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La Minustah a annoncé qu'une série d'actions allaient être entreprises contre "l'insécurité". Dans un récent communiqué, son bureau de presse a invité "la population" à faire preuve de patience, de compréhension et de collaboration... La Minustah allait-elle pouvoir résister à ces pressions pour éviter de se livrer à un autre massacre indiscriminé contre les habitants de Cité Soleil…?
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Acharnement de critiques contre "l'inaction" de la Minustah qui a pris un ton de plus en plus élevé à partir du 6 janvier 2006, comme si tous les protagonistes de la "classe" politique traditionnelle s'étaient donné le mot. Pour eux la Minustah se montrerait trop réticente à frapper plus sévèrement le bidonville de Cité Soleil qu'ils prétendent être la source de l'insécurité. Bien sûr, l'insécurité est sans commune mesure, et jusqu'à un certain point cÙ'est à se demander à quel point cette situation ne ferait pas l'affaire de ces groupes pour justifier leurs pressions sur la Minustah pour lui exiger de frapper "à l'aveuglette" sur la population des quartiers populaires?
Rien que pour la période des fêtes de fin d'année et les premiers jours de l'année 2006, au moins 27 meurtres et 43 kidnappings ont été enregistrés dans la zone métropolitaine, suivant la police; la majorité des personnes tuées l'ont été par balles et leurs cadavres retrouvés un peu partout dans la capitale. Pour les seules journées des 29 et 30 décembre, près de 10 autres personnes ont été enlevées dans les hauteurs de Pétionville, qui n'est point le secteur le plus proche de Cité Soleil dans la région métropolitaine. Notons particulièrement le meurtre du Pdg de la Provalsa, Ronald Francillon, tué à coups de feu le 3 janvier, qui a été utilisé avec fracas par la bourgeoisie pour "sonner l'alarme". Pour sa part, le directeur général de la PNH, Mario Andresol, a reconnu que des policiers sont impliqués dans dans plusieurs des crimes. Mario Andresol qui s'est félicité d'avoir mis derrière les barreaux au moins une centaine d'entre eux soupçonnés de kidnappings et de meurtres, a estimé d'un autre côté que les kidnappings ont des "causes politiques", en faisant référence à un candidat à la présidence dont il ne citait pas le nom. "La PNH adoptera des mesures pour neutraliser ces personnes également impliquées dans le kidnapping" lançait-il. Il s'en est pris lui aussi aux Casques bleus de la Minustah qui, selon lui, disposent de moyens adéquats pour faire face à une situation de "guérilla urbaine". D'un autre côté, le responsable de la campagne électorale du candidat à la présidence Charles Henri Baker pour les départements situés dans la presqu'île du Sud, Emmanuel Corneille, a ainsi été assassiné à Pétionville le 5 janvier. La victime se trouvait dans son véhicule lorsqu'il a été attaqué par des individus qui voulaient apparemment le kidnapper. La veille, un candidat à la députation du parti MOCHRENA, Délince Pierre, a été tué à Camp-Perrin, près de la ville des Cayes dans le Sud. De surcroît, ses proches ont expliqué que ce sont des responsables de la morgue privée de Camp-Perrin qui ont achevé Délince Pierre qui était plongé dans le coma. Des partisans du MOCHRENA ont mis le feu à l'entreprise funéraire. À leur tour, des candidats à la présidence, dont l'ex-colonel Himler Rébu du GREH, l'ex-rebelle Guy Philippe du FRN et Hubert De Ronceray du GFCD, ont à leur tour critiqué la Minustah qui, ont-ils dit, assiste passivement à la détérioration de la sécurité. Ils ont fustigé le chef civil de la Minustah Juan Gabriel Valdés pour sa "mauvaise foi". "Si la Minustah n'est pas en mesure de ramener l'ordre à Cité Soleil, elle n'a pas sa place en Haïti " a clamé l'ex-commissaire rebelle Guy Philippe, qui qualifiait "d'inacceptable" le comportement des Casques bleus qui refusent de passer à l'action. Himler Rébu, lui, a estimé que la Minustah refuse d'adopter des mesures adéquates alors qu'elle dispose des moyens nécessaires pour le faire contrairement aux agents de la PNH mal équipés. Même la candidate au Sénat du RDNP, Mirlande Manigat, d'habitude plus réservée, s'est crue obligée d'y mettre son grain de sel pour décrier, elle aussi, la Minustah, disant que la situation sécuritaire ne s'était pas améliorée dans le pays depuis le déploiement de cette mission de stabilisation de l'ONU.. Le président de la Chambre américaine de commerce aussi, René Max Auguste, a soutenu que la Minustah est en train de faillir à sa mission. Mgr Gayot, président de la Conférence épiscopale faisait aussi sa part en décriant bien entendu la mission onusienne. Et le chef du Groupe des 184 et principal coordinateur du coup d'État de février 2004, André Apaid, est allé encore plus loin dans cette attaque en règle contre la Minustah qui, selon lui, sert de paravent aux "bandits" et est à la solde du candidat du candidat à la présidence de Lespwa, René Préval à qui Apaid effrontément impute nommément l'insécurité. C'est dans cette atmosphère où tous ces secteurs s'en prenaient à elle, que la Minustah a annoncé qu'une série d'actions allaient être entreprises contre "l'insécurité". Dans un récent communiqué, son bureau de presse a invité "la population" à faire preuve de patience, de compréhension et de collaboration... La Minustah allait-elle pouvoir résister à ces pressions pour éviter de se livrer à un autre massacre indiscriminé contre les habitants de Cité Soleil…?
BREF
Deux agents de la PNH, Primé Jean Bertolin et Jean-Claude Laguerre, affectés au commissariat de Carrefour, ont été abattus le 29 décembre et le 3 janvier, le premier à Carrefour, tandis que Jean-Claude Laguerre près de sa résidence à l'avenue Christophe dans la capitale..Un autre policier, Maxo Aristil, a été grièvement blessé d'une balle à la tête à Mahotière 75, dans l'après-midi du 4 janvier.
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