent, et même les plus vendus parmi les Conzés font jouer la corde "nationaliste" pour justifier leurs inquiétudes. Le candidat à la présidence de la Fusion des socio-démocrates, Serge Gilles a ainsi fustigé le Conseil de sécurité de l'ONU et le Conseil permanent de l'OEA pour leur ingérence dans les affaires internes du pays. "C'est la position du Conseil de sécurité… Je souhaite que cette position ne corresponde pas à la réalité", a-t-il déclaré, soulignant que les difficultés techniques et logistiques enregistrées dans le processus électoral ne sont pas encore aplanies, et soutenant que le pays a besoin "d'élections crédibles et honnêtes" pour sa stabilisation. À peu de chose près, même langage de la part du candidat de l'Alyans, Evans Paul, s'est dit écoeuré par la prise de position de la communauté internationale, estimant que la celle-ci devrait avoir un minimum de respect pour le peuple haïtien. Evans Paul semble ainsi oublier que la souveraineté nationale a été hypothéquée par des apatrides de son genre qui ont préparé les conditions pour le kidnapping du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide le 29 février 2004! D'ailleurs il ne respire que par cette communauté internationale.

Un membre du Conseil électoral provisoire (CEP), Patrick Féquière, leur est venu en aide, en confirmant que de nombreux problèmes restaient encore à résoudre. Dans une interview accordée à une station de radio, il a indiqué qu'il faudrait environ deux ou trois mois pour parvenir à créer les conditions nécessaires à la tenue des "élections".

Dans les faits, sans doute ce dernier a-t-il raison, mais ce ne sont pas pour ces raisons-là que les candidats se cabrent, allant jusqu'à se livrer à des gesticulations "nationalistes", de guerre lasse, face à l'"ultimatum" de leurs patrons. C'est qu'ils voient plutôt que les circonstances ne se prêtent pas à leurs manœuvres pour que la "sélection" soit conforme à leurs ambitions, En effet, pourquoi les plus pressés il y a peu tirent-ils soudainement sur la bride?