|
 |
 |
Le président Jean-Bertrand Aristide. Le 30 septembre 2005 les manifestations prévues par les militants Lavalas du Bélair ont été réprimées dans l’œuf, puisque les Casques bleus de la Minustah et de la Police nationale (PNH) ont encerclé très tôt, ce jour-là, ce quartier populaire pour dissuader toute tentative de gagner les rues.
|  |
Ce 30 septembre ramène le quatorzième anniversaire du coup d’Etat militaire perpétré en 1991 contre le président Aristide durant son premier mandat acquis aux élections démocratiques du 16 décembre 1990. Ce putsch sanglant dirigé par le général Raoul Cédras et le colonel Michel François provoqua la mort de plus de cinq mille personnes à travers le pays.Contrairement aux années antérieures, aucune activité de grande ampleur n’a pu être réalisée ce 30 septembre 2005 pour commémorer ce triste événement. Les manifestations prévues par les militants Lavalas du Bélair ont été réprimées dans l’œuf, puisque les Casques bleus de la Minustah et de la Police nationale (PNH) ont encerclé très tôt, ce jour-là, ce quartier populaire pour dissuader toute tentative de gagner les rues. Ainsi, les forces de l’ordre ont appliqué la mesure arbitraire prise par la Direction générale de la PNH interdisant jusqu’au 2 octobre toute manifestation de rue. De plus, dès la veille, la PNH lançait une mise en garde en ces termes: «Certains secteurs ont planifié d’exécuter, durant les journées des 29 et 30 septembre 2005, des actes de violences dans la zone métropolitaine, notamment dans les zones de Cité Militaire, de la route de l’Aéroport et du bas de Delmas» indiquait un communiqué signé du directeur général, Mario Andresol, qui justifiait d’emblée la mise en branle de tout un appareil répressif «préventif». En effet, le jeudi 29 septembre, plus de 200 militaires brésiliens de la Minustah ont procédé à une gigantesque opération au Bélair, toujours sous le même prétexte de traquer des bandits armés. Et tant qu’à y être les soldats du président Lula s’y mettaient pour faire au moins une victime. En effet, l’opération s’est soldée par la mort par balles d’un «bandit», Peterson Venor, présenté par le bataillon brésilien comme le bras droit du chef de gang «Général Toutou», qui aurait eu le temps de s’enfuir. Un porte-parole a cependant indiqué que ce dernier avait été blessé au cours des échanges de tirs. Trois autres personnes ont également été blessées et 18 présumés bandits interpellés par les Brésiliens, qui disent mobiliser toute leur énergie pour retrouver les traces de Général Toutou. De son côté, le secrétaire général du Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (CARLI), Renan Hédouville, a déploré que 14 ans après le coup d’Etat sanglant de septembre 1991, les bourreaux du peuple haïtien courent toujours impunément les rues. «C’est dommage qu’aujourd’hui, des gens qui ont leurs noms clairement cités, soit par la justice, soit par la clameur publique, veulent retourner aux commandes» a déploré Hédouville. Et, chose peu habituelle et même intrigante, voici que le directeur exécutif du Centre oecuménique des droits humains (CEDH), Jean-Claude Bajeux, fervent partisans des putschistes et anti-Aristide viscéral, qui abonde dans le même sens en déclarant: «Je constate aujourd’hui la présence sur la scène politique de gens qui participaient activement à cette bêtise intolérable… Il faut commencer par sanctionner ceux qui méritent d’être sanctionnés, ainsi arrivera-t-on à réparer les torts causés par les Forces armées d’Haïti et à conduire le pays dans la bonne direction.» Bajeux se réveillerait-il ? ou se mettrait-il soudainement à craindre à la faveur des derniers événements politiques et pré-«électoraux» que l’un des secteurs du coup d’État ne prenne pas la haute main sur les affaires aux dépens de sa clique à la remorque de la bourgeoisie?
|