07 Décembre, 2005

December 07, 2005

07 Desanm, 2005
Vol. 23 No. 39

...Il n’y a pas eu d’opération, il n’y a eu que le déploiement de trois postes de contrôle....» Si on se réfère au lexique de George Bush, de Cheney et de Rumsfeld, il ne se serait alors agi que de «dommages collatéraux»?

L’opération meurtrière de la Minustah menée à Cité Soleil du 24 au 28 novembre dernier et les jours précédents, que nous rapportions en couverture dans notre édition antérieure: «Massacres à Cité Soleil - La Minustah applique ‘la solution finale’», semble pour une fois avoir attiré l’attention des responsables de la force onusienne d’occupation et de ses commanditaires, qui commencent à s’inquiéter des répercussions de leurs actions dans l’opinion publique internationale. À tel point, par exemple, que le Premier ministre libéral canadien Paul Martin est allé jusqu’à faire emprisonner le journaliste militant Yves Engler qui le dénonçait publiquement le jeudi 1er décembre alors qu’il vantait sa politique étrangère canadienne à l’hôtel Hilton à Montréal (voir notre article à ce sujet ci-dessous).


Les gorilles de Pierre Martin intervenaient pour sortir Engler de la salle.
Le Premier ministre canadien Paul Martin, dont le gouvernement minoritaire a été défait il y a une quinzaine de jours par un vote de non-confiance par le Parti conservateur et les sociaux démocrates du NPD, est en campagne pour les élections prévues au mois de janvier prochain. La situation de son Parti libéral n’est point au beau fixe, d’autant plus que c’est de justesse s’il n’avait pas déjà été défait il y a à peine trois mois pour le scandale de corruption pour lequel lui-même avait dû instituer une commission d’enquête pour sauver la face sinon les meubles. Nombre de ses acolytes, dont le député d’arrière banc Denis Coderre, son «conseiller spécial» pour Haïti, ont été éclaboussés dans cette affaire qui n’est point terminée, puisque le juge Gomery ne remettra le rapport final qu’au mois de janvier. Incidemment, notons que Martin lui-même Premier ministre du Canada a transféré le siège social de sa société maritime dans les abris fiscaux des Caraïbes pour ne pas avoir à payer des taxes sur ses avoirs et revenus comme tout Canadien normal. Mais tout cela est bien légal, paraît-il, mais contraire à l’intégrité dont devrait pouvoir se prévaloir ce chantre des «valeurs canadiennes».