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De gauche à droite Condoleezza Rice et Gérard Latortue : Washington s’est vu obligé de déléguer la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en personne à Port-au-Prince pour peser de tout son poids dans la conduite de ces «affaires». Spectacle touchant que ce 27 septembre, où Rice disant s’adresser au peuple haïtien l’invitait à «user de son droit de vote et que son bulletin représente son arme et que personne ne pourra lui ravir ce privilège».
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Le Parti populaire national (PPN) salue tous les patriotes, les vrais démocrates et la grande majorité des masses populaires qui n’ont pas retiré la carte électorale piégée pour participer à ces élections/sélections que les Etats-Unis, la France et le Canada, à travers leurs forces d’occupation de la Minustah, veulent imposer au peuple haïtien. Le PPN constate, qu’en dépit d’une troisième prolongation de la période d’inscription des électeurs, le peuple ne s’est pas laissé prendre au piège. Le PPN continue de mettre en garde contre cette carte électorale piégée pour ne pas cautionner le kidnapping du 29 février 2004 qui a provoqué l’exil du président Jean-Bertrand Aristide que le peuple avait voté et pour ne pas cautionner non plus l’occupation du pays. Quant à ceux qui se sont procurés la carte électorale à cause des pressions du gouvernement de facto qui a fait comprendre que la carte sera exigible pour toute transaction, ils ne doivent pas pour autant se laisser influencer par quiconque pour aller voter pour ces candidats importés.Tenant compte du déroulement de ces élections/sélections, nous avons davantage de preuves que l’occupant s’apprête à se livrer à d’autres manœuvres tordues en se rendant compte que malgré tous ses stratagèmes la population va bouder les urnes. Comment vont-ils s’y prendre? L’occupant a ainsi délégué un prétendu expert de l’ONU dénommé Dominique Agrossou qui a commencé à revoir à la baisse le nombre d’électeurs potentiels, en laissant entendre qu’il n’y a pas 4,5 millions d’Haïtiens en âge de voter, mais bien de 3,5 à 3,7 millions, éliminant unilatéralement et tout bonnement un million d’électeurs! Certainement, en diminuant le nombre, la «communauté internationale» voudrait présenter à son public un pourcentage plus élevé de participants à ses sélections. Mais où sont donc subitement passés ces derniers? Le PPN se demande, est-ce que ce sont les premières troupes d’occupation et la Minustah par la suite, qui ont décimé ce million d’électeurs par les massacres qu’elles ont perpétrés au Bélair, à Solino, à Grand-Ravine, à Cité Soleil, etc.?
Nous n’avons entendu la moindre protestation à ce sujet de la part de ces vendus de candidats. Evidemment, ils n’ont pas intérêt à lever le plus petit doigt en raison de leur impopularité. Au fait, chaque candidat à la présidence espère que c’est son numéro qui sortira du chapeau de l’occupant une fois le tirage terminé. Mais l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) a eu un sursaut et n’a point accepté cette «révélation» d’un pseudo-expert et a maintenu ses données. Et nous espérons qu’à leur tour les responsables de l’Institut ne succomberont pas aux pressions pour se plier aux trouvailles «statistiques» de «l’expert».
Mais ce n’est évidemment pas l’unique casse-tête auquel se butent les tractations pour arriver à un semblant de crédibilité au processus. Celui-ci est tellement mal en point que Washington s’est vu obligé de déléguer la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en personne à Port-au-Prince pour peser de tout son poids dans la conduite de ces «affaires». Spectacle touchant que ce 27 septembre, où Rice disant s’adresser au peuple haïtien l’invitait à «user de son droit de vote et que son bulletin représente son arme et que personne ne pourra lui ravir ce privilège». Rice est assez effrontée, ou semble avoir déjà oublié que le peuple haïtien avait voté le président Aristide et que c’est Washington justement, qui avait dépêché ses troupes spéciales pour kidnapper le président Aristide le 29 février 2004 et ainsi frustrer encore une fois ce même peuple de son choix..
N’est-ce pas là, à travers ces propos de Condoleezza Rice, encore une fois l’expression de la haine que voue le gouvernement Bush à la lutte pour la démocratie que mène le peuple haïtien. Elle s’est même permise de déclarer que le président Aristide «ne fait plus partie du jeu, que le président Aristide ne reviendra pas au pays pour ne pas perturber le processus électoral, que l’Afrique du Sud est du même avis». Ainsi, si on devait la croire, le président Aristide serait tenu en otage au pays de Mandela?
Conséquente en cela avec elle-même, Rice a peu fait cas pour sa part des véritables otages, ceux que le gouvernement de facto maintient en prison sous de fausses accusations, se contentant d’inviter ce dernier à mettre les bouchées doubles dans les dossiers du Premier ministre Yvon Neptune et du père Gérard Jean-Juste, juste pour dire qu’elle y aura pensé. D’ailleurs pour Rice «tout marche comme sur des roulettes et toutes les tendances politiques sont enregistrées pour participer aux élections. Et même Lavalas y prendra part». Donc, ne lui parlez pas du président Aristide! Cependant, à quel «Lavalas» fait elle référence?
Comme on peut le voir, l’impérialisme n’entend faire aucune concession et durcit même sa position quant à son objectif dans le pays, et ce ne sont pas des compromissions «lavalassiennes» qui le feront changer de ligne. Bien au contraire, ce qu’il redoute, c’est avant tout et surtout la mobilisation populaire car, comme est venue le faire Condoleezza Rice, il pourra toujours admonester les Conzés des classes dominantes pour les départager dans leurs luttes intestines.
Le Parti populaire national (PPN) exhorte donc les organisations de base à s’organiser et à ne pas participer à ces élections piégées! Ne trahissons pas l’idéal du 16 décembre 1990, à l’instar des Hériveaux, Gérald Gilles, Dismy César, Leslie Voltaire, Yvon Feuillé, Jean-Claude Desgranges, en forçant Fanmi Lavalas à se mettre à genoux aux pieds de l’impérialisme en s’alliant à Marc Bazin ou au «candidat de l’espoir/désespoir». Il nous faut maintenir notre position de principe, à savoir que pour que le pays retrouve sa stabilité: il faut que tous les exilés politiques Lavalas, y compris le président Aristide, retournent au pays et la libération de tous les prisonniers politiques Lavalas.
Le Parti populaire national (PPN) rappelle aux masses populaires et aux bases : que mieux vaut mourir debout que de mourir à genoux aux pieds de l’autel de l’impérialisme qui ne leur fera pas de quartier. Les massacres effectués par les troupes de l’ONU, la Minustah, dans les quartiers populaires sont là pour témoigner de cette haine que leur vouent Washington et ses complices.
A bas le gouvernement Alexandre/Latortue
A bas les élections/sélections/exclusion
A bas l’occupation
Combattons pour un nouveau 1804
Pour le bureau politique du PPN
Georges Honorat
Port-au-Prince, le 29 septembre 2005