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Les gorilles de Pierre Martin intervenaient pour sortir Engler de la salle.
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Le Premier ministre canadien Paul Martin, dont le gouvernement minoritaire a été défait il y a une quinzaine de jours par un vote de non-confiance par le Parti conservateur et les sociaux démocrates du NPD, est en campagne pour les élections prévues au mois de janvier prochain. La situation de son Parti libéral n’est point au beau fixe, d’autant plus que c’est de justesse s’il n’avait pas déjà été défait il y a à peine trois mois pour le scandale de corruption pour lequel lui-même avait dû instituer une commission d’enquête pour sauver la face sinon les meubles. Nombre de ses acolytes, dont le député d’arrière banc Denis Coderre, son «conseiller spécial» pour Haïti, ont été éclaboussés dans cette affaire qui n’est point terminée, puisque le juge Gomery ne remettra le rapport final qu’au mois de janvier. Incidemment, notons que Martin lui-même Premier ministre du Canada a transféré le siège social de sa société maritime dans les abris fiscaux des Caraïbes pour ne pas avoir à payer des taxes sur ses avoirs et revenus comme tout Canadien normal. Mais tout cela est bien légal, paraît-il, mais contraire à l’intégrité dont devrait pouvoir se prévaloir ce chantre des «valeurs canadiennes».Mais question d’intégrité, ce n’est pas le seul boulet que traîne actuellement ce Premier ministre «de facto», puisque son gouvernement ayant été défait, il n’assume désormais que l’intérim et s’occupe des affaires courantes en attendant les élections. En effet, il joue des pieds et des mains pour empêcher les Canadiens de savoir le rôle que son gouvernement joue auprès du gouvernement de facto haïtien et les massacres dont il se fait le complice actif. En effet malgré que le responsable des droits humains de la Minustah Thierry Faggart ait reconnu la situation «catastrophique», son ministre des Affaires extérieures Pierre Pettigrew a encore le toupet de nier même les massacres effectués par la Police nationale haïtienne (PNH) dont la Gendarmerie royale du Canada s’occupe de la formation et de l’entraînement. De même que le millier de prisonniers politiques incarcérés dans les geôles haïtiennes ne semblent pas inquiéter ces démocrates, bien que là encore, c’est le Canada qui a la mission de réformer le système judiciaire. La Commission Justice et Paix en Haïti notait dans un récent rapport plus de 700 prisonniers politiques. Tout est donc pour le mieux en Haïti pour cette clique de politiciens, représentant plutôt un groupe de lobbyistes oeuvrant pour différentes grosses sociétés qui ont leur siège dans la province de Québec, telles que Gildan Sportswear qui fait affaire avec André Apaid Junior, la multinationale de construction Lavallin, la compagnie minière Ste Geneviève, etc. La tâche de maintenir le couvercle sur ces bonnes affaires s’avère cependant de plus en plus difficile. Déjà certains GNBistes de la diaspora, très bruyants lors de la campagne de déstabilisation du gouvernement constitutionnel, préfèrent désormais garder un profil bas étant donné la catastrophe à laquelle ils ont contribué. Et surtout les patriotes et les amis du peuple haïtien, qui réclament la fin des massacres, la libération des prisonniers politiques et le retour à l’ordre constitutionnel, ne baissent pas les bras. C’est ainsi que le jeudi 1er décembre, alors que Paul Martin faisait son numéro dans un hôtel du centre-ville de Montréal, vantant les valeurs canadiennes devant les membres du Conseil des relations internationales de Montréal, l’écrivain et journaliste Yves Engler, membre de Haiti Action Montréal, l’apostrophait en ces termes: «Martin ment, les Haïtiens meurent», tout en lançant dans la salle des confettis portant des inscriptions, telles que: «Paul Martin aide, entraîne et finance la Police nationale haïtienne qui tue des centaines de gens et incarcère des prisonniers politiques», «Au moins 25 personnes ont été massacrées lors d’un match de football à Martissant…»; «Il y a, suivant Justice et Paix 700 prisonniers politiques en Haïti», etc. Certaines de ces affirmations ont été divulguées en outre par des agences de presse comme Reuters. Donc ni Martin ni Pettigrew et encore moins leur homme à tout faire Denis Coderre ne sauraient ignorer ces faits. Mais aussitôt les gorilles de Pierre Martin intervenaient pour sortir Engler de la salle. On pourrait croire l’incident clos, car ce n’est point la première fois qu’un citoyen interpelle un politicien pris en flagrant délit de mentir. Yves Engler était remis par les agents de la Gendarmerie royale à un poste de la Police de Montréal où deux policiers lui faisaient signer un document pour promettre de ne pas s’approcher à moins de 300 mètres de «son» Premier ministre, pour le libérer au moment de lui ramener une photocopie de sa déclaration. Mais tel n’a pas été le cas, car à leur retour les policiers semblaient avoir reçu des instructions en haut lieu de garder Engler en prison jusqu’à l’enquête préliminaire devant le juge, jusqu’au lundi 5 décembre. Le lendemain, il était présenté devant le tribunal suivant la loi. Mais le lundi, -après quatre jours en taule- où plus d’une trentaine d’Haïtiens et d’amis québécois remplissaient la salle d’audience en appui à Engler, ils se sont vite rendus compte que Paul Martin entendait utiliser les procédés de son protégé de facto Gérard Latortue pour réduire au silence Engler, du moins jusqu’aux élections de janvier. Ainsi, le procureur de la Couronne (le ministère public) avait le privilège d’imposer toutes ses conditions draconiennes agréées d’avance par le juge pour autoriser sa liberté provisoire: se tenir éloigné de tout politicien fédéral ou provincial, loin des édifices gouvernementaux, interdiction de participer à toute assemblée ou réunion sans une invitation en bonne et due forme, etc., et surtout une caution de 5 mille dollars pour pouvoir bénéficier de la liberté jusqu’au procès qu’il voulait fixer jusqu’au mois de janvier. Ainsi donc il comptait pouvoir garder Engler enfermé jusqu’aux élections comme Latortue le fait avec ses prisonniers politiques tels que l’ex-Premier ministre Yvon Neptune, le Père Gérard Jean-Juste, Annette Auguste, etc. Cette demande est la seule qui n’ait été acceptée par le juge qui, par ailleurs, s’en lave les mains. Le procès devrait débuter le 22 décembre prochain mais Engler allait rester en prison d’ici là s’il ne trouvait pas la caution. Mais tel n’a pas été le cas, et la caution a pu être versée et il a pu rentrer chez lui, avec cependant une épée de Damoclès sur la tête. Car avec le nombre de politiciens infréquentable par lui, il s’avère quasiment impossible de sortir de chez lui sans être accusé de «bris de parole». D’ailleurs le procureur de la Couronne a fondé ses demandes principalement sur un supposé bris de parole suite à l’incident du 16 juin dernier où Yves Engler avait lancé les mêmes apostrophes qu’à Paul Martin au ministre Pettigrew tout en lui versant un liquide rouge sur son joli costume «Calvin Klein». Pourtant cette fois, il n’y avait rien eu de tout cela, et Engler n’aurait fait que toucher un point sensible que Martin voudrait cacher à la population canadienne. En effet nombre de citoyens interpellent régulièrement les politiciens lors de leurs envolées démagogiques. D’autre part nombre de prévenus dans la même salle d’audience pour des affaires beaucoup plus graves ne s’étaient vu imposer qu’un grand maximum de 500 dollars comme caution. Et son avocat Denis Poitras faisait remarquer: «C’est la première fois en quatorze ans de pratique que je vois une chose pareille.» Autant dire que Yves Engler est le premier prisonnier politique de Paul Martin qui abuse de son «influence» et qui pourrait vouloir indiquer quelle réforme de la Justice ses représentants comptent mettre en place en Haïti. Cette affaire a d’ailleurs été rapportée dans le quotidien La Presse de Montréal sous le titre: «N’interrompt pas Paul Martin qui veut» (6-12-05). Cela veut tout dire.
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