26 Octobre, 2005

October 26, 2005

26 Oktòb, 2005
Vol. 23 No. 33

Pour qu’il y ait des élections libres, honnêtes et démocratiques en Haïti, voici les étapes à suivre: 1. les membres de Fanmi Lavalas en prison et ou en exil doivent pouvoir retourner chez eux librement ; 2. la répression qui a déjà provoqué plus de 10.000 morts doit cesser immédiatement ; 3. A ce moment, nous pourrons avoir un dialogue national».
Certains dirigeants de l’Organisation politique Fanmi Lavalas, obéissant à quelque sollicitation d’une nature ou d’une autre, paraissent avoir mis définitivement le cap sur les élections/sélections.

En effet, comme nous l’avons relaté précédemment, particulièrement trois ex-parlementaires Lavalas avaient commencé par prendre sur eux-mêmes de représenter le Parti de leur propre chef pour aller participer à ces élections/sélections. Finalement, deux d’entre eux s’acoquinaient avec Marc Bazin le 14 septembre dernier pour conclure avec le parti Mouvement pour l’instauration de la démocratie en Haïti (MIDH) de ce même Bazin une alliance dénommée «Union pour Haïti». Et ces opportunistes, ne s’en tenant point là, organisaient le 9 octobre un rassemblement à la Fondation Aristide pour la démocratie, au cours duquel ils ont officiellement présenté leur candidat à la présidence, en la personne de Marc Bazin. Une alliance tout à fait contre-nature, car, rappelons-le, c’est ce même Bazin qui avait été désigné par le général Raoul Cédras et ses acolytes comme Premier ministre de facto après le coup d’Etat sanglant du 30 septembre 1991 contre le président Jean-Bertrand Aristide. Mais en ce jour, Bazin jouait bien sa comédie et disait: «Je sais que cette place ne m’appartient pas de droit; je me retirerai une fois que son titulaire se pointera», tout en se disant au fond de lui-même qu’il saurait bien s’arranger pour qu’il ne revienne jamais.

Et pour comble, le père Yvon Massac, se présentant comme un défenseur des intérêts des masses, a applaudi des deux mains la candidature de Bazin au nom de «Fanmi Lavalas». «Nous devons voter pour Bazin et tous les candidats sous la bannière ‘Bò tab la’. Tous les partisans d’Aristide ont le devoir de se regrouper au bord de la table pour obtenir son retour. Accordez une chance au pays pour qu’il puisse reprendre les rails du développement avec un nouveau président Lavalas, Marc L. Bazin. Heureusement que celui-ci, qui a épousé la cause de Lavalas, a accepté de mettre sa crédibilité et son expérience au service du peuple Lavalas qui souffre» a scandaleusement déclaré Yvon Massac, qui ne se soucie plus de cautionner le coup d’État du 29 février 2004. Il «souffre» tellement de revenir aux affaires, sinon au pouvoir.

Sur l’entrefaite, certains dirigeants de base du secteur Lavalas, dont Samba Boukman, John Joseph Joël et René Momplaisir ont décidé de leur côté de tenter d’entraîner une partie du secteur populaire de Cité Soleil dans cette galère. Après avoir protesté apparemment contre la candidature de Bazin, ils ont pourtant ouvertement à leur tour exprimé leur intention de participer aux «élections/sélections» en appuyant la candidature présidentielle de René Préval. Joseph Joël et Momplaisir s’étaient entretenus, comme par hasard, à Cité Soleil le 27 septembre dernier avec des représentants de la Minustah autour de l’implantation de centres d’inscription des électeurs dans la zone. Comme on peut le voir, ils ont été cooptés pour servir de cheval de Troie à l’occupation pour les projets de l’impérialisme.

Cependant, si au départ les deux groupes cités plus haut se croyaient habilités à exploiter en leur faveur le silence relatif du président Aristide, pour poursuivre leurs basses manœuvres, la donne a significativement changé avec la nouvelle et toute récente prise de position du président Aristide, qui rappelle la position de Fanmi Lavalas n’a pas changé et qui s’est prononcé une fois de plus contre l’organisation d’élections dans ces conditions.

La note de presse datée du 20 octobre 2005, émise par la porte-parole du président Aristide, Maryse Narcisse, est assez claire à ce sujet: «Le Dr Narcisse saisit l’occasion pour démentir énergiquement tous ceux qui continuent à faire circuler de fausses rumeurs laissant croire que le président Aristide aurait envoyé une cassette, une lettre ou rencontré des gens pour supporter des candidats aux élections/sélections que le gouvernement anti-constitutionnel veut organiser…Pour qu’il y ait des élections libres, honnêtes et démocratiques en Haïti, voici les étapes à suivre: 1. les membres de Fanmi Lavalas en prison et ou en exil doivent pouvoir retourner chez eux librement ; 2. la répression qui a déjà provoqué plus de 10.000 morts doit cesser immédiatement ; 3. A ce moment, nous pourrons avoir un dialogue national».

Il s’agit d’un véritable camouflet à ceux qui auront voulu utiliser le nom de l’Organisation politique Fanmi Lavalas pour tenter de tromper le peuple.

A ce propos, le Parti populaire national (PPN) donnait justement une conférence de presse le 19 octobre pour dénoncer l’attitude de ces dirigeants de base de Fanmi Lavalas, qui se prostituent en faisant le jeu des secteurs dominants. «Le PPN s’étonne des propos insensés provenant de la part des soi-disant dirigeants de base du Bélair. Pour comble, cela intervient le jour anniversaire de la mort de Jean Jacques Dessalines. Nous disons à certains dirigeants opportunistes du mouvement populaire qui se laissent influencer par de fausses promesses, que René Préval et Marc Bazin ne peuvent pas être les candidats des masses populaires. Ils sont des candidats d’une frange de la bourgeoisie et de l’impérialisme nord-américain», Ce message du président Aristide, représentant national du parti Fanmi Lavalas vient de toutes façons donner un coup d’arrêt à ces faussaires, mais le coup de grâce leur sera administré par le peuple qui ne les suit point sur la voie de l’opportunisme et qui reste fidèle au mot d’ordre exigeant le retour à l’ordre constitutionnel dans le sens total du terme, ainsi que le rappelle la note diffusée par la porte-parole du président constitutionnel haïtien.